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samedi 2 mai 2015

LÉGISLATIVES DU 26 AVRIL 2015: LES GRANDES TENDANCES TELLES QUE DONNÉES PAR LA CENE




BENIN– LÉGISLATIVES 2015: Résultats et Grandes tendances publiés par la CENA
Inscrits: 4.470.591

Votants: 2.945.020

Taux de participation: 65,92%
Nombre de sièges probables par parti ou alliance de partis

ABT: 02

Eclaireur: 03

FCBE: 32

PRD: 10

UB: 02

AND: 04

Soleil: 04

FDU: 04

UN: 15

RB-RP: 07
Sources : ORTB – Président de la CENA

samedi 4 avril 2015

PROPOS RÉGIONALISTES ET DISCRIMINATOIRES TENUS DANS LE NORD BÉNIN: ISIDORE DOKPA SAISIT LA COUR

DOKPA Sossa Isidore                   
Acteur et metteur en scène de théâtre
01bp : 416 Cotonou
Tél : 95 58 61 71
Courriel : isdedokp@yahoo.fr


Cotonou, le 30 mars 2015


/-)
Monsieur le Président de la cour Constitutionnelle
République du Bénin


Objet 

Saisine de la haute juridiction contre les propos tenus à Banikoara, le dimanche 22 mars 2015  par monsieur Yayi Boni.

Monsieur le Président,
Il m’a été donné de lire dans la presse béninoise ce qui suit :
 Le Matinal n° 4565 du lundi 23 mars 2015.
Titre de l’article querellé:
 « Yayi Boni : Chef de l’Etat ou président des FCBE ».
« … Ce sont des traitres vendus aux fon, aux gens du sud. Ceux qui ont tenté de m’empoisonner et de me faire un coup d’état. Voter pour ceux là, c’est voter pour ceux qui veulent de ma mort et m’arracher le pouvoir. Tenez-vous bien mes frères… »
Autre organe de presse ayant relayé les mêmes propos.
La nouvelle Tribune n° 2992 du mercredi 25 mars 2015.
Titre de l’article querellé:
«Propos régionalistes et incitations à la partition du pays : Yayi Boni récidive à Banikoara »  
 « Ce sont des traitres vendus aux fon, aux gens du sud. Ceux qui ont tenté de m’empoisonner et de me faire un coup d’Etat. Voter pour ceux-là, c’est voté pour ceux qui veulent de ma mort et m’arracher le pouvoir. Tenez-vous bien mes frères…. »  
Quoi que relevés dans deux organes de presse différents parus à des jours différents, les propos sont les mêmes et portent tous des germes de la haine d’une région de ce pays ; la haine d’un groupe ethnique.
Les propos relatés ci-dessus ont été tenus par monsieur Yayi Boni, Président de la République lors de sa visite à Banikoara le dimanche 22 mars 2015. Ces mots et propos d’une rare violence et d’une stigmatisation à nul autre pareil sont tenus contre monsieur Sina Bio Gounou originaire de ladite localité, ancien ministre  et ex directeur général de la sonapra sous le régime du président Yayi Boni. Le sieur Sina Bio Gounou  est candidat aux élections législatives du 26 avril 2015 sur la liste And (Alliance Nationale pour la Démocratie et le Développement) de l’honorable Valentin Aditi Houdé originaire du sud Bénin. Et c’est ce qui lui a valu la fatwa ainsi  déclenchée contre lui devant tout son village, ses amis, et tous ses parents réunis.
Les propos  du chef de l’Etat sont en violation directe  de l’article 41 de la constitution du 11 décembre 1990 qui stipule :
« Le président de la République est le chef de l’Etat. Il est l’élu de la nation et incarne l’unité nationale.
Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité territoriale et du respect de la constitution,… ».
En tenant ces propos relayés par la presse, monsieur Yayi Boni n’a pas agi en personne  garante du respect de la constitution du 11 décembre 1990 ni comme  une autorité ayant à charge l’unité  nationale. Il a au contraire invité à une partition du pays  en deux blocs distincts : gens du nord à part et gens du sud part. Il tente ainsi d’opposer les groupes ethniques les uns aux autres ; d’opposer les régions les unes aux autres.
Ces mêmes propos du président de la République violent aussi l’article 53 de la constitution du 11 décembre 1990 qui a consacré son serment à la nation :
« …de respecter et de défendre la constitution que le peuple béninois s’est librement donnée »
« … de nous laisser guider que par l’intérêt général et le respect des droits humains, de consacrer toutes nos forces à la recherche du bien commun, de la paix et de l’unité nationale… »
« …de préserver l’intégrité du territoire national »
Il ressort de la lecture des propos du président de la République qu’il n’est mu que par son intérêt personnel et celui de son clan politique : les FCBE. Qu’il incite les béninois au régionalisme ; à l’affrontement et à la violence ethnico-politique. Que le président n’a nullement, à travers  ses propos, fait la promotion de la paix ni de l’unité nationale comme le lui impose son serment. Et il convient de souligner que nous sommes en face d’un cas  de haute trahison comme le définit l’article 74 de notre constitution : « Il y a haute trahison lorsque le président de la République a violé son serment… ».
Lesdits propos du président de la République tenus ce 22 mars à bankoara, violent enfin le premier tiret du préambule de la constitution du 11 décembre 1990  en ce qu’il déclare :
« NOUS PEUPLE BENINOIS
-Réaffirmons notre opposition fondamentale à tout régime politique fondé sur l’arbitraire, la dictature, l’injustice, la corruption, la concussion, le régionalisme, le népotisme, la confiscation du  pouvoir et le pouvoir personnel ».
En conséquence, je souhaite qu’il plaise à la haute juridiction, et pour nous préserver des dérives qui pointent à l’horizon, de déclarer que Monsieur Yayi Boni, président de la République  a violé :
Le premier tiret du préambule de la constitution du 11 décembre 1990 ;  
L’article 2 de la constitution du 11 décembre 1990 ;
L’article 36 de la constitution du 11 décembre 1990 ;
L’article 41 de la constitution du 11 décembre 1990 ;
L’article 53 de la constitution du 11 décembre 1990, lors de son adresse à ses partisans à banikoara le 22 mars 2015.
Je prie la cour de reconnaitre par conséquent  que monsieur Yayi Boni, Président de la République a violé son propre serment à la nation et que dès lors, il y a lieu de parler de haute trahison.
Veuillez recevoir, Monsieur le Président de la Cour Constitutionnelle,  l’expression de mes sentiments déférents.

DOKPA S. Isidore

Pièces jointes :
1- 1 photocopie du journal « Le Matinal » n° 4565 page 4

2- 1photocopie du journal « La nouvelle Tribune » n°2992 page 3

jeudi 6 novembre 2014

INSURRECTION POPULAIRE AU BURKINA FASO: QUAND LA FRANCE DÉCIDE DES RÉVOLUTIONS ET DE LEURS COULEURS EN AFRIQUE NOIRE





MONSIEUR CHIRAC, ANCIEN PRÉSIDENT FRANCAIS ET BLAISE COMPAORE ANCIEN COLLABO DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE EN AFRIQUE NOIRE.

Mesdames et messieurs , chers amis lecteurs!
Je voudrais me permettre un avis tout à fait différent et très inverse de tout ce qui se dit, est dit et se dira encore sur la situation qui a conduit à la capitulation de l'ancien président du Faso, le meilleur allié et collabo de la France dans la zone Ouest africaine depuis bientôt une trentaine d'années.
Le monde entier a vu ces pauvres burkinabé en effervescence dans les rues de leur pays criant et scandant des slogans hostiles à leur président de ces trois dernières décennies, Blaise Compaoré. Et brusquement, comme un château de sable, la presse internationale nous informe que le tout puissant président, celui-là même qui a résisté devant pire assaut, a décampé. L'homme aurait déposé sa démission à la tête de l'Etat burkinabé et aurait couru cherché axile chez le voisin.
C'est trop beau et trop facile pour être vrai et réel.
Je voudrais nous dire ici et maintenant qu'aucune révolution n'aura lieu en Afrique noire si la France ne donne sa caution!
Juste quelques questionnements?
Nous voici au lendemain du départ précipité du président compaoré de la tête de son pays. Et la France, restée muette jusqu'alors annonce au monde entier via la bouche de son président, qu'elle a aidé à évacuer monsieur compaoré pour éviter les heurts!
Mais diantre! Où était donc cette France quand monsieur compaoré tuais des vies humaines, notamment Sankara, Zongo... pour l'extirper ou l'en empêcher?
Où était cette France, cette bonne secouriste de France depuis près de trente années que monsieur Compaoré tripatouillait la constitution de son pays à sa guise pour se maintenir au pouvoir?
Si la France est aussi habile et professionnelle dans le sauvetage de chef d'Etat en difficulté vis-à-vis de son peuple, au nom de quoi n'a-t-on pas "extirpé" Mouhammar Khadafi des griffes de ses tueurs? Parce que ceci est un crime autorisé par l'ONU? me dites-vous?
Au nom de quoi n'a-t-on pas "extirpé" Hosni Moubarak des griffes des révolutionnaires égyptiens?
Au nom de quoi n'a-t-on pas "extirpé" ni prévenu feu Sankara contre le coup de d'Etat qui lui a été fatal?
Ces questionnements pour dire que nous, africains, nous devons nous arrêter de nous réjouir de la chute de Compaoré. C'est vrai, je l'ai toujours souhaité, cette chute de Blaise depuis son avènement au pouvoir le 15 octobre 1987.  Mais il faut que nos révolutions portent nos marques; il ne faut pas que la France, fatiguée de compaoré, nous utilise aujourd'hui comme bouc émissaire pour se débarrasser de son allié d'hier; celui-là à qui elle confié tous les sales boulots de la sous région, et qui s'en est acquitté avec abnégation et efficacité.
Il ne faut pas que la France nous utilise pour se donner bonne conscience dans la sous région.
Monsieur Compaoré, loin d'avoir été un président à la tête du Burkina, a toujours été dans la posture d'un agent du renseignement français  en poste en Afrique de l'Ouest avec résidence au Burkina.
Tous les régimes de la gauche comme de la droite Française ont commandité des crimes sous le couvert de Blaise. On a fini de l'utilisé et à présent. Et au moment de se séparer de lui, on commence à lui exiger des leçons de démocratie et de bonne gouvernance. Où était donc la France quand ce même peuple du Faso pleurait ses morts tombés sous les balles du criminel Compaoré? Où était-ce donc la France quand ce peuple du Faso demandant à corps et à cris plus de démocratie, plus de liberté?
Aujourd'hui, le format de Blaise est usé; on lui trouve un successeur et comme il n'entend pas raison, des services secrets à la con ont envahi le Burkina et ont poussé la population à la révolte!
NON, TROP C'EST TROP. LA FRANCE PEUT NOUS LAISSER FAIRE NOS PROPRES REVOLUTIONS

mardi 19 août 2014

MATHURIN NAGO ET SA DESTINÉE.....









Edito : Mathurin Nago et sa destinée…

Il avait annoncé les couleurs. C’était le 06 janvier 2014, dans la salle du peuple au Palais de la République. Souvenir pour souvenir…Mathurin Coffi Nago regardant droit dans les yeux de Yayi Boni, à l’occasion d’échanges de vœux entre les premières institutions de la République, disait au maître des lieux : « …Monsieur le Président de la République, que sommes- nous aujourd’hui en face d’un peuple qui entend, mais ne voit pas souvent et ne croit plus en ce qu’on lui dit ; un peuple qui souffre parfois de l’action des responsables politiques et administratifs, pourtant investis de la mission de son développement ; un peuple qui exprime souvent le sentiment d’abandon ; un peuple qui exprime des sentiments d’incompréhension et de déception face à la multiplication des actes et des scandales de corruption et de malversation et face à l’inaction apparente des responsables et services compétents ; bref, un peuple au moral très bas et qui semble perdre confiance en lui-même et en ses acteurs et décideurs politiques ?

Ce sentiment de notre population ne signifie pas que votre Gouvernement ne mène aucune action de développement pour l’amélioration de ses conditions de vie, loin s’en faut ? Mais plutôt que l’action politique qui devrait lui procurer le mieux-être, est menée avec des moyens et des méthodes perfectibles et de plus, celle-ci est souvent marquée par d’importants actes de corruption et de gaspillage de fonds publics chèrement acquis et par l’impunité permanente. Nos concitoyens des villes et des campagnes en parlent entre eux et avec leurs députés. Ils désenchantent et s’emmurent parfois dans la prison du silence. La presse s’en fait souvent l’écho… ».
Sept mois passés, cette lapalissade exprimée par le Président de l’Assemblée nationale résonne encore dans le subconscient du peuple béninois. Et nous voyons voire constatons que les effets annoncés par ce diagnostic de Mathurin Nago porte leurs fruits. Plus rien n’est plus véritablement comme avant entre le « corbeau et le renard ». 
« Quand je dis piiinnn… lui répond à Porto-Novo…paaannn ». Cette époque semble être révolue entre le leader des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) et lui, que certains considèrent, à tort ou à raison, comme le dauphin. 
Le fils de Bopa commence-t-il à prendre en mains sa destinée politique en tentant de se démarquer des actions du régime Yayi Boni ? Commence-t-il à mieux voir qu’auparavant ? Commence-t-il à tirer conclusion des années Yayi pour se projeter dans l’avenir ? Commence-t-il à véritablement se forger une bonne stature d’homme d’Etat pouvant bénéficier de la confiance de ses compatriotes ? Commence-t-il à appréhender à travers un grand prisme ce que ses compatriotes pensent de lui ? Commence-t-il à mieux mettre le pied à l’étrier ? Commence-t-il…commence-t-il…commence-t-il…à répondre aux aspirations des Béninois, face au régime de la Refondation aujourd’hui tant décrié par la majeure partie des Béninois, qui sont dépités de tout ce qu’ils vivent et surtout des nombreuses promesses jamais tenues sous Yayi Boni ?
Pour l’observateur bien averti de la classe politique béninoise, il est, on ne peut plus clair, que Mathurin Nago n’est plus comme l’homme d’hier qui se pliait aux injonctions du gouvernement. L’homme donne aujourd’hui l’impression de ce président d’institution de contre-pouvoir. Il vient de le démontrer une fois encore à travers le renvoi dos-à-dos des tenants et les opposants à la proposition de loi relative au retrait du droit de grève aux magistrats. C’est au grand regret des initiateurs de cette loi à polémique qui a fait descendre dans la rue le gotha de magistrats béninois, avec à sa tête le truculent Michel Adjaka, président de l’Unamab. Ce fut une bataille gagnée par les magistrats. Peut-être encore sous la cendre. Mais, d’ores et déjà, Mathurin Coffi Nago peut s’enorgueillir d’avoir réussi à mettre en déroute certains de ses collègues qui, dans leur logique d’affaiblir le droit constitutionnel reconnu aux magistrats, s’égosillaient à mettre au pas les juges. Toute chose qui mettra en berne la démocratie béninoise chèrement acquise. 
Le président de l’Assemblée nationale est aujourd’hui sur une pente glissante. Il devra s’y maintenir pour sa crédibilité. Il devra s’y attacher pour démontrer que son institution joue aujourd’hui plus que jamais son rôle de contre-pouvoir. Le peuple l’attend sur ce terrain. Que l’Assemblée nationale vote des lois républicaines et promotrices des droits de l’Homme, qu’elle contrôle l’action du gouvernement…telles sont les prérogatives constitutionnelles qui lui sont dévolues. Et Mathurin Coffi Nago en est le dépositaire à la tête des députés du Bénin. Ce n’est qu’à ce prix que le peuple serait satisfait du travail de ses députés. Il urge donc que les représentants du peuple avec leur Président en tête se reprennent pour ne plus désoler leurs mandants. On aurait simplement aimé voir à chaque fois l’Assemblée nationale jouer pleinement son rôle. Rien de plus…Rien de moins. Autrement, les propos tenus par le professeur Mathurin Coffi Nago, le 06 janvier 2014, devant Yayi Boni au Palais de la République, ne seront vus aujourd’hui comme un épiphénomène, qui n’avait autre objectif que de reproduire une réelle photographie de la société béninoise sous l’ère Yayi Boni. Si le Président de l’Assemblée nationale s’écarte aujourd’hui de ce sentiment du peuple béninois, demain, il en sera certainement le seul responsable. Et son destin pourrait en prendre un coup. Car, seul le peuple béninois est détenteur de la souveraineté nationale et internationale. C’est ce que je pense.
* Nouvelle publication

Je reste Apol

Source: le quotidien "le matinal" du 19 août 2014

jeudi 26 juin 2014

ENTRETIEN DE CHRISTOPHE BOISBOUVIER AVEC LE PRÉSIDENT YAYI BONI SUR RADIO RFI: QUE RETENIR DE TOUT CE BLABLA?

24 juin 2014
: Partir ou ne pas partir:L’éternel dilemme de Yayi Boni

Christophe Boisbouvier a reçu comme invité politique lundi 23 juin 2013, le Chef de l’Etat béninois Yayi Boni. L’entretien portait sur les suites de la table ronde organisée à Paris par le gouvernement béninois. Il y a été également abordé d’autres thèmes sur l’actualité, notamment l’épineuse et sibylline question de la révision ou non de la Constitution du 11 décembre 1990.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Yayi Boni n’a pas voulu s’éterniser ou épiloguer longtemps sur la question de la révision de la Constitution. Sa réponse a été brève et hyper-laconique. Mot pour mot, il a répondu ceci : « Ils sont libres de le dire, j’ai une conscience, je me suis exprimé à maintes reprises sur cette question. Je sais lire la Constitution, je suis allé à l’école, si on veut m’aider c’est (en faisant en sorte) que je puisse absolument achever mes responsabilités dans le délai imparti. Et ce délai, tous les Béninois, la communauté internationale, le connaissent ». Il ne se pose pas ici la question du crédit qu’il faut accorder à la parole de Yayi Boni. Depuis huit ans, nous avons connu pirouettes et girouettes de toutes sortes. Ce n’est pas nouveau. Tout au plus, peut-on dire que le président semblait un peu agacer par la question. Peut -être qu’elle revient trop dans le débat politique, et dans les arènes de discussion et sur les réseaux sociaux. Peut-être que lui-même semble plus préoccupé par la fin de son mandat et sa sortie prochaine, plus qu’il n’en a l’air. C’est donc un fait nouveau. Mais le plus important, c’est que Yayi Boni désormais met sa « conscience » en jeu et semble prêt à partir. Soit ! Il ne faut peut-être pas s’éterniser outre-mesure sur ce que vaut la « conscience » des hommes politiques. Cependant, si tant est que le Chef de l’Etat béninois est prêt à laisser le crachoir, il y a des préalables. Des gages qu’il faut qu’il donne à ce peuple qu’il l’a élu en 2006. Car au fond, le président n’a de compte à rendre à personne. A part ceux qui l’ont élu, et à sa propre conscience.
Un cafouillage entretenu
Au nombre de ces préalables, la sempiternelle question de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). La fera-t-on ou ne la fera-t-on pas ? C’est la grosse interrogation à laquelle les béninois souhaiteraient avoir une réponse claire et nette. Bien malin qui, à l’étape actuelle, pourrait y répondre. Les propos de Yayi Boni sur Rfi lundi matin, pour avoir un peu de crédibilité, devraient trouver aussi leur réponse là. Le devoir d’un chef de l’Etat sur le départ, n’est peut-être pas de s’assurer un bon héritage parmi ses pairs politiciens. Mais, il doit laisser les outils nécessaires pour parfaire l’Etat, ou pour continuer son développement. Le jeu flou que les politiciens ont aujourd’hui instauré autour de la Lépi n’honore personne. Et à moins de laisser le pays dans les plaies et les larves du sous-développement, il faut trouver les moyens d’organiser à temps ces élections qui ont été trop retardées. Avec ou sans la Lépi, malgré les réticences des esprits frileux. Car, en son temps, si les uns et les autres avaient écouté et entendu raison, cette « Lépi bâclée » et peut-être « inexistante » ne serait plus objet de polémiques. Hélas !
Oublier la révision de la Constitution
Tout ce cafouillage rentrait peut-être dans la ruse de Yayi Boni pour avoir son « second » mandat. C’est peut-être de bonne guerre. Mais il faut maintenant circonscrire le mal. Et penser à l’après Refondation. L’autre préalable, c’est la question de la révision de la Constitution. Pourquoi, se demandent bon nombre d’observateurs, tient-il tant à réviser la Constitution ? Si tant est qu’il veut vraiment partir. L’entretien de Rfi revient en écho comme des paroles jetées en l’air, juste pour endormir, ou pour gagner du temps. En attendant que le vent ne tourne dans un sens favorable. Un gage sûr, ce serait retirer le projet de révision et passer à autre chose. Ce serait pertes et profits. A l’instar du « pardon » dans l’Affaire Patrice Talon, un retrait du projet de révision de la Constitution va apaiser les tensions qui couvent. D’autant plus que avec deux mandats de cinq ans, l’équipe au pouvoir à eu tout le loisir et toute la latitude de faire ses preuves. Il faut donc donner la possibilité à d’autres Béninois de faire leurs preuves et de donner la mesure de leurs talents.

Wilfrid Noubadan
source: Le quotidien "Le Matinal"

mardi 10 juin 2014

Devoir de vérité : Affaire Pvi : Yayi et Djènontin risquent gros


Affaire PVI ! C’est l’un des dossiers opposant farouchement en ce moment l’homme d’affaires Patrice Talon à l’Etat béninois. Autour de ce dossier, tout se dit sauf la vérité. Et pourtant, les faits sont là, têtus. En tout cas, le Président Boni Yayi et ses ministres feraient mieux de se taire et d’assumer tranquillement les conséquences de leur malgouvernance puisque, désormais, ils sont de potentiels clients de la Haute Cour de Justice (HCJ).
Dans l’un des huit commandements de Dieu, il est dit que « tu ne mentiras point ». Chrétiens endurcis qu’ils sont, certains membres du gouvernement violent malheureusement consciemment ce commandement. Sur le dossier relatif à la mise en œuvre du Programme de vérification des importations de nouvelle génération (PVI-NG), remarquons tout simplement que le Chef de l’Etat et certains de ses ministres qui se disent hommes de Dieu font économie de vérité.
Les faits sont pourtant là. Il suffit de se référer au communiqué du conseil des ministres du 29 décembre 2010 pour se rendre compte que la vérité est cachée au peuple béninois.  C’est au cours de ce conseil des ministres, présidé par le Chef de l’Etat, le Dr Boni Yayi lui-même, que les membres du gouvernement ont examiné et approuvé le dossier relatif au PVI, après avoir écouté un compte rendu du ministre de l’Economie et des Finances relatif aux travaux de dépouillement, d’analyse et de jugement des offres relatives au Programme de vérification des importations (PVI) de nouvelle génération. En approuvant ce compte rendu, le Conseil des ministres a instruit le ministre de l’Economie et des Finances de notifier l’adjudication provisoire au Groupement SGS- Bénin Control classé premier. Outre le ministre des finances, le ministre d’Etat chargé de la Prospective, du Développement, de l’Evaluation des Politiques publiques et de la Coordination de l’action gouvernementale a été instruit pour conduire les négociations en vue de la signature du contrat entre le gouvernement et ledit groupement. Ce qui a été fait dans les règles de l’art.
C’était donc le point de départ de la mise en œuvre du PVI puisqu’après les négociations, un contrat liant l’Etat béninois et Patrice Talon a été régulièrement signé pour la mise en œuvre effective de ce programme. La suite, on la connait. De façon unilatérale, le gouvernement a remis en cause ce contrat qui constitue une loi des parties. Ensuite, le gouvernement a accusé Patrice Talon d’être l’instigateur d’une série de complots (empoisonnement et coup d’Etat) attentatoires à la vie du président Boni Yayi.
Cela ne fait pas sérieux d’entendre le Président Boni Yayi dire devant des jeunes que c’est Talon même qui a rédigé le contrat du PVI et que lui il l’a signé seulement. Cela ne fait pas aussi sérieux d’entendre le ministre Djènontin dire que : « …nous rassurons le peuple que le trésor public n’aura pas à débourser un franc pour payer un quelconque dédommagement à qui que ce soit dans ce dossier » et que « nous avons besoin des ressources pour construire et non des ressources que nous allons gaspiller dans des dossiers qui sont au départ faux … ». En tout cas, si le PVI était au départ faux et que c’est Talon même qui a amené son contrat et que l’Etat a signé, Boni Yayi et Djènontin doivent alors en tirer les conclusions de droit qui s’imposent et savoir qu’ils sont de potentiels clients de la Haute Cour de Justice. La balle est donc dans le camp des députés qui devront enclencher la procédure.
 Euloge Badou
source: Le quotidien "La presse du jour"  du 6 juin 2014

mardi 3 juin 2014

LA LETTRE DU JUGE ANGELO HOUSSOU AU PEUPLE BÉNINOIS ET AU PRÉSIDENT YAYI BONI

C’est la mort dans l’âme que j’ai saisi ma plume pour revendiquer mon droit inaliénable à parler et pour dire l’acharnement continuel dont je fais l’objet de la part des autorités de mon pays. 
En raison des décisions que j’ai rendues dans les fameux et sulfureux dossiers de tentative d’empoisonnement sur la personne du chef de l’Etat et d’atteinte à la sûreté de l’Etat, je suis persécuté et mon exil n’a pas arrêté mes poursuivants dans leur vil dessein de me tuer, sinon physiquement, du moins socialement et professionnellement.

Un communiqué de représailles

J’ai appris, avec un certain effarement qu’un communiqué du jeudi 22 mai 2014, diffusé en boucle à la télévision nationale, m’invitait à reprendre service, au plus tard le 26 mai 2014, sous peine d’être considéré comme démissionnaire. Il ne reste que le ridicule achève certains cadres de mon pays!!!
Je ne comprends pas la surdité intellectuelle des auteurs de ce communiqué qui devraient se trouver sur une autre planète quand se déroulait tout le débat sur comment assurer ma sécurité et celle de ma famille après la reddition des ordonnances du 17 mai 2013. Ce débat est toujours d’actualité puisqu’aucune disposition n’est encore prise pour que je puisse exercer, librement et en toute quiétude, mon droit à demeurer dans mon pays et à le servir utilement.
Je suis magistrat et à ce titre, je reste soumis au devoir de réserve professionnelle. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je me suis abstenu jusque-là de faire certaines déclarations utiles à l’éclairage des uns et des autres sur la véritable moralité de ces dossiers que j’ai instruits. Mais pour moi, l’obligation de réserve ne doit pas être perçue comme étant un commandement masochiste transformant tout magistrat en saint Sébastien criblé de flèches. Mon honneur a été attaqué publiquement et mon intégrité professionnelle a été mise en doute. Parce qu’il s’agit là des questions qui touchent profondément à ma dignité, j’ai décidé d’user de mon droit constitutionnel à la parole.
Je dénonce ici donc le machiavélisme versé des auteurs du communiqué. A vrai dire, il est à peine nécessaire de rappeler que, ceux-ci ne sont pas sans savoir qu’il m’est parfaitement impossible d’aller reprendre service ce 26 mai 2014 et ce, pour deux raisons fondamentales. D’abord, les conditions de ma sécurité ne sont toujours pas clairement réunies au pays. En effet, ma tête reste mise à prix par ceux qui se sont sentis lésés et déroutés par mes deux ordonnances de non-lieu. Ensuite, je suis impliqué dans une procédure d’asile ici aux Etats-Unis. Il s’ensuit que le fait de m’inviter à reprendre service au plus tard le 26 mai 2014, sans donner la garantie de ma sécurité et en faisant fi de ladite procédure, est manifestement insincère et partant, un «non-lieu ». C’est la preuve d’une apoplexie forte…
Il importe d’affirmer que les auteurs du communiqué ont tort de considérer mon exil comme une fiction et de m’appeler à reprendre service comme si j’étais allé en ballade de santé. J’ai quitté le Bénin face à l’incurie complice des autorités compétentes de me protéger contre l’arbitraire et les bas instincts de la vengeance perdante et éperdue.
Burlesque communiqué qui trahit la volonté renouvelée de me faire manger les pissenlits par la racine ! Pour moi, ce communiqué est un «non-lieu». On peut bien s’interroger sur ce à quoi sert ce communiqué du 22 mai 2014 dans cette « recréation », si ce n’est pour prolonger les représailles et les balafres indélébiles qui m’ont été infligées en vue d’assouvir, je ne sais quelle vendetta. Si l’Homme était Dieu? Je sais, et tout le peuple béninois avec moi, là où on veut en venir.

Facile de pardonner quand on a fini de se venger

Je ne suis pas contre le pardon. C’est une bonne chose que de pardonner. Le pardon « réchauffe le cœur et refroidit la piqûre » (William Arthur WARD). Il permet de « reprendre les rênes de notre destin et de reconnaître autrui comme étant toujours susceptible de renouer avec le bien ». François VERILLON l’a dit, le pardon n’est « ni un coup d’éponge ni une lessive, mais une recréation».
Bien qu’étant homme de droit, je ne veux pas m’interroger sur les implications juridiques de ce pardon qui, comme l’ont analysé les juristes sensés, est une sortie par effraction qui ne vide ni le fond des procédures ni ne corrige l’image écornée de mon pays, où fatalement le déficit républicain prend le pas sur le renouveau démocratique.
Le pardon soulève des discussions inépuisables, à savoir: Que cache ce pardon ? Quel est son degré de sincérité ? Dans ce drame qui a tant divisé le peuple et brisé des vies entières, est-ce le mieux à faire ? Pourquoi intervient-il au moment précis où la Cour suprême a rendu ses arrêts dans ces dossiers? Que dire d’un pardon accordé alors qu’il n’a pas été demandé ?Que dire d’un pardon destiné à des personnes qui ont bénéficié d’un non-lieu? Autant de questions qui invitent, en effet, à penser à cette phrase de Josh BILLINGS: « il n’y a pas de vengeance si complète que le pardon ».
La vengeance !Voilà le mal fondamental qui, dans cette affaire, a fait plus de dégâts que les projets funestes qui auraient été fomentés. On me considère comme une victime collatérale dans cette affaire. Ce n’est point une vue de l’esprit, mais j’en ai payé le prix fort. Depuis que j’ai reçu ces dossiers en mon cabinet jusqu’à ce jour, il ne m’est plus arrivé d’avoir ma vie à moi et de la vivre à pleines dents.
Pendant l’instruction des dossiers, j’ai subi toutes sortes de pressions, sous forme d’acharnement, de surveillance outrancière, d’intrusion et d’occupation systématiques de ma vie privée. Ces affaires m’ont isolé de ma famille, de mes proches. Terré, perclus, je n’avais plus de vie, de liberté…désormais à la merci des fileurs et des corbeaux de mauvais aloi.
De mon éducation, j’ai pu tirer l’énergie nécessaire et le courage suffisant pour faire mon travail et l’achever le 17 mai 2013. Sans grande surprise, la persécution bascule dans l’escalade…

Une persécution sans fin

On m’a traité de tous les noms : « juge corrompu », « versé dans le charlatanisme », « menant une vie légère »…J’ai tout subi, tout encaissé. Avec une seule consolation : aucun de mes accusateurs n’est arrivé à apporter la preuve de ses allégations mensongères et mes décisions n’ont point été contredites, du moins juridiquement.
A travers le pays, on a marché contre moi par foules entières, me menaçant de vindicte populaire. Dans tous les tabernacles du pays, on a réclamé ma tête à Dieu et aux dieux. On a lâché contre moi une horde de journalistes et de «journaleurs» avec le vil dessein de salir mon nom à jamais…Des amis et proches sont infiltrés, soit pour épier mes faits et gestes, soit pour apporter des éléments graves et concordants susceptibles de me prendre sur le fait. Certains ont résisté bravement. D’autres ont succombé lâchement… Lorsqu’on a vécu dans ces liens infernaux, quotidiennement à l’article de la mort, l’instinct de survie ne peut être que plus fort.
Escorté par l’invisible bénédiction protectrice du peuple béninois, j’ai bravé le dispositif d’insécurité glané autour de moi, traversant, par un vendredi clément, brousse, boues et fleuve avec le risque de rencontrer la mort à tout moment.
Arrivé aux Etats-Unis, le 1er décembre 2013, c’est comme si je tombais de la poêle vers le cœur du feu. A l’aéroport international John Fitzgerald KENNEDY, il m’a été notifié que mon visa posait problème. Pendant quelques minutes, j’ai eu le profond sentiment d’être un vulgaire citoyen. Mais très tôt, je me suis ressaisi. Il fallait me convaincre de ce que je venais quand même de semer la mort et que je suis dans un pays où la sensibilité à la vérité et aux droits de l’homme est censée être la plus forte au monde. Pourtant, le doute a duré dix-huit(18) jours où j’ai connu la peine et le blues de la détention .Moi qui autrefois, décernais des mandats de dépôt contre certains inculpés au tribunal de Cotonou. La crédibilité de la peur dont j’ai excipée ayant été reconnue, j’ai gagné dans ce pays ultra-organisé, le droit de ne pas être retourné dans l’enfer d’où je venais de m’échapper. Ici, les gens sont plus sérieux et chacun s’attelle à faire son travail sans parti pris. C’est avec beaucoup de respect et étreint d’émotion que je leur exprime un sincère remerciement.
C’est cet homme persécuté à souhait pour avoir fait son travail qui était absent du rappel des faits le jour de l’effusion du pardon présidentiel. Bien évidemment, je ne demande pas être pardonné. Car je n’ai rien fait qui aurait justifié un tel transport à mon égard ! Je ne suis pas détenu dans cette affaire. Je suis contraint à l’exil dans le cadre de cette affaire dont je suis une parfaite victime. On ne pardonne pas à une victime. On lui demande pardon. On lui présente des excuses et on la réhabilite dans son droit inaliénable de vivre en paix et en sécurité dans sa patrie. Le fait d’avoir occulté cela dans le discours officiel du pardon et de se pourfendre en plus d’un communiqué scélérat et facétieux comme celui du 22 mai 2014,est la preuve suffisante que l’œuvre vengeresse est toujours en marche. Facile de pardonner quand on a fini de se venger!
Le pardon, considéré par un proverbe arabe comme « la plus belle fleur de la victoire », parachève manifestement la revanche par laquelle on a compromis l’avenir de tant de Béninois et poussé à l’exil des gens qui, comme moi, par folle passion pour le pays, ne supportaient pas de vivre une semaine entière en dehors du terroir.
Dans le pardon marketing du 14mai 2014, je pressens du rochefoucauldien à l’état pur: administrer ce pardon n’est qu’un moyen sibyllin de demander pardon. Je répète : le pardon ne me concerne pas. Car je ne suis impliqué dans aucune des affaires. Je suis juge, au service du droit. Et en droit, les faits déférés devant moi, ne sont pas constitutifs d’infractions à la loi pénale. Depuis le 17 mai 2013 que je l’ai dit dans mes ordonnances, il ne s’est trouvé aucun autre juge pour apporter la preuve du contraire. Aucun juriste sérieux n’en a pris le contrepied. Mes décisions ont été confirmées en appel. La Cour suprême ne s’est pas prononcée sur mes ordonnances. Elle a plutôt cassé les arrêts confirmatifs de la chambre d’accusation sur la forme et ce, pour un simple problème de visa. Mieux, la décision de la Chambre d’accusation autrement composée du lundi 19 mai 2014 et mettant en liberté provisoire les inculpés dans ces affaires, n’est qu’une exécution partielle des ordonnances de non-lieu du 17 mai 2013.

Une ferme confiance en l’avenir

Respecter la loi, s’incliner devant le droit n’est pas seulement une simple politesse ni un acte banal de sagesse. C’est la voie royale pour donner une chance à la bonne gouvernance dans notre pays. Et plus j’y pense, plus je réalise que j’assume ma destinée jusqu’au bout.
La fonction d’un juge contemporain est fort différente de ce que nous avons connu dans le passé. De nos jours, le juge doit éviter de s’isoler. Il doit s’efforcer non seulement d’être de plus en plus accessible au public, mais aussi  il doit s’intéresser à la vie sa cité.
Voilà, donc, autant de bonnes raisons de nature à motiver mon engagement à vivre désormais une citoyenneté plus active basée sur l’exercice de mon droit à la parole et de mon devoir de contribuer à l’amélioration de la gouvernance de mon pays. En entrant dans la magistrature, j’étais préoccupé de contribuer à corriger l’homme et à élever la nation en faisant appliquer la loi. Mais ce serait une entreprise vaine si la politique reste l’apanage de gens dont la tendance à l’échec n’a d’égale que leur goinfrerie.
Je me dois donc de parfaire ma fonction d’aiguillon, de détonateur. Quand on a été aux prises avec certaines tares, quand on a osé dire non au musellement de la maison justice, on ne peut plus se taire tout bonnement. Tout silence prolongé devient une œuvre de complicité, surtout dans un espace public transformé en une arène où les acteurs s’ingénient à faire périr l’intérêt général au profit de leur ventre et de leur orgueil. Tant que la politique tombera aussi bas, le pays ne pourra sortir des bas-fonds du sous-développement.
Au moment où j’achève cette réflexion, une conviction m’habite. Mon pays, en effet, semble livré à des gens sans foi ni loi. Ses dirigeants ont renoncé à leurs charges, celles de travailler à instaurer une société de valeurs, d’ordre, de justice et de sécurité. Le drame de mon pays, ce n’est pas tant l’influence venimeuse de ces pratiques que le silence des consciences lumineuses et la compromission des élites. Tant que la situation en restera là, l’œuvre de développement sera un travail de Sisyphe.
En 2006, nous avions un projet formidable de changement et de progrès. Au fil des ans et des dérives, ce projet de miracle s’est mué en un triste mémorial de l’échec patent des élites dirigeantes. Une honte nationale qu’il faut corriger dare-dare à la prochaine occasion .Rester en marge de ce processus de renouveau serait un crime contre le pays.
Que les consciences lumineuses de tout le Bénin le sachent et s’engagent. Dès maintenant ! Mon pays peut compter sur moi pour jouer ma partition pleinement et sans défaillir. Je n’ai plus peur de rien, même pas de la mort, car me tuer pour une vérité devenue incontournable au point de susciter un pardon, accroîtrait inévitablement mes chances d’aller au paradis .Mais il ne s’agit pas de moi, mais du Bénin tout entier. Et on ne le laissera pas périr dans n’importe quelles mains !


New York, le 26 mai 2014
Juge Angelo Djidjoho HOUSSOU

RÉACTION DU DÉPUTE CANDIDE AZANNAÏ AUX PROPOS DU CHEF DE L'ETAT BÉNINOIS DANS L'AFFAIRE BÉNIN CONTROL s.a CONTRE L'ETAT BENINOIS

Menaces sur l’exécution de la sentence arbitrale de l’Ohada : Azannaï dénonce les dérives du régime Yayi (La fraude opérée sur les mots pardon et médiation mise à nu)

2 juin 2014 par  

Honorable Candide Azannaï
député de la mouvance présidentielle.

« Colère et Pouvoir d’Etat sous l’ère du « Changement – Refondation « en République du BENIN: Limites du Chef en Démocratie et exigences de l’Etat de droit ». C’est le thème de la conférence de presse animée hier, 1er juin 2014, par l’honorable Candide Azannaï au Bénin Marina Hôtel à Cotonou. Dans son développement, le Président du Parti « Restaurer l’Espoir » a proposé trois axes de réflexion. Le premier fait le lien entre la sentence arbitrale du 13 mai 2014 de la CCJA et la fraude opérée par le Président Boni Yayi le 14 mai 2014 sur les mots « pardon « et « médiation «. Le second axe s’intéresse aux conséquences du reniement par Boni Yayi de son propre message du 14 mai. Enfin le troisième axe met en face Boni Yayi et le serment de l’article 53 de la Constitution du Bénin.
Cette conférence de presse, a dit d’entrée l’honorable Azannaï,  est la réponse aux nombreux appels qui lui ont été lancés via les réseaux sociaux et autres canaux d’échanges pour se prononcer sur le message du Chef de l’Etat du 14 mai dernier, message qui avait pour point exclusif les affaires douteuses dites de rumeurs de tentative d’empoisonnement et de tentative de coup d’Etat.
Dans son développement, l’honorable Azannaï s’est refusé de revenir  sur les rumeurs bizarres sorties de la bouche du Président de la République rien que pour empoisonner le climat-politique aux fins de s’en prévaloir comme prétexte pour justifier, en aval, son apocalyptique intention de franchir la barrière constitutionnelle de 2016.
En réalité, a dit le Président du Parti « Restaurer l’Espoir »,  « les ordonnances de non-lieu prononcées le 17 mai 2013 par la Justice à Cotonou et le retentissant verdict du 4 décembre 2013 à Paris avaient fini par faire voler en éclats tous les enfantillages de produits radioactifs, de drones, … agités par la mythomanie génitrice de la théâtralisation du pouvoir »
Poursuivant son introduction liminaire, l’honorable Azannaï, qui avait prévenu et qui avait mis tout le monde en garde contre les tensions inadmissibles que le Président Boni Yayi n’a de cesse d’exercer contre la Démocratie plurielle et contre les exigences de l’Etat de droit, a dit que les derniers développement des dossiers empoisonnement et autres appellent, de sa part, des calibrages intellectuels et une interpellation de l’éthique en politique, surtout devant la gravité des propos tenus par des membres du Gouvernement, d’une part, et devant ceux du Président de la République, Chef de l’Etat et Chef du Gouvernement, d’autre part, encore une énième fois face à des jeunes appâtés visiblement comme à l’accoutumée par les contes de sirène, ployant sous la promesse de création subite de plus de 10.000 emplois publics…
Comme cela a été dit plus haut, trois axes de réflexion ont été choisis par le Président du Parti « Restaurer l’Espoir » pour développer sa conférence de presse qui s’intitule : « Colère et Pouvoir d’Etat sous l’ère du « Changement – Refondation « en République du BENIN: Limites du Chef en Démocratie et exigences de l’Etat de droit ». Et bien avant d’aborder ces axes, l’honorable Azannaï s’est inscrit en faux contre  le commentaire infographique en sous-titre de l’interview exclusif qu’il a accordée. «
Le samedi 17 mai 2014, j’ai donné une interview exclusif sur la Chaîne de TV privée Canal 3. Lors de cet entretien, j’ai évité de prononcer une seule fois les mots « Pardon « et « Félicitation «. C’était un choix délibéré dans la mesure où je voulais éviter que mes pensées soient travesties.
Hélas ! Le commentaire infographique en sous-titre insinuait à l’opposée de ma conviction intime que je venais de féliciter Boni YAYI pour ses déclarations du 14 mai 2014. Je voudrais dire à toutes et à tous que c’est faux et archi-faux.
Je n’ai ni prononcé les mots « pardon « et « félicitation «, ni félicité qui que ce soit, encore moins Boni YAYI. J’avais en substance dit que je prenais acte globalement du message du 14 mai 2014, si et seulement s’il était un message sincère et si son auteur Boni YAYI était sincère.
Ma pensée et mes propos n’étaient pas allés au-delà de ce que je viens de vous dire ; aujourd’hui, les faits renseignent chacun sur la sincérité des propos tenus par Boni YAYI le 14 mai 2014 », a clarifié l’honorable Azannaï. Ce préalable passé, voici l’intégralité des trois axes de réflexion empruntés par le conférencier.
LIENS ENTRE LA SENTENCE ARBITRALE DU 13 MAI 2014 DE LA CCJA ET LA FRAUDE OPÉRÉE PAR BONI YAYI LE 14 MAI 2014 SUR LES MOTS « PARDON « et « MÉDIATION « :
Dans l’immense œuvre intitulée « La République «, l’inépuisable PLATON mettait en garde contre la perversion en politique. Il avait déclaré : « La perversion politique commence avec la fraude des mots «. Plus tard, M. HEIDEGGER insistait sur l’importance du mot relativement à l’être à travers sa célèbre déduction selon laquelle : « Le mot est le siège de l’être «. Nous référant aux travaux de M. de FOUCAULT, de R. JAKOBSON, de F. de SAUSSURE, de L.HJEMSLEV et même des remarques de R. BARTHES et de À. GREIMAS, nous pouvons comprendre que le discours porte le message, le message véhicule du sens, le sens renseigne à la fois sur son auteur et sur ce qu’il veut dire à l’auditoire cible. Le discours politique doit-il échapper à cette logique ? Je ne le pense pas. En parlant, le politique ne doit-t il pas éviter de prendre tous les individus qui composent l’auditoire cible comme ignorants que très habilement, il serait facile de bluffer avec du son détaché du sens ?
Je ne pense pas qu’il soit sérieux de détacher le mot de son sens. Il y a à l’intérieur de toute langue considérée, une intimité entre le son, la morphologie et le sens du mot qui leur est rattaché.  Rompre cette intimité, l’ignorer ou la travestir procède, à mon humble avis, d’une fraude sur ce mot et d’une corruption du discours.  C’est le cas de certains mots mis en relief par Boni YAYI dans son message du 14 mai 2014 au sujet duquel il a recouru, entre autres mots, au mot « pardon « dans le conflit entre lui et Monsieur Patrice TALON.
Boni YAYI avait-il conscience que le mot « Pardon « avait du sens ? Ce mot lie un destinateur et un destinataire. Il s’agit d’un lien nécessaire sans lequel le mot « Pardon « ne peut ni exister, au sens d’existence opérationnelle, c’est-à-dire ne peut signifier en acte, ne peut avoir une fonction morale. Des questions s’imposent qui interrogent tout au moins l’existence de l’offense, de l’offensé, de l’offenseur… Le mot est également contexte, et celui créé par le double non-lieu du 17 mai 2013 à Cotonou, et par la décision du 04 décembre 2013 à Paris, offre la clarté que l’offense n’ayant pas lieu, il ne peut logiquement exister ni d’offenseur, ni d’offensé. En effet, les pérégrinations des rumeurs mobiles du conflit ouvert par Boni YAYI contre Patrice TALON, à travers toutes les stratifications de nos juridictions, n’ont conclu à aucune sentence ayant retenu l’existence d’une quelconque offense à Boni YAYI.
En ce qui concerne la médiation, ce mot renvoie au sens du milieu, c’est-à-dire de la solution médiane. Une médiation indique nécessairement des parties décidées à rechercher des solutions en vue de venir à bout de différends qui leur créent réciproquement des torts, qui leur nuisent réciproquement. Il est clair qu’accepter la médiation, c’est accepter que l’on est à la quête de solution. Et Boni Yayi et Patrice TALON et Olivier BOCCO sont liés par la médiation, donc tous décidés à trouver une solution, une issue médiane. Une issue qui n’est ni exactement ce que l’un aurait voulu, ni exactement ce que les autres auraient voulu, mais ce que sur la base des prétentions des uns et des autres la médiation aura fixé comme suffisant pour garantir à tous une solution suffisante qui ne ferait perdre à aucune des parties la face en tant qu’elle – cette solution – puisse permettre l’établissement d’un climat de réconciliation qui les ferait passer de leurs positions initiales de conflit à une position finale de réconciliation. Une médiation en de telles circonstances est pour un nouveau départ entre les parties ayant recouru à ladite médiation.
Mais de manière classique, une médiation a des règles et il n’appartient pas à une partie de venir théâtraliser le rôle qui normalement devrait être celui du médiateur, celui de la médiation.
Venir parler comme Boni Yayi le 14 mai 2014 avec tant d’exagérations de détails sortis de leurs contextes, dénaturés, voire certains inventés, me paraît irresponsable, alors même que la médiation est encore en cours, car non encore conclue par le médiateur.
À la limite, agir comme Boni YAYI a fait à l’occasion de ses déclarations au BENIN comme à l’étranger me paraît inquiétant et même dangereux pour les efforts de la médiation.
Boni Yayi croit-il à ce qu’il dit et à quelque chose dans tout ce qu’il raconte à temps et à contretemps de confus et d’inexacts dans le feuilleton qu’il a ouvert depuis le 1er Août 2012 contre l’intérêt général ? Ce n’est pas une attitude de paix que de vouloir prendre de court et la médiation et l’autre partie liée à la même médiation en se fendant de propos imagés contre ses protagonistes.  Il veut nuire à ceux avec qui il est lié par la médiation.
Il s’agit d’une attitude de concurrence avec le médiateur qui ne constitue rien d’autre qu’une fraude à la sémantique même et du mot « médiation « et une déloyauté qui peut porter des préjudices à l’image du médiateur.
On peut également s’interroger sur l’expression « Père de la Nation « dont Boni YAYI se réclame la qualité pour lire que le type psychologique que lui-même projette de sa propre personnalité est antinomique à la Démocratie plurielle et aux exigences de l’État de droit. À d’autres occasions, nous avions noté que l’expression « Père de la Nation « était de la même catégorie que celles de guide, de timonier, petit père des peuples, de führer …
L’honnêteté impose à Boni YAYI, d’un côté à partir de la constance des positions affichées, par la justice tant au BENIN qu’en FRANCE, puis, de l’autre côté, le fait qu’il est celui qui a été à l’origine de la médiation initiée par le Président français, Monsieur François HOLLANDE ( médiation conduite par le Secrétaire Général de la Francophonie, Monsieur Abdou DIOUF ), de se savoir exclu du recours au mot « pardon «, au verbe « pardonner «, à l’expression « accorder le pardon à «.
Ces usages sont dépourvus de tout sens, le concernant, relativement aux différends qui l’opposent à Patrice TALON, et procèdent tous de fraude sur le mot que plus haut nous avions perçu comme provocatrice de la perversion en politique.
Pour être sincère et crédible, pour montrer sa bonne foi, Boni YAYI devrait éviter le refuge sous l’expression « Père de la Nation « que ni la Démocratie plurielle, ni la Conférence Nationale de février 1990, encore moins la République ne peuvent lui conférer et qui est un illogisme conceptuel exclu par les exigences de l’Etat.
Boni YAYI, si son « Pardon « lui paraissait une parure de circonstance, la seule issue possible était : l’expression « se pardonner « qui garde la compatibilité sémantique éthique de pardon mutuel rendue possible du fait de la médiation.
Le sémantique en français ici, si nous devrons être dans l’interface communication et sens ( cf. R. JAKOBSON, Essais de linguistique générale, éd. de Minuit, 1978. ), est exactement le but de la conciliation à savoir « se réconcilier «.
Je ne crois pas que ce soit par ignorance que Boni YAYI ait voulu l’outillage de la fraude sur les mots, le voyant habiller de robe de docteur presque tout dans ce Pays ( une pratique que dénonçait VOLTAIRE ); je déduis que c’est par malice.
Au fait, la veille du 14 mai 2014 de sa malice contre la médiation, il y avait déjà, le 13 mai 2014, le verdict de la CCJA/OHADA dans les Affaires PVI-NG/BENIN CONTROL Sa et Coton/ SODECO. Ne voulant à aucun moment se débarrasser de sa haine coléreuse, lui le « WASSANGARI « qui n’aime pas la honte que constituait la Sentence Arbitrale rendue et dont il était bel et bien au courant, a malicieusement voulu jouer à la victime dispensatrice de « pardon apparemment généreux «. Le gain de cette fuite en avant, il le croyait double: doser la destruction de son ennemi juré qu’il s’est fabriqué dans son schéma de phobie contre l’échéance de 2016…, et tendre un piège psychologique au Peuple par la relaxe hâtive des personnes retenues par lui par excès en prison comme otage en guise de tout solde et profit de son désordre autoritaire contre l’investissement privé national.
Je rappelle, contrairement aux propos inexacts et faux de Boni YAYI, que ce fut à l’issue d’un Appel d’offre International que le contrat PVI-NG a été signé: j’étais Ministre et Porte-parole du Gouvernement. Il n’est donc pas juste de tenter une quelconque falsification de la vérité. Le contrat a été conçu par le Gouvernement et signé par le Gouvernement sur la base du décret signé à cette fin par Boni YAYI, dont la signature est parfaitement en relief, comme, entre autres, celle de l’AJT, Madame S. LAWSON.
Aucune sincérité n’était dans sa mise en scène du 14 mai 2014, consécutive à la Sentence Arbitrale du 13 mai 2014 de la CCJA dans les affaires tantôt évoquées.

CONSÉQUENCES DU RENIEMENT PAR Boni YAYI DE SON PROPRE MESSAGE DU 14 MAI :
 Malgré son approximation sémantique et ses leviers éthiques obsolètes, je continue de prendre comme décisive la déclaration faite le 14 mai 2014 par Boni YAYI.
Je voudrais mettre en relief les expressions ci – après qu’on peut y lire :
« Je réitère ma disponibilité et ma sollicitude entières et constantes à l’endroit des intéressés tout comme à celui de tous mes citoyens.»
« J’exhorte chaque Béninoise et chaque Béninois à tourner définitivement la page de cette affaire et nous atteler ensemble à la résolution des problèmes quotidiens auxquels notre Peuple est confronté. Cette affaire doit être derrière nous tous.»
2-1: La Sentence Arbitrale rendue le 13 mai 2014 dans l’Affaire Société BENIN CONTROL et l’Etat béninois, dossier No 004 / 2013 /ARB du 07 mai 2013 :
Je persiste et je signe que la sentence arbitrale de la CCJA est une décision très clémente et de mise à l’épreuve de tout notre Peuple. Je pense que la CCJA n’a pas voulu trancher, mais nous offre l’historique occasion de nous parler, de nous entendre, de ne pas franchir le rubicond.
Un bel exemple du mythique jugement du mystique Grand Roi SALOMON. J’ai dit sur la Chaîne de télévision privée Canal 3 un coin de ma lecture de la Sentence Arbitrale que j’ai entièrement lue. J’ai compris beaucoup de choses. Comment un Peuple qui regorge de tant d’intelligences intellectuelles, comme le nôtre, peut exposer des démarches et des arguments si nuls devant une juridiction supranationale ?
C’est une honte. Une honte!
Et puis le temps viendra où nous situerons les responsabilités.
Pour le moment, il nous faut être objectif. Pourquoi ?
La CCJA/OHADA a demandé à BONI Yayi de suspendre sa suspension du PVI, et de résilier sa résiliation du contrat qui le lie à BENIN CONTRÔL SA, et de réhabiliter BENIN CONTROL SA dans le contrat du PVI tel que signé antérieurement avant la survenance des mobiles qui ont conduit devant elle (la CCJA).
C’est ma lecture.
Faute de vouloir faire ainsi, c’est-à-dire si Boni Yayi refusait de s’exécuter, alors il exposera l’Etat béninois à payer les milliards contenus dans la sentence arbitrale relative à cette attaque unilatérale de lui Boni Yayi contre le contrat rédigé par le Gouvernement et sous le décret signé par lui – même au nom de l’Etat du BENIN à BENIN CONTRÔL SA.
C’est pour ça que le 14 mai 2014 est un tournant décisif pour notre Pays. Et c’est parce qu’il vient juste après la décision le 13 mai de la CCJA dans certaines affaires, mettant en difficulté ce même BONI Yayi, notamment le dossier No 004/2013/ARB du 07 mai 2013.
Pour le moment, ce qui importe est là.
Un chef doit être crédibilité et sincérité ; mais le Président BONI Yayi est-il sincère, ou veut-il continuer à jouer au va-t-en-guerre ?
2.2 Les réactions « va-t-en-guerre « du Gouvernement et l’instrumentalisation de la jeunesse par Boni YAYI:
Que valent les propos tenus par Boni YAYI dans son message du 14 mai 2014. – message dans lequel – il déclarait « …, j’ai décidé en mon âme et conscience et en toute liberté de pardonner «, au regard des déclarations faites par des membres du Gouvernement notamment celles du Ministre chargé de la Justice, Monsieur Agossou DJENONTIN et celles de Monsieur Marcel de SOUZA ?
Qui peut nier que ce sont des propos irresponsables dans les détails desquels je vous épargne de rentrer ?
Je rappelle que l’un s’était insurgé contre la Sentence Arbitrale de la CCJA/OHADA, l’autre avait brandi la menace du retrait de la République du BENIN de l’OHADA.
Le comble, le Président Boni YAYI réunit à son habitude des jeunes dans la Salle du Peuple du Palais de la République et leur apprend le refus de l’exécution des décisions de justice en allant jusqu’à déclarer qu’il n’a jamais été au courant de l’existence des procédures arbitrales en question devant l’OHADA!
Dans la foulée, Boni YAYI annonce que le BENIN n’est nullement concerné par la Sentence Arbitrale de la CCJA/OHADA du 13 mai 2014 sus-évoquée, et engage un recours devant la Cour de Justice de l’OHADA aux motifs suivants:
-Le défaut de convention d’arbitrage
-Le défaut du contradictoire
-L’ordre public international
-Le détournement de la mission confiée au Tribunal arbitral.
Que la Sentence Arbitrale ne soit par l’épuisement des moyens devant l’OHADA dans le cas du présent dossier ne souffre d’aucun commentaire. Le recours contre la Sentence Arbitrale, devons-nous être clair, est un moyen prévu par le dispositif procédural de l’OHADA pour qui en sent la nécessité.
La question est pourquoi le risque d’une telle voie de reniement du message du 14 mai 2014 ?
Ce message du 14 mai tient-il encore ?  Est-il possible que cette affaire dans ces conditions soit effectivement derrière nous tous ? Chacun répondra à cette question.
Il est aisé de constater au fossé abyssal entre le 14 mai 2014 et les propos et actes qu’entretiennent Boni YAYI et des membres de son Gouvernement au nom de l’Etat: c’est bien regrettable à tout point de vue pour l’intérêt général.

Boni  YAYI ET LE SERMENT DE L’ARTICLE 53 DE LA CONSTITUTION DE LA RÉPUBLIQUE :
Je voudrais rappeler que notre Pays abrite le siège de l’ERSUMA, que notre compatriote Professeur D. SOSSA est responsable du Secrétariat Général de l’OHADA, et que notre Pays assure actuellement la Présidence de l’UEMOA à travers Boni YAYI.
L’ERSUMA est l’école chargée de la formation des magistrats dans le cadre de l’OHADA. L’OHADA est en réalité un ensemble de traités impliquant 14 pays dont le nôtre. La CCJA est la juridiction supranationale instituée par l’OHADA.
3-1: Les décisions de justice et l’Etat de droit:
Je partage l’affirmation selon laquelle: « La justice est la première vertu des institutions sociales comme la vérité est celle des systèmes de pensée.»
John RAWLS, Théorie de la justice.
La Conférence Nationale a réitéré l’importance que les Pères fondateurs de notre Pays ont accordée à la Justice en l’inscrivant au fronton de la République à travers notre Devise :
« Fraternité, Justice, Travail.»
En Démocratie plurielle, fondée sur les principes de l’Etat de droit, la justice est rendue au nom du Peuple.
MONTESQUIEU nous enseigne : « Il n’y a point de liberté si la puissance de juger n’est pas séparée de la puissance législative et de l’exécutrice. Si elle était jointe à la puissance législative, le pouvoir sur la vie et la liberté des citoyens serait arbitraire; car le juge serait le législateur. Si elle était jointe à la puissance exécutrice, le juge pourrait avoir la force d’un oppresseur.» MONTESQUIEU, De l’esprit des lois, XI, 6.
D’un côté, cette vue de MONTESQUIEU renseigne bien sur les marges actuelles du Pouvoir judiciaire devant le Pouvoir exécutif, au regard de la célérité avec laquelle, par le simple vouloir de Boni YAYI, les personnes retenues en prison, comme des otages, ont été mises en liberté.
Où allons nous, si cette mise à l’horizontal de toutes les Instituions et de tous les citoyens devant le seul Boni YAYI devait continuer plus longtemps ?
Il est urgent que nous ouvrions le chapitre du cas de Monsieur Désiré VODONOU…
De l’autre côté, les dédains verbaux dont se parent les Gouvernants contre la justice, chaque fois qu’une décision de justice leur paraît personnellement défavorable, doivent être dénoncés, condamnés et combattus.
La loi interdit et réprime toute intention d’entrave à la justice qui advenait à prendre la forme de rébellion ou d’opposition à décision de justice.
C’est pourquoi je voudrais croire qu’à la fin, au finish, nul n’osera prendre ni l’option de la rébellion à décision de justice, ni celle de l’opposition à décision de justice.
Je renvoie les membres du Gouvernement et les spécialistes et autres professionnels de soutiens moutonniers aux Articles 209 à 2012 du Code Pénal, dans les cas de rébellion à décision de justice et dans ceux d’opposition à décision de justice à l’Article 09 de l’Ordonnance DLJL du 28 janvier 1970 et 405 du Code Pénal. Ils pourront comprendre combien ils s’exposent à des peines d’emprisonnement, de réclusion et de travaux forcés, selon les cas.
3-2: Les limites à ne pas franchir:
Les réactions affichées par le Gouvernement et son Chef, Monsieur Boni YAYI, nuisent à l’indépendance de la justice et jettent du discrédit sur la nature même de notre édifice démocratique. Le climat des affaires en souffrira immanquablement car chaque fois que le gardien s’attribue les prérogatives de prédateur, aucune chèvre dans l’enclos ne peut se sentir rassurée. C’est le franchissement de cette limite anti – investissement, répulsive à la promotion entrepreneuriale, anti – création de plus-values, destructrice des opportunités d’emplois productifs qui gêne fondamentalement dans la posture belliqueuse et revancharde que font adopter à notre État, Monsieur Boni YAYI et les thuriféraires de son projet pourfendeur de l’intérêt général.
Quid des tensions susceptibles de dégrader le climat social, de nuire à la Cohésion Nationale, à la Paix et au développement de la Nation…
3-3: Les exigences de l’Article 53 de la Constitution:
Je voudrais évoquer les interfaces entre le serment de l’Art. 53 et les prescriptions des articles 41, 59, 147 contenus dans notre Constitution.
La responsabilité personnelle de Boni YAYI est nettement engagée:
« Celui qui fait exécuter la loi doit y être soumis.»
MONTESQUIEU, De l’esprit des lois.
Les conflits entre les intérêts particuliers et l’intérêt général ne doivent amener aucun citoyen à instrumentaliser à son compte personnel la puissance publique du fait seulement de sa position de Chef de l’Etat ou de Président de la République. Nos positions tirées de la puissance de l’Etat ne peuvent être considérées et utilisées comme des moyens privés dans les conflits qui opposent nos intérêts particuliers à l’intérêt général.
L’erreur n’est jamais une chose à souhaiter. Mais si on vous avait prévenu en amont, vous devriez faire attention. Pour n’avoir pas fait attention, et de votre inattention, pur aveuglement de vos passions de destruction colérique, vous vous retrouvez devant l’impasse de vos entêtements, il est impératif que vous ne mettiez pas l’intérêt général dans l’irréparable.
Tout se jouera désormais avec le repère du 14 mai 2014.
Peu importe pour moi qui a raison, qui à tort.
Je suis un humain et je ne pense pas qu’un humain puisse refuser un appel à la paix, qu’un homme public, acteur politique, devant le cri de détresse de tout un Peuple inquiet et troublé, puisse refuser une offre de réconciliation. J’ai décidé de lire autrement que par mes ressentiments personnels les propos tenus par BONI Yayi le 14 mai 2014 dernier, ces propos d’appel à la réconciliation et la cohésion au sein de la Nation et à la paix.
La Nation est au bord de l’abîme. Et il me vient à l’esprit la Célèbre jarre du Roi GUEZO.
Je vous remercie très sincèrement.
Candide Armand – Marie AZANNAI.
source: le quotidien "La presse du jour" du  02 juin