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samedi 25 avril 2015

ELECTIONS LÉGISLATIVES AU BÉNIN: LA FRAUDE A VISAGE DÉCOUVERT?


Demain les élections législatives ont lieu au Bénin; mais les résultats semblent être connus de certains paris ou de certaines alliances de formations politiques. 
Voici la scène que je viens de surprendre en compagnie de certaines autres personnes ce jour.  
J'avais rendez-vous pour ma répétition au ccf à 7 heures ce samedi 25 avril; autour de 9 heures l'agent sécurité dudit lieu est venu m'alerter de ce qu'il se prépare une fraude contre les élections de demain, dehors; je me suis porté vers ce dehors en question. Et sur le parking du ccf, jouxtant juste la présidence de la république,j'ai découvert deux voitures, l'une immatriculée BB 8880 RB et l'autre BB 8331 RB autour desquelles des individus s'affairent. A la demande et sur insistance de l'agent de sécurité, je me suis subtilement approché des deux véhicules sans me faire distinguer; j'ai pu voir à l'intérieur des malles arrières ouvertes, ds sachets noirs bien emballés et sur lesquels on a collé du papier où c'est écrit, pour ce que j'ai pu lire: 16ème circonscription; 7ème circonscription; 23 ème circonscription; 9 ème circonscription. 
Dans le premier véhicule se trouve ouvert un sachet noir duquel un monsieur ramasse par lot des cartes d'électeur pour les verser dans le second véhicule.
Intrigué par une telle manœuvre, un employé du ccf a hélé les gens en ces thèmes "C'est quoi ça là! Ici n'est pas un bureau de vote!   C'est cela la démocratie?"  C'est alors qu'un des hommes c'est bruyamment retourné vers lui en ces thèmes "Et alors? C'est quoi votre problème?" .Et comme il est en veste laissant ses boutons ouverts, on a pu apercevoir la crosse de son arme enfouie à hauteur de sa ceinture.... 
Les hommes autour des véhicules s'y sont engouffrés précipitamment et tous ont démarré à vive allure pour aller se perdre dans la présidence par l'entrée en face de la station d'essence "sonacop" non loin du ccf.
Entre temps, durant le transfèrement des documents électoraux, un curieux qui s'est mis en retrait pour mieux observer la scène, s'est fait interpeller et fouiller par l'un des hommes en veste lui aussi.
Visiblement, les hommes craignaient de se voir filmer.
La question que l'on se pose à présent est: 
Qui sont ces hommes avec autant de cartes d'électeurs et de documents électoraux? Qui sont-ils pour circuler en civil avec une arme en ces temps d'élections? Comment et pourquoi ces véhicules sont-ils tous allés à la présidence de la république sans fouille préalable? La présidence de la république est-elle impliquée dans le processus électoral au point de transporter de rues en rues et de parking en parking des documents aussi sensibles? Quand est-ce les institutions de la république vont-elles commencer à respecter le vote des citoyens? 
Sommes-nous encore sur la piste d'un K.O comme ce fut le cas en 2011?  
Bénin, mon pays!!!

samedi 18 avril 2015

Intterview: Robert Ménard, de Reporters sans Frontières au Front National

Plus de vingt ans durant, il défendit avec pugnacité la liberté d'expression à travers le monde - notamment en Afrique. Et puis, en 2014, il s'est allié au parti de Marine Le Pen, dont il n'est pas membre, pour conquérir la mairie de Béziers. Il explique cet itinéraire hors normes.
De 1985 à 2008, Robert Ménard dirigea l'ONG Reporters sans frontières (RSF). Il défendait les journalistes sur tous les fronts et n'hésitait jamais à payer de sa personne pour un idéal souvent bafoué : la liberté d'expression. Il est ensuite devenu polémiste, ne portant plus sur les plateaux télé que sa propre parole.
Et puis, il y a un an, il s'est présenté aux élections municipales à Béziers sous les couleurs de l'extrême droite. Il a gagné avec le Front national, sans en être membre. Depuis, il multiplie les annonces chocs : armement de la police municipale, couvre-feu imposé aux enfants de moins de 13 ans non accompagnés pendant les vacances et les week-ends, interdiction d'étendre son linge aux balcons, inauguration d'une rue du Commandant-Hélie-Denoix-de-Saint-Marc en lieu et place de la rue du 19-Mars-1962 (date des accords d'Évian, qui mirent fin à la guerre d'Algérie), etc.
Son succès aux élections départementales du mois dernier l'a conforté dans ses choix. Petit et nerveux, il cogne à bras raccourcis sur ceux qu'il défendait hier et qu'il regroupe désormais sous le vocable de "landerneau médiatico-bobo parisien". Bref, les apôtres de la "bien-pensance" généralisée.
Le Robert Ménard d'aujourd'hui est-il le même que celui d'hier ? Personnage complexe, l'intéressé jure que oui, et sans doute faut-il lui accorder ce crédit. Reste à tenter de saisir ce qui expliquerait, chez lui, ce compagnonnage idéologique "à 80 %" avec le parti de Jean-Marie et Marine Le Pen. Pour ce faire, il faut sans doute chercher du côté d'Oran, où il est né en 1953. Quitter l'Algérie en 1962 a été pour la famille Ménard un traumatisme. Aujourd'hui encore, englué dans ce "temps béni des colonies", il paie sa dette à son père. Et rêve d'une France qui n'existe plus - si tant est qu'elle ait jamais existé.
Jeune afrique : Pour les élections départementales, vous avez conclu des accords avec le Front national...
Robert Ménard : Comme pour les municipales. Je ne suis membre ni du FN ni du Rassemblement bleu Marine, mais j'ai avec eux 80 % d'idées en commun.
Et les 20 % restants ?
Sur les questions de société, je suis largement d'accord avec le FN. En revanche, le regard qu'il porte sur l'Europe me paraît excessif. Les gens attachent trop peu d'importance au fait qu'on ne se fasse plus la guerre sur ce continent, ce qui ne veut pas dire qu'il ne faille pas renégocier les traités. Autre désaccord, ma vision économique est infiniment plus libérale que celle de Marine Le Pen.
Manuel Valls soutient que "le Front national n'aime pas la France"...
Quand il a prononcé cette phrase, c'était au sujet de la rue de Béziers que nous avons rebaptisée Hélie-de-Saint-Marc. Vous savez qui il est, c'est un héros. Je ne crois pas que le Premier ministre soit bien placé pour donner des leçons de patriotisme. Il parle de quelque chose qu'il ne connaît pas : la guerre d'Algérie. J'ai le plus grand respect pour son parcours, mais je voudrais quand même lui rappeler que quand un pays, la France, vous offre de devenir Premier ministre alors que vous n'y êtes pas né - et je suis ravi que ce soit arrivé ! -, on essaie de faire un petit peu attention avec son histoire.
Mais vous n'avez pas connu la guerre non plus !
Pardon, mais je suis parti d'Algérie à 9 ans. Je me souviens d'être sorti un jour de mon école, à Oran, en enjambant des cadavres. C'est une expérience qui vous marque pour quelques années, croyez-moi ! Mon enfance a été bercée par le souvenir de l'Algérie : les plages, la chaleur, les tortues qui nous volaient nos sandwiches en plein pique-nique, le chameau dans le jardin de mes parents... Mais aussi de mon oncle débarquant à la maison les armes à la main. Je ne suis pas sûr qu'on sorte jamais vraiment de son enfance. Pour moi, débaptiser la rue du 19-Mars-1962, c'était payer une dette à l'égard des communautés pied-noir et harkie, à l'égard de ma famille et de mon père.
Ces accords de paix sont quand même un symbole...
Les accords d'Évian ne sont pas des accords de paix, c'est une capitulation de la France. Dire que le 19 mars 1962 était un cessez-le-feu, c'est du révisionnisme. D'ailleurs, les plus importants massacres de Français d'Algérie et de harkis ont eu lieu après ! De manière générale, je préfère commémorer Austerlitz que Waterloo. Je ne suis pas dans la repentance.
Êtes-vous nostalgique de l'Algérie française ?
Non, cela n'aurait aucun sens, on ne revient pas sur l'Histoire. Mais, oui, j'ai la nostalgie de mon enfance. Notre départ a été un terrible traumatisme. En général, quand vous êtes enfant dans une famille catholique, on vous explique que le paradis est devant vous. Dans ma famille, il était derrière.
Il semble que vous amorciez un retour à la religion...
C'est ma femme qui m'a ramené à la foi. Je sauverai peut-être mon âme grâce à elle, je la bénis.
L'immigration est-elle le principal problème de la France ?
Oui. Je n'aurai jamais un mot désagréable pour quelqu'un qui fait tout pour venir en France, même de façon illégale, parce qu'il veut être plus heureux, qu'il veut pouvoir offrir un avenir meilleur à ses enfants. C'est la politique d'immigration qui pose un problème. Ouvrir la France, comme on l'a fait depuis 1974 avec le regroupement familial, à une population immigrée nombreuse est une folie.
L'immigration a été considérablement réduite ces dernières années...
Il n'y a que vous qui trouviez qu'elle se réduit ! Deux cent mille personnes en plus chaque année, dont l'immense majorité vient d'une autre civilisation que la nôtre, je vois les problèmes que cela crée dans ma ville. Demain, ce pays ne pourra plus se reconnaître dans une glace. Moi, je tiens à l'histoire, au mode de vie, au charme, aux paysages, à la convivialité, à la nourriture, aux vins et à la littérature de ce pays. Ce qui me sidère, c'est que des gens qui sont français depuis deux ou trois générations continuent à ne pas se sentir comme tels. Ils n'aiment pas ce pays.
Que pensez-vous des interventions françaises en Afrique ?
On a eu un chef d'État tellement va-t-en-guerre que, quand a commencé la guerre civile en Syrie, il était prêt à y aller lui-même. Il n'avait qu'à retourner en Afghanistan, tant qu'il y était ! Moi, je peux lui fournir une de liste de pays non démocratiques où l'on pourrait faire la guerre. En Centrafrique, croyez-vous vraiment qu'on va réconcilier les uns et les autres, vous y croyez cinq minutes ?
Avez-vous gardé des contacts avec l'Afrique ?
Oui, bien sûr. Quand Blaise Compaoré a quitté la scène, j'ai reçu plein de messages de mes amis burkinabè me disant : "Tu dois être tellement content !" Il faut dire que la dernière fois que j'ai quitté ce pays ils s'y sont mis à quatre pour me jeter dans un avion dont je ne savais même pas où il allait !
Après votre long combat pour la liberté de la presse, les Africains ne sont-ils pas surpris de votre proximité avec le FN ?
Je ne suis pas certain que ce que vous dites ne s'applique pas davantage à l'intelligentsia qu'aux Africains en général. Je suis sidéré par le nombre de fois où des Africains ont soutenu devant moi que dire "la France aux Français" c'était comme dire "l'Afrique aux Africains".
Le Robert Ménard d'aujourd'hui est-il le même que celui de RSF ?
Exactement le même, avec les mêmes révoltes contre le monde tel qu'il est. Simplement, je dis aujourd'hui tout haut ce qu'hier je pensais tout bas. Quand la gauche explique que les étudiants africains qui ont fait leurs études en France doivent pouvoir y rester, c'est un scandale. Si je m'y oppose, c'est parce que j'aime l'Afrique. Les médecins béninois qui ont commencé leurs études au Bénin et les ont achevées en France, je te les renvoie dans leur pays à coups de pied au cul. L'immigration choisie qu'on nous vante, c'est piller les cerveaux africains ! L'aide à l'Afrique est stupide. Elle ne sert à rien, est constamment détournée et fait le malheur de ses bénéficiaires supposés. Tout le monde le sait, mais le poids de la bien-pensance est tel que personne n'ose le dire.
Comment avez-vous réagi au massacre de Charlie Hebdo ?
Douloureusement. Face à cela, il n'y a plus de divisions politiques. Dieu sait pourtant que Charlie est odieux avec moi, mais j'ai toujours pensé que défendre la liberté de la presse c'était défendre la liberté de gens qui pensent de manière radicalement différente. Le problème, c'est que les Français sont tout sauf voltairiens, ils défendent la liberté de leurs copains.
Quelles limites reconnaissez-vous à la liberté d'expression ?
Seulement deux : les appels explicites à la violence et les attaques ad hominem. Cette position m'a conduit à défendre des gens dont je pensais le plus grand mal, en Afrique notamment. Une partie de la presse africaine est composée de torchons, mais est-ce une raison pour mettre en taule ses journalistes ? Non, donc je les défendais. Mais j'ai aussi défendu des gens remarquables comme le Camerounais Pius Njawé, paix à son âme.
Que pensez-vous de Dieudonné ?
Je conteste tout ce qu'il dit, mais je suis contre le fait qu'on le condamne. Je ne suis pas révisionniste, mais je suis contre les lois sur le révisionnisme parce qu'elles font une publicité incroyable à ceux qu'elles permettent de condamner. Pour en revenir à l'extrême droite, qui vous intéresse, j'ajoute que l'antisémitisme en France est d'abord aujourd'hui le fait des banlieues. L'antisémitisme d'extrême droite existe, bien sûr, mais il est résiduel. La communauté juive est d'ailleurs en train de s'en apercevoir. 

Source: Jeune Afrique, 

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mercredi 14 janvier 2015

INTERPELLATION DE YAYI BONI POUR LA LIBERTÉ DE PRESSE SUR L'ORTB: LA RÉVOLUTION PARTIRA-T-ELLE DE LA PRESSE DU SERVICE PUBLIC?

C'est avec beaucoup d'humilité et de respect que Osias Sounouvou, journaliste et présentateur du 20 heures sur l'ortb a interpellé le président de la République sur la liberté de presse et particulièrement la liberté des journalistes du service public béninois à exercer leur métier en toute indépendance.
"...Etre heureux et fier du sens de l'engagement de Boni Yayi, devenu Charlie pour la liberté de presse en France et à l'international. Comme on aurait aussi aimé que pour aller jusqu'au bout de cet engagement,  que le chef de l'Etat devienne Charlie Ortb. Charlie-Ortb pour la liberté de presse sur le service public de l'audiovisuel au Bénin. Liberté de presse qui rime avec ouverture des antennes de la télévision nationale aux vrais débats contradictoires sur les grandes questions politiques et autres qui engagent le présent et l'avenir de la nation. Monsieur le président de la République, sauvez la liberté des journalistes à l'Ortb, précieux héritage de la conférence nationale, entre autres, et entrer dans l'histoire! Pardon pour cette impertinence, n'est-ce pas là aussi l'esprit Charlie! Clause de conscience et devoir Républicain oblige! Monsieur le président de la République, vous êtes notre recours, rendu obligé ce soir après trois pétitions infructueuses des journalistes de l'Ortb, pour le retour de la liberté de presse sur le service public. Nous voulons juste faire notre métier et prendre notre part à la construction de la République.
Vive le service public de l'information sur la chaîne publique".
Et voilà le groupe de phrases qui a fait de ce jeune journaliste l'idole de tout un peuple. Ce fut une émeute sur le net et sur les réseaux sociaux en particulier dès la fin dudit journal, où le désormais téméraire et brave journaliste a osé briser les liens qui tenaient les journalistes de la chaîne nationale dans l'enfermement et l'enfer de porter la bonne et vraie information made in Yayi.
La réaction du pouvoir se fait toujours attendre. Quant à la direction de la chaîne mère comme on l'appelle ici, les bourreaux multiplient réunion sur réunion. Du directeur général au plus petit des chefs, tous courent, s'agitent et cherchent dans leurs méninges quelles sanctions inhumaines infligées à leur ex-otage qui a osé leur brûlé la politesse.
Mais de l'autre côté, le peuple est debout et suit d'un œil attentif tout ce qui arriverait.Les réactions sont unanimes de la classe politique à la société civile. Trop c'est trop, libérer enfin l'audiovisuel du service public de ses chaînes.
Depuis l'avènement en 2006 de l'actuel président au pouvoir, la chaîne de télévision du service public est entré progressivement dans un monologue pour finir par ne plus exister, sauf pour le président de la République, les membres de son gouvernement et certains partisans. Nombreux sont les béninois qui n'osent plus capter cette chaîne qui est pourtant du service public. Tous les partis de l'opposition et la société civile y sont exclus au motif qu'ils pourraient tenir des propos outrageux à l'encontre du chef de l'Etat. Sur la télévision nationale, on y passe que pour louanger Yayi Boni. Quiconque a une idée contraire est interdit de parole et d'accès. Et la Haac, organe chargé de réguler les média et la presse est muette.
C'est trop facile d'aller jouer les défenseurs de la liberté de presse à Paris. L'essentiel, c'est d'oser dire ou montrer en public comment l'on traite la presse de son pays.
Tous ceux qui se réclament aujourd'hui Charlie, ne savent pas de quoi ils parlent!
  
 

mercredi 15 octobre 2014

SITUATION POLITIQUE TENDUE AU BENIN: YAYI BONI ET LES INSTITUTIONS DE LA RÉPUBLIQUE PRENNENT EN OTAGE LE PEUPLE ET LA DÉMOCRATIE BENINOISE

Le Bénin vit en ces moments une des situations les plus préoccupantes de son histoire. Et tout est parti de la décision du parlement de prolonger sine die le mandat des maires des communes du Bénin. Depuis, l'illégalité s'est érigée en norme de gestion de nos communes. Prenant appui sur le report sine die des élections communales, municipales et locales, certains élus ont commencé à envisager le même schéma pour les législatives  de 2015 et la présidentielle de mars 2016. Au titre de ces acteurs politiques qui envisagent fortement la prolongation des différents mandats encore encours, on peut citer le président de la République lui-même dont les propos et agissements n'offrent aucun gage de son départ du pouvoir en 2016. A côté, il faut citer une classe politique de l'opposition définitivement irresponsable, opportuniste, ne voulant géré ce pays que par procuration et sans projet ni ambition pour ce peuple. 
Tous ces éléments réunis nous ont conduit dans l'impasse actuelle avec une cours constitutionnelle aux ordres du président de la République. Et comme si cela ne suffisait pas, une institution dite, la conférence des présidents des institutions de la République a vu le jour pour mieux nous embrouiller et complètement nous égarer. Elle n'existe nulle part dans l'arsenal juridique ni réglementaire du Bénin. Et pourtant, c'est au nom d'une telle institution fantoche que monsieur Ousmane Batoko, président de la cours suprême est venu nous soûler à la télévision au motif qu'aucune élection ne pourra avoir lieu en 2014.  
Mais avant, la cours constitutionnelle avant, dans une décision, décrété que les élections ne sauraient avoir lieu en République du Bénin sans la LEPI, liste électorale permanente informatisée. 
Or le pouvoir pense que les élections nous coûtent trop chères au Bénin et que les trésors publics ne sont plus en mesure de faire face à  de telles charges; du coup, l’exécutif n’approvisionne plus comme cela se doit le CORS-LEPI en ressource financière aux fins de permettre à celui-ci de conduire à temps et à bon terme le processus de la correction de la LEPI.
Conséquence, les béninois sont inquiets pour la non-tenue des élections communales, locales et municipales de même que tous se demandent si Yayi fera organiser un jour toutes les élections et s'il finira bien par céder son fauteuil à un autre élu.
A dire vrai, les béninois sont responsables dans leur immense majorité de ce qui arrive aujourd'hui. Nombreux étaient-ils en 2006 à  se livrer pieds et mains liés à un homme qu'ils ne connaissaient pas du tout,  et dont ils venaient de découvrir les talents d'orateur à l'occasion de la présidentielle. Il est vrai que la classe politique d'alors était pourrie; pourrie et décevante à tout point de vue. Mais nous aurions mieux fait de chercher à mieux connaitre monsieur Yayi Boni avant de remettre les destinées du pays dans ses mains. Aujourd'hui, c'est un pays en ruine que l'homme va nous laisser quand il va se décider à partir ou quand il en sera contraint. Les béninois sont divisés entre le nord et le sud.  
Et s'il y en a parmi nous qui commencent à prendre conscience du danger que représente la gestion du pouvoir de Yayi pour notre pays dans tous les secteurs, nombreux sont ceux qui arpentent encore les rues, battant le macadam, arborant tee-shirt et pagne à l’effigie du roi Yayi, vociférant tous slogans à son honneur et à sa gloire. Nombreux sont ces jeunes et ces femmes manipulés, exhibés à la télévision comme étant les soutiens du président pour d'aucun et comme les fous du roi pour d'autres. Les béninois vivent aujourd'hui ce dont les peuples togolais et gabonais ont été victime des décennies durant: le culte de la personnalité du chef; le culte du père de la nation; le bienfaiteur de toute la nation; le père sauveur; le papa bonheur. Celui sans qui le malheur se serait abattu sur le Bénin entier....Et Yayi Boni adore voir les béninois se clochardiser pour lui; il aimer être montrer comme le seul qui a tout fait et tout penser. Il adore être père de tous les succès. Il travaille à incruster dans chaque méninge son image de développeur... Or, c'est un ridicule et dangereux dictateur, un incompétent sans nl autre pareil; un homme sans tenu ni retenu. C'est un véritable apprenti politicien qui n'a pas le souci du devenir des autres que le pouvoir d'état met à sa charge. 
Le réveil tardif et la division toujours ambiante des partis politiques sont pour Yayi un terreau approprié pour opposer ce peuple à lui même. Rosine Soglo, doyenne d'âge à l'assemblée nationale nous avertissait il y a quelques années encore de cela: "Yayi Boni a dit dans mon domicile, et en présence de mon mari Nicéphore Soglo, de nos enfants Galiou et Lihady et de monsieur Irénée Koukpaki qu'il mettrait tout le pays à feu et à sang...."
S'en souviendront ceux qui pourront.
Tant que notre vie importera pour nous plus que la nation, la dictature a encore de beaux jours devant elle. Levons-nous ici et maintenant pour ceux que le veulent encore. Mais pour les autres, ne crayons rien pour les enterrer après la victoire finale.

        

mardi 23 septembre 2014

BLOCAGE DES ELECTIONS AU BÉNIN: YAYI CONFIRME LES DÉCLARATIONS DEHOUNGBEDJI









Blocage des élections au Bénin :Yayi confirme les déclarations de Houngbédji

Hier à la télévision nationale, Yayi Boni a fait une déclaration dangereuse pour la démocratie béninoise et pour son crédit personnel. Il a injurié publiquement l’intelligence des Béninois, tout entier. Sa déclaration d’hier, depuis Boko, est une insulte à la communauté internationale qui investit dans son pays et à la mémoire de ceux qui ont participé à la conférence nationale de 1990 et qui ne sont plus de ce monde. C’est plus que clair que Houngbédji a eu raison de faire les déclarations du dimanche passé.

« Je suis triste. Les élections coûtent chères au Bénin. 100 milliards pour les élections depuis 2006. La Cena demande 22 milliards ; Le Cos Lepi 8 milliards. Nous devons nous asseoir et parler. Chacun est libre de dire ce qu’il veut. Il ne sert à rien de menacer ou d’aller dire que Boni Yayi est ceci ou cela. Partout, on nous demande pourquoi on n’organise pas les élections et, j’ai honte. C’est pas la démocratie dont le peuple Béninois a rêvé ». Comment le Chef de l’Etat peut-il oser se plaindre de ce que les élections coûtent chères pour le pays et qu’il faudra s’asseoir pour réfléchir ? En dehors de ceux cités plus haut, le chef de l’Etat a aussi argué la qualité des membres de la Céna et du Cos-Lépi. D’abord, il a dit qu’il faut une vingtaine de milliards de Fcfa pour que corriger la lépi et organiser les élections et que l’état actuel de la trésorerie nationale ne le permettrait pas. Ensuite, il a proposé une assise pour voir si la Céna et le Cos-Lépi ne sont pas en train de faire des doublons dans leurs dépenses. Dire que les moyens pour organiser les élections seraient difficiles à mobiliser est une erreur grave. Ce n’est pas hier que le président de la République et son gouvernement ont su qu’il doit avoir élection en 2014, au plus tard. Et dans le budget de l’Etat, des prévisions devraient être faites. Pour ce qui est du Cos-lépi, les activités étaient bel et bien en cours avant l’élaboration du budget général de l’Etat, exercice 2014. Le Cos-Lépi avait déjà exprimé ses besoins et cela devrait avoir été intégré au budget. Dire aussi qu’il faut s’asseoir pour voir si n’y a pas de doublons au niveau de Cos-Lépi et la Céna est une méconnaissance de la qualité de ceux qui sont responsables de ces institutions. Les deux structures connaissent leur rôle et savent ce qu’elles ont à faire. La Céna a quel intérêt à proposer les mêmes tâches que le Cos-Lépi ? C’est qui le président de la Céna et, c’est qui le président du Cos-lépi ? Ils sont tous deux des partisans du régime actuel et n’ont aucun intérêt à gruger le gouvernement de leur leader. Mieux, ces institutions comportent des cadres. Au ministère des finances, il y a également des cadres qualifiés pour faire ce travail avant que les budgets de ces structures ne soient adoptés. 
Et quand Yayi Boni estime qu’il faut s’asseoir, il confirme sa volonté de bloquer le processus électoral de cette année. Sinon, ce n’est pas à trois mois de la fin de l’année qu’il va évoquer une pareille assise. Il était où ? Depuis le début de l’année, aucune dépense imprévue ne lui a été imposée, ni par le peuple, ni par les travailleurs en particulier. Ce qui est remboursé aux syndicalistes est une dette, supposée budgétisée. Les travaux de correction de la Lépi et ceux de l’organisation des élections devraient être aussi programmés. Son étonnement d’hier soir confirme « l’indiscipline budgétaire » dont avait parlé Rachidi Gbadamassi, il ya quelques années à l’Assemblée nationale. 
Ces propos ne sont pas les bienvenus et discréditent le Bénin auprès de la communauté internationale. Les partenaires techniques et financiers vont s’étonner des raisonnements aussi bancals d’un chef d’Etat. Yayi Boni a confirmé son fonctionnement à l’improviste.
Félicien Fangnon
source: le quotidien "Le matinal" du 23 septembre 2014

mercredi 27 août 2014

:LECTURE CROISÉE DU REMANIEMENT MINISTÉRIEL ET DE LA DÉCISION DCC14-156: YAYI BONI FONCE VERS UN TROISIÈME MANDAT












Suivant une analyse de la décision Dcc 14-156 du 19 août 2014, la Cour constitutionnelle, non seulement, fait le « yoyo », mais aussi, elle veut endormir les Béninois. En croisant cette analyse avec la lecture du remaniement ministériel, on s’aperçoit que le chef de l’Etat, n’a pas renoncé aux velléités de s’offrir un troisième mandat présidentiel.

En expédiant sept de ses anciens collaborateurs et en les faisant remplacer par autant de nouveaux, Yayi Boni n’a rien fait d’extraordinaire. A l’analyse, on se rend compte que les nouveaux ministres ne sont pas de leaders politiques. Au demeurant, ce sont des inconnus au bataillon. Ce qui pourrait laisser croire qu’il s’agit d’un gouvernement de technocrates. Erreur. Ce troisième gouvernement du dernier mandat constitutionnel de Yayi, n’en est pas un. Il est plutôt un colmatage de personnages ayant pour mission, d’attiser le feu pour un troisième mandat qui devrait ouvrir le boulevard d’une vie présidentielle éternelle. Même la sortie du gouvernement de celle qui a lancé la boutade, de la manière la plus vilaine, s’inscrit dans un plan stratégique. C’est un secret de Polichinelle qu’elle sera récompensée autrement, comme sait bien le faire le prince de Tchaourou. Fatouma Amadou Djibril, en répondant à
l’instruction de la Cour constitutionnelle, suite à la saisine de deux citoyens pour déclarer ses propos, contraire à la loi fondamentale, est restée évasive.
Banalisation
Fatouma A. Djibril répondait à la Cour en ces termes : « j’ai expliqué de long en large comment le gouvernement a réussi à redonner la confiance aux producteurs du coton, aux égreneurs et aux transporteurs. (…) nous nous sommes focalisés sur les objectifs atteints, de part et d’autre, et sur ce que nous pensons faire de notre filière coton. » Dans une instruction, ces extraits d’un long paragraphe n’ont rien à avoir avec les réponses à apporter à la Cour. Après cette digression, qui assurément a distrait les membres de la Haute juridiction, elle en vient au réel sujet. Et voici ce que Fatouma Amadou écrit : « C’est à la fin de l’émission, que les journalistes, entre autres, ont demandé si le président allait faire un troisième mandat. C’est en donnant l’exemple du président Franklin Délano Roosevelt que j’ai dit, pourquoi pas un troisième mandat si le peuple le demande, bien sûr sans grande conviction. (…)
Mes propos sont mal compris. Je n’ai jamais voulu dire que le président devrait faire un troisième mandat en violation de notre Loi fondamentale ». C’est une insinuation qui dénote d’un manque d’égard vis-à-vis de la Cour. En réalité, celle qui a été condamnée par la Cour de Holo, ne regrette point ses propos, quand elle se réfère à une prétendue jurisprudence de la Haute juridiction, pour lui demander de déclarer irrecevable la requête de Jean-Claude Dossa, l’un de ceux qui ont formulé la plainte. Cela témoigne qu’elle a la couverture du patron de la Marina. Et puisque le ballon d’essai n’a pas donné le résultat escompté, Yayi et Holo ont cru devoir endormir le peuple en infligeant à Fatouma, chacun à son niveau, la sanction qui était de son ressort.
Un gouvernement de campagne
Suivez bien ce qui va se passer. D’office, les sept nouveaux ministres ont l’obligation, chacun en ce qui le concerne, d’aller dans sa région pour organiser des séances de prières, de marche de soutien au chef de l’Etat. Les quatre ministres qui ont changé de portefeuille iront dans leurs villages pour rendre grâce à Dieu et à Yayi pour leur avoir renouvelé la confiance. Parmi ceux qui sont restés au poste, plusieurs savent déjà bien jouer aux marionnettes. Constatez que le remaniement n’a pas concerné les départements de l’Atacora et de la Donga. Si le ministre des sports, Affo Safiou est moins virulent que Naomie Azaria, Eric Kouagou N’Da, Kassa Barthélémy et Alassane Soumanou dit Djimba Gatéri, sont des professionnels dans le marketing politique. Ils saisissent toutes les occasions pour se rendre chez eux. Raconter des anecdotes pour haranguer la foule, ils sont allés à cet enseignement. Souvenez-vous des propos du
griot, fils de Bouboule : « Quand le chef de l’Etat dit à gauche, tout le monde à gauche. Quand il dit à droite, tout le monde à droite... » Et son frère de Boukombé d’ajouter, « le moment venu, on vous dira là où il faut aller ». Les acteurs de la propagande au profit du chef de l’Etat sont en place.
Cadrillage du Nord-Est
Dans les départements du Borgou et de l’Alibori, la toute première option est de freiner les élans du général Robert Gbian, dont la candidature pour la présidentielle de 2016, est pratiquement formulée. Les lieutenants de l’intendant militaire à la retraite sont partout. On les rencontre à la fête Nonvitcha des Xwla et des Xwéda du département du Mono. Robert Gbian à l’estime de Rois béninois. Originaire de la commune de Bembèrèkè, Yayi n’a trouvé mieux que de vouloir l’affaiblir, non seulement en sortant son frère de l’Exécutif, mais aussi en nommant un fils de Roi de Bembèrèkè pour le contrecarrer. A Théophile Yarou, il ajoute un autre prince originaire de Banikoara, Rufin Nansounon. Une stratégie pour bénéficier du soutien des têtes couronnées, espère Yayi.
Le moyen-Bénin
Dans les Collines, il a fait de Komi Koutché, un ministre puissant, capable à lui seul de mener la propagande dans ce département territorial. Alors un point partiel, fait remarquer que le territoire national à plus de 80% de Dassa à Malanville et à Porga, sera sous la pression des sbires de Yayi pour des messes, kermesses, remerciements, marches de soutien….Et, pendant que nous y sommes, cela a commencé à Cobly avec Kassa Barthélémy et Eric N’Da pour un meeting de gratitude au chef de l’Etat. Dans la région méridionale, le scénario est le même. Les nouveaux ministres, s’ils veulent mériter leurs postes, doivent s’inscrire dans la logique. Et ainsi, c’est tout le pays qui sera pendant au moins six mois, sous la pression de la campagne en faveur de Yayi Boni. C’est là, le fondement du dernier remaniement ministériel. Mais, le peuple, seul détenteur de la souveraineté nationale, veille au grain pour ne pas compromettre le
label de la démocratie béninoise.
Jean-Claude Kouagou
source: quotidien "Le matinal" du 27 août 2014

mardi 19 août 2014

ABSENCE AU MEETING DES FCBE A AVRANKOU: ENTRE YAYI ET AHOLOU KEKE, DÉJÀ LE DIVORCE?

Absence au meeting des Fcbe à Avrankou
Entre Yayi et Aholou Kèkè : déjà le divorce ?
 Au meeting politique favorable au président de la République tenu ce samedi 16 août 2014  à Avrankou, l'absence de plusieurs cadres du regroupement politique Fcbe fut notable. Le cas du député, tête de liste Fcbe des dernières législatives, Hélène Aholou Kèkè fut très remarquable. Cette dernière ayant été l'un des artisans de l'échec que connait actuellement la proposition de loi sur le retrait du droit de grève aux magistrats, les observateurs se demandent si le  divorce (politique) est déjà consommé ?
Qu'est-ce qui peut bien expliquer l'absence du député Hélène Aholou Kèkè au meeting politique du samedi 16 août 2014 à Avrankou ? C'est la question que l'on se pose au regard de la ville choisie pour accueillir cette rencontre, une des villes de la 20ème circonscription, dont est issue Me Aholou Kèkè. En effet, lors de ce  meeting politique qui est une initiative des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) visant à reconnaître publiquement les nombreuses réalisations du gouvernement en faveur de la commune, plusieurs personnalités de la localité ont brillé par leur absence. Parmi ces personnalités, il faut citer entre autres les noms du chef d'Etat major, le contre-amiral Denis Gbèssèminhlan, de Hélène Aholou Kèkè. Cette dernière retient l'attention car ayant toujours  participé à de nombreux meetings organisés dans cette circonscription électorale. Membre de cette sixième législature de l'Assemblée nationale, Hélène Aholou Kèkè est également présidente de la Commission des lois au sein de l'institution parlementaire.

Bouderie ou  divorce ?
Ardent défenseur des réalisations sous le régime du changement, ses précédentes sorties dans la circonscription l'y obligeaient. Ces dernières semaines, la proposition de loi portant retrait du droit de grève aux magistrats du Bénin a fait parler d'elle. Ses multiples réactions affichées au sujet de cette loi fait d'elle, l'une des personnalités du Parlement béninois à se liguer contre certaines initiatives du gouvernement dont elle soutient les actions. Entre autres initiatives, il faut citer celle visant le maintien du président de la République au pouvoir au-delà de ses prérogatives constitutionnelles. Selon elle, il ne saurait avoir un quelconque vote parce que le premier rapport a été mal libellé. Mieux, selon elle, il n'y a pas un texte de loi autorisant le vote. Le règlement intérieur du Parlement indique que tout texte de loi avant d'être adopté, doit requérir l'avis de la commission. " La Constitution en son article 31, a déjà consacré le droit de grève et aucune loi ne peut le retirer. Toutefois, le même article permet de consacrer l'exercice du droit de grève qui permet d'encadrer la grève ", a laissé entendre le député Fcbe. Le soutien aux magistrats a d'abord été ferme en commission :  à l'issue des débats du 10 juillet dernier, la majorité des députés présents (7 sur 9) a opté pour le maintien du droit de grève des magistrats en votant contre le texte proposé même en l'absence du député de la 20ème circonscription, et deux députés ont voté pour. Lors des débats en plénière au parlement, ce soutien a été encore réaffirmé. Les députés signataires de cette proposition de loi entendent poursuivre le combat devant les juridictions compétentes. Ce combat pour le droit des magistrats a permis de connaitre le nouveau visage que présente l'Assemblée nationale si on s'en tient aux chiffres puisque la mouvance parlementaire n'a plus la majorité. De 45 au départ, ils seraient aujourd'hui moins de 30 à tenir encore rigueur au vote de cette loi. 
  
La mouvance à l'épreuve !
Avec la nouvelle dynamique que présente le parlement béninois, le chef de l'Etat ne peut que prendre d'autres mesures pour mettre de l'ordre dans sa troupe. Et la course pour les prochaines élections législatives est déjà lancée, seuls ceux qui présentent une assurance de soutenir les actions du chef de l'Etat seront promus. Cela revient à dire que ceux qui ont, d'une manière ou d'une autre favorisé l'échec des initiatives du gouvernement voleront de leur propres ailes lors des législatives. L'absence du député Aholou Kèkè au meeting pourrait indiquer que le profond malaise qui sévit au sein des Fcbe depuis peu s'accentue.

Gathum Gbaguidi

Source: le quotidien "Adjinakou" du lundi 18 août 2014

mardi 5 août 2014

SOUTIEN POUR UN 3 EME MANDAT A YAYI: KARIM DA SILVA VEUT ENFLAMMER LE BENIN.


: Soutien pour un 3ème mandat à Yayi:Karim da Silva veut enflammer le Bénin

A travers une rencontre avec les hommes des médias, ce dimanche 3 août 2014, à son domicile, le président du Conseil des sages et notables de la ville de Porto-Novo, Karim Urbain da Silva, apporte son soutien à un troisième mandat pour Yayi Boni. Une position qui contraste très sérieusement avec les principes démocratiques et qui risque d’embraser le pays en raison de sa sensibilité.

Coutumier des faits indécents et incendiaires, Karim da Silva, vient de lancer une bombe. Il souhaite un troisième mandat pour le président Yayi Boni. On se rappelle encore de sa détermination à donner un troisième mandat au président Mathieu Kérékou. Actuellement, ce vieux s’active à aider Yayi Boni pour la concrétisation de son rêve présidentiel. « Le Président Yayi Boni est un homme aimé de son peuple. Il est d’une culture ancestrale pleine d’humilité, de réserve et de considération. », encense Karim da Silva. Une manière de berner le peuple béninois. Mais en réalité, le vilain plan est là et par mégarde, da Silva vient de le divulguer. Pour lui, « si au terme d’un référendum, le peuple décide de lui permettre de briguer un autre mandat, qui saura être plus souverain que le peuple ? Il y a les structures, ce sont les lois, la superstructure, c’est le peuple que nous sommes. Et, que la loi l’ait prévu ou non, citons ici en exemple le cas du chancelier allemand, madame Angela Merkel, qui est entrain d’accomplir son troisième mandat et pourrait même loucher vers le 4ème, et celui de l’ex-premier ministre luxembourgeois Junker qui est resté en fonction, pendant des lustres ». Face à ces propos d’une gravité inouïe de Karim da Silva, on se demande si c’est pour ce faire, que des députés, compte tenu de la force attribuée aux magistrats dans l’organisation des prochaines élections, ont décidé de les affaiblir à travers une proposition de loi visant à leur supprimer le droit de grève. Est-ce vraiment sage que de vouloir mettre en péril la démocratie béninoise chèrement acquise par cette volonté anti démocratique exprimée par Karim da Silva ? En Afrique, le vieillard est une révérence et sa parole est pleine de vertu surtout pour la postérité. Le sage, on le sait, c’est celui dont les actes sont en conformité avec les normes de l’idéal. Mais chez da Silva, ce n’est pas le cas. Au soir de sa vie et face aux derniers soubressauts d’un pouvoir qui chancelle, et vomi par le peuple exaspéré, Karim da Silva jette le masque. Désormais, il fait partie de ceux qui montent la tête à Yayi Boni à penser à un 3ème mandat. Le cas contraire étonnerait plus d’un. En tout cas, il a lâché le morceau et ne peut plus se dédire. A la limite, il insulte la maturité du peuple béninois qui a refusé d’avaler la couleuvre d’un troisième mandat à Mathieu Kérékou, il y a 8 ans passés.

Thobias Gnansounou Rufino
(Br Ouémé/Plateau)
Source: le quotidien "Le matinal" du 4 août 2014

mardi 22 juillet 2014

PROBABLE MAINTIEN DE YAYI AU POUVOIR EN 2016: LA MINISTRE DE L'AGRICULTURE CONFIRME LA MACHINATION DE YAYI ET DE SON ENTOURAGE

Tractations pour susciter un 3è mandat de Yayi : La ministre de l’agriculture confirme la machination (Elle a finalement vendu la mèche

Les langues se délient et la vérité commence à sortir de l’entourage du Chef de l’Etat qui souhaite que Boni Yayi fasse un autre mandat au-delà de 2016. La ministre chargée de l’agriculture, Mme Fatouma Amadou Djibril a confirmé la chose hier, dimanche 20 juillet 2014, sur le plateau de l’émission «Zone Franche» de la télévision Canal 3 Bénin.
Fatouma Amadou Djibril a finalement vendu la mèche. L’entourage du Chef de l’Etat veut d’un troisième mandat pour Boni Yayi. La ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche a confirmé toutes les suspicions que certains avaient déjà de la majorité présidentielle au sujet de 2016. Yayi ne veut pas partir. Hier, dimanche 20 juillet 2014, sur le plateau de «Zone Franche» de Canal3, les journalistes avaient voulu savoir l’appréciation qu’a la ministre de l’agriculture au sujet d’une de ses collègues qui œuvre actuellement au niveau des 2KP afin d’enclencher une marche pour susciter un 3è mandat de Boni Yayi. La ministre n’a pas démenti l’information que nous avions donnée en exclusivité à cet effet.  Mieux, Fatouma Amadou Djibril a, sans ambages, confirmé tout ce qui se tramait au sujet de 2016. «Si le peuple béninois décide que le Chef de l’Etat fasse un 3è mandat, pourquoi pas ? C’est le peuple qui décide. Ce n’est pas les politiciens», a répondu la ministre à la question des journalistes. A la ministre d’ajouter que si le peuple est conscient que le Chef de l’Etat doit continuer avec un 3è mandat, celui-ci doit respecter cette volonté. Au sujet de la Constitution du Bénin qui limite les mandats à deux et pas plus, l’invité de l’émission ajoute qu’on verra en son temps. En clair, l’entourage de Yayi veut bien allonger le séjour à la Marina pour son leader et des actions se menent dans ce sens.
 Contradiction coupable
 En évoquant les marches qui se prépareraient dans les 2KP, la ministre de l’agriculture, sans confirmer ni infirmer l’information, a tout simplement souligné que les cotonculteurs, contents de percevoir à temps leurs gains depuis un moment, ont toujours envie de manifester leur joie au Chef de l’Etat. Alors, c’est peut-être par les cotonculteurs et, au-delà, le monde rural représentant 70% de la population active du Bénin, comme l’a souligné la ministre, que les marches viendront pour demander un 3è mandat de Yayi. 70% de la population béninoise, c’est largement suffisant pour donner carte blanche à Yayi pour aller au-delà de 2016, estime sans doute Fatouma Amadou Djibril. Seulement, entre la première réponse au sujet d’un éventuel 3è mandat pour Yayi et ce que la ministre a développé après, il y a une grosse contradiction qui devrait amener à douter des promesses du chef de l’Etat devant  «les grands de ce monde» de partir en 2016. Car, à en croire les premiers propos de la ministre de l’agriculture hier, Yayi a promis et doit respecter sa parole maintes fois dite devant «de grandes personnalités» de ce monde. Ceux qui tentaient d’infirmer l’information sur la ministre qui démarchent des gens à Pehunco peuvent à présent se convaincre de la vérité de l’imposture.
 Roosevelt : Ce que Fatouma Amadou Djibril ne savait pas
La ministre de l’agriculture a voulu s’appuyer sur l’exemple du président Franklin Roosevelt pour « justifier » le droit d’accorder un mandat de plus à Boni Yayi. Mais elle a tout faux ! Effectivement, Franklin Roosevelt, grâce au peuple américain et de façon tout à fait exceptionnelle, a fait quatre (04) mandats présidentiels. Il a présidé les Etats-Unis de 1933 à 1937; de 1937 à 1941 et de 1941 à 1945. Il est décédé à l’entame du quatrième mandat (janvier à avril 1945). Seulement, Franklin Roosevelt ne doit pas ce « privilège exceptionnel » à une révision opportuniste de la Constitution américaine. En effet, le XXIIème amendement de la Constitution des États-Unis qui limite à deux le nombre de mandats du président des États-Unis n’a été adopté par le congrès qu’en 1947. Il s’agit donc de deux ans après la mort de Roosevelt. Cet amendement a été ratifié en 1951. Soit quatre ans plus tard. Ceci, la ministre Fatouma Amadou Djibril devait le savoir. On n’évoque pas ce qu’on ne connait pas. Surtout au sujet d’un sujet aussi sensible en ce moment. Yayi, ses ministres et leurs entourages, parlent souvent de la préservation de la paix. Mais cette paix ne doit pas être un vain mot ; elle doit être un comportement, comme l’avait si bien dit Feu Félix Houphouët-Boigny, ex président de la Côte d’Ivoire.  Les affirmations de la ministre sur Canal 3 hier, dimanche 20 juillet 2014, ne participent nullement à la préservation de la paix dans notre pays quand on sait que les légalistes sont farouchement contre ce passage en force qui se programme pour 2016. Quel intérêt de vouloir imposer un homme à tout un peuple ? En faisant cette annonce, la ministre veut-elle créer sciemment de l’insurrection au sein des populations ? Alors, les arguments seront bons pour parvenir à leur fin ! Qu’est-ce que Yayi n’aura pas fait en dix ans et qu’il doit bénéficier d’un autre mandat avant de faire ? Est-il le seul intelligent du pays ? C’est ni plus ni moins une insulte que constituent de pareilles déclarations de la part d’une ministre de la République. Aucun respect pour la Constitution du pays. Comme l’a dit l’autre, c’est une honte nationale. Des Béninois ont certainement déjà pris date. 2016, c’est déjà demain.
Grégoire Amangbégnon
Source: le quotidien "la presse du jour" édition du 21 juillet 2014 

jeudi 26 juin 2014

PARLEMENT BÉNINOIS: MANŒUVRES POUR SUPPRIMER LE DROIT DE GREVÉ AUX MAGISTRATS

Proposition de loi pour supprimer le droit de grève aux magistrats : Philippe Noudjènoumè parle d’ignominie.

Philippe Noudjènoumè, président de la Convention Patriotique des Forces de Gauche et Premier Secrétaire du Parti Communiste du Bénin s’est adressé aux députés au sujet de la proposition de loi visant la suppression de la grève aux magistrats. Pour lui, c’est une ignominie et le peuple béninois n’acceptera jamais cette descente aux enfers pour des intérêts inavoués.
Adresse  aux  députés à propos de la proposition de loi  portant interdiction du droit de grève aux magistrats.
Honorables Députés et chers compatriotes
Je viens de lire dans le quotidien « Fraternité  » en date de ce jour, 24 Juin 2014  » une proposition  de loi portant modification de l’article 18 de la loi n° 2001-35 du 21 février 2003 portant statut de la magistrature « .
Le nouvel article 18 proposé se formule ainsi qu’il suit :  » Les fonctions judiciaires sont incompatibles avec tout mandat électoral ou politique. Toute délibération politique est interdite au corps judiciaire. Les magistrats sont inéligibles aux assemblées politiques.
                        Les magistrats, même en position de détachement, n’ont pas le droit d’adhérer à un parti politique. Toute manifestation d’hostilité au principe ou à la forme du gouvernement de la République est interdite aux magistrats, de même que toute démonstration de nature politique incompatible avec la réserve que leur imposent leurs fonctions. Les magistrats ne peuvent se constituer en syndicat, ni exercer le droit de grève. Il leur est interdit d’entreprendre toute action concertée de nature à arrêter ou entraver le fonctionnement des juridictions ou d’y participer.
Tout manquement par un magistrat aux dispositions du présent article est sanctionné par la mise à la retraite d’office « .
Et cette proposition de loi porte la signature de quarante-cinq députés allant des Gbadamassi Rachidi, Débourou Djibril, Chabi Sika Karim, Laourou Grégoire, Saka Lafia, Houssou Christophe, Akofodji Grégoire, etc. tous FCBE aux Malèhossou Yacoubou, Agoua Edmond, Domingo Cyriaque, Gnigla Venance de l’UN et divers autres. Des députés qui sont des élus du peuple !
A la lecture d’une telle proposition, j’en ai éprouvé un profond sentiment d’indignation à mon double titre de citoyen-constitutionnaliste et de Président de l’Alliance politique  » Convention Patriotique des Forces de Gauche « .
Messieurs les Députés et chers compatriotes
Je voudrais ici attirer votre attention sur les éléments suivants:
1°-Le magistrat est un citoyen comme tout autre jouissant de toutes ses libertés constitutionnelles, notamment celles prévues par les articles 25 et 31 de la Constitution et dans aucune Constitution démocratique, l’on ne saurait assimiler le corps magistral à celui des militaires naturellement confondu avec l’Exécutif.
2°- L’article 125 de notre Constitution dispose :  » Le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir Législatif et du Pouvoir Exécutif. Il est exercé par la Cour suprême, les Cours et Tribunaux créés conformément à la présente Constitution ». Si en dépit de cette disposition formelle, les députés- pouvoir législatif- peuvent, par une loi modifier substantiellement les attributions -droits et devoirs- du pouvoir judiciaire, où serait alors l’indépendance de celui-ci ?  Que deviendrait  alors la séparation des pouvoirs ?  Des modifications du genre prévues par la présente proposition de loi ne relèvent pas d’une loi mais de la Constitution.
Messieurs les Députés et chers compatriotes,
La question essentielle qui est au centre du conflit actuel Exécutif-Magistrats est la sauvegarde ou non de l’indépendance de la Justice. Il s’agit de savoir quel est le sort que l’on réserve non seulement aux articles 25 et 31, mais également et surtout à cet article 125 de notre Constitution. Le Président de la République entend, en violation des textes réglementant la Corporation, nommer, comme bon lui semble, des Magistrats à ordre, des  » magistrats-patriotes  » à l’instar du groupuscule regroupé dans la fameuse AMAB pour dicter les décisions de justice. Et gommer ainsi l’indépendance de la justice et le principe constitutionnel de la séparation des pouvoirs. C’est l’enjeu actuel du conflit en cours qui s’exprime par les grèves en milieu judiciaire.
Le Président YAYI veut avoir la Justice en mains. Et il est prêt à piétiner les articles 25, 31 et même 125 garantissant les droits des citoyens et l’indépendance de la Justice. Tel est l’enjeu.
Au lieu de se lever comme de vrais représentants du Peuple, des députés prennent le devant de cette croisade anti-démocratique, se font les instruments d’un pouvoir autocratique en faillite pour assassiner  les droits si chèrement conquis.
                        Hier ce fut le cas des douaniers ; aujourd’hui ce sont les magistrats, demain ce sera les médecins et hommes de la santé ainsi que les enseignants de tous niveaux, après demain, tout fonctionnaire et agent civil de service public.
Je n’accepterai jamais cette ignominie. Notre peuple n’acceptera jamais cette descente aux enfers pour des intérêts inavoués.
C’est dire que, si des Députés en dépit du bon sens et des intérêts supérieurs de notre Peuple, en dépit même des dispositions de la Constitution en vigueur, poursuivent ainsi dans la voie de la liquidation programmée de notre démocratie, ils répondront nécessairement un jour de leur crime. Et ce sera justice.
Cotonou le 24 Juin 2014
Signature illisible
Philippe NOUDJENOUME
Président de la Convention Patriotique des
Forces de Gauche
Premier Secrétaire du Parti Communiste du Bénin


















PRESSION ET ACHARNEMENT CONTRE LES OPPOSANTS POLITIQUES ET LES SYNDICALISTES: JACQUES AYADJI "EN DANGER DE MORT"





Jacques Ayadji « en danger de mort » 

Le Secrétaire général adjoint du Syndicat national des travailleurs de l’administration des transports et des travaux publics (Syntra-Ttp) n’est plus en sécurité. Jacques Ayadji s’est dit persécuté. Il s’est confié au cours d’une conférence de presse tenue hier mercredi 25 juin à la Bourse du travail.

« Je suis en danger de mort. Mon engagement m’amène à un point difficile. Le pouvoir veut me couper la tête », a crié Jacques Ayadji hier face à la presse. A l’en croire, il est depuis peu l’objet d’une filature exécutée par deux véhicules aux vitres fumées ; des véhicules qui font souvent la ronde dans le quartier où il réside. « Je suis suivi… Je suis en train d’apprendre qu’ils veulent m’empoisonner et m’envoûter. Ils veulent m’empêcher de dénoncer les tares du régime en place », a-t-il alerté. L’ingénieur des Travaux publics a aussi déclaré être victime d’une persécution organisée par les hauts responsables du ministère des Transports et des travaux publics. Selon lui, le ministre des Transports Aké Natondé a cherché à retourner contre lui les autres membres du Syntra-Ttp. Ayant échoué dans toutes ses tentatives, le ministre a choisi d’affecter Jacques Ayadji dans une Direction se trouvant au cœur du quartier Zongo (Cotonou). « Ils cherchent à me nuire physiquement en m’envoyant dans une zone réputée non sécurisée. Mais je n’ai pas peur. J’ai accepté de servir l’Etat partout où besoin sera », a-t-il laissé entendre.
Opposition Natondé-Ayadji

A l’en croire, sa mésaventure de ces derniers mois a commencé suite au remaniement ministériel intervenu en août 2013 au cours duquel le Chef de l’Etat a remplacé le ministre des Transports d’alors, Lambert Koty par M. Aké Natondé. « Avec le soutien des travailleurs du ministère des Transports, j’ai décerné un tableau d’honneur au ministre Koty lors de la cérémonie de passation de service. Je ne savais pas que je commettais le crime de lèse-majesté. Depuis ce moment, je n’ai plus de paix », a-t-il expliqué. « En octobre 2013, j’ai envoyé au Parlement une lettre pour dénoncer le scandale de la voie Akassato-Bohicon. Initialement estimé à 52 milliards F Cfa, désormais c’est à 107 milliards F Cfa qu’on veut reconstruire cet axe routier. Nous avions demandé aux députés de ne pas ratifier l’accord devant permettre de financer ce projet car c’est un scandale. Mais le ministre Aké a entrepris à l’époque de négocier avec le Secrétaire général du Syntra-Ttp pour l’amener à se désolidariser de la lettre envoyée par le Syndicat. Mais il a résisté », a informé Jacques Ayadji. Et de poursuivre : « En tentant de retourner le syndicat contre moi, le ministre voulait m’isoler et m’accuser de divulgation de documents administratifs pour me radier. Mais il a échoué ». Après cet échec, a fait savoir le conférencier, l’autorité ministérielle a poursuivi la chasse aux sorcières. 
En réaction au renvoi d’un Directeur technique du ministère, les travailleurs ont protesté. Dans une pétition ouverte par Jacques Ayadji, ils ont exigé les raisons du départ dudit responsable sans obtenir de réponses. Cette action des travailleurs du ministère touchait, à entendre Jacques Ayadji, l’image de M. Aké Natondé. Elle a détérioré davantage le climat existant entre les deux hommes. Un climat invivable lequel ajouté à l’engagement syndical et politique du conférencier, pouvait justifier selon lui le plan ourdi contre sa personne la semaine écoulée par le gouvernement. A l’entendre, alors qu’il était en France la semaine dernière, il a reçu un coup de fil l’informant d’éviter de prendre au retour par l’aéroport de Cotonou car il risquait d’être arrêté. Jacques Ayadji a confié avoir reporté son voyage tout en décidant de prendre un vol Paris-Cotonou. L’Ingénieur des travaux publics a informé avoir été accueilli à sa descente dimanche dernier à Cotonou par une foule de travailleurs. Il dira que cette mobilisation a empêché ceux qui lui en voulaient d’exécuter leur plan. « Une fois à la maison, on m’a appris qu’il y avait un ordre de m’arrêter qui a été annulé 45 minutes avant l’atterrissage de l’avion à bord duquel j’étais », a-t-il fait savoir. Et de conclure : « Ils comptent utiliser tous les moyens pour m’atteindre. Je subis des menaces… Mais ils n’ont encore rien vu, l’heure des déballages viendra ».

Source: le quotidien "Le Matinal" du 26 juin 2014

TENTATIVES DE SUPPRESSION DES LIBERTÉS SYNDICALES ET DE A GRÉVE A LA JUSTICE: MISSION IMPOSSIBLE OU DIFFICILE PUR LES EPUTES


 

Arracher à la justice béninoise son indépendance, est un vieux rêve du président de la République. Pour l’instant, il n’y arrive pas mais ne baisse pas les bras. La dernière idée en date de Yayi Boni, c’est de bannir le syndicalisme et la grève à la maison justice. Un projet qui fait du chemin à l’Assemblée nationale. Face à cela, c’est l’épineuse question de l’équilibre des pouvoirs qui menace la démocratie béninoise.

Après plusieurs échecs de tentatives de domestication du pouvoir judiciaire, le chef de l’Etat Yayi Boni n’est pas prêt à renoncer à ses manœuvres tendant à affaiblir la justice. Impuissant dans le bras de fer qui l’oppose à l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab), il s’apprête à commettre l’une des plus grosses erreurs de sa présidence. Son plan consiste à faire voter une loi à l’Assemblée nationale pour supprimer les libertés syndicales et le droit de grève aux magistrats. Des libertés pourtant reconnues par la Constitution du 11 décembre 1990. Si le projet de loi portant interdiction du droit de grève était voté par l’Assemblée nationale, Yayi Boni aurait réussi un grand coup, lequel nuira non seulement à son propre camp, mais aussi au système démocratique. La façon dont le président de la république s’investit dans ce dossier afin de le voir aboutir n’est pas un bon signe pour l’Etat de droit. Il veille à exercer la pression sur les députés de son camp en mettant en jeu non seulement son influence sur certains mais aussi en les dotant de moyens pour l’accompagner. Il exige des parlementaires qu’ils collent à son projet en servant des arguments peu convaincants. En effet, la présidence de la République soutient que l’action de Yayi Boni vise à libérer les justiciables de l’otage des organisations syndicales de la justice et entre autres à donner des garanties aux investisseurs étrangers qui renoncent à apporter leurs capitaux au Bénin, du fait de l’appareil judiciaire constamment paralysé. Au cours de la Table ronde organisée du 17 au 19 juin à Paris par le gouvernement béninois, Yayi Boni a promis aux investisseurs qu’il va opérer des réformes au sein de la justice afin de la rendre plus opérationnelle. Il y a beaucoup de gens qui l’auraient applaudi si les réformes annoncées portaient sur les doléances des magistrats. A commencer par la correction des irrégularités contenues dans les dernières nominations au niveau des Cours et Tribunaux. Ensuite, il y a la question de la sécurité des magistrats. Egalement à l’ordre du jour, la revendication relative à la suspension des décrets querellés.
L’Assemblée nationale sous l’emprise de Yayi ?
Alors que ces questions sont restées sans solution satisfaisante, le chef de l’Etat a fait l’option de raviver la tension et d’exaspérer la colère des acteurs de la justice. Les nombreuses manœuvres visant à déstabiliser l’appareil judiciaire ayant rencontré une farouche résistance et l’affirmation des magistrats, le président de la République a cette idée de passer par l’Assemblée nationale pour atteindre ses objectifs et peut-être plus qu’il l’espérait au début. Dans sa nouvelle trouvaille, il met les députés au devant de la scène en orchestrant une stratégie législative, comme il a eu à le faire contre les Douaniers. Il a voulu rééditer l’exploit contre les organisations des syndicats des travailleurs, mais très tôt son projet a été rangé suite à des manifestations de colère qui ont été initiées par les leaders syndicaux. On peut comprendre que la loi interdisant la grève aux douaniers n’a pas subi le même sort, parce que ces agents de l’Etat sont avant tout des militaires qui ont le devoir d’obéissance, voire de soumission. Ce qui n’est pas le cas avec les magistrats encore moins les autres corps civils de l’Administration publique. D’ailleurs, l’Unamab et les Centrales syndicales font une déclaration commune ce jour à la Bourse du travail pour dénoncer cette initiative du régime en place. C’est dire que ce dernier verra sur son chemin tous les travailleurs aux côtés des magistrats s’il ne renonce pas à ce projet plus que jamais controversé. C’est un signal fort que donnent ces regroupements syndicaux pour montrer à Yayi Boni qu’il se trompe en voulant adopter la même politique pour arrêter les mouvements de paralysie au niveau du secteur de la justice. On se demande si le président de la République ira jusqu’au bout dans cette nouvelle aventure alors même qu’il tente de courtiser la justice au lendemain de la Table ronde de Paris. Aucun président parmi ses prédécesseurs ne s’y est essayé, pas même à un bras de fer. Pourtant, ils avaient une majorité à l’Assemblée nationale. Le problème de Yayi Boni, c’est de croire qu’il peut utiliser l’étendue de son pouvoir et sa majorité parlementaire pour asservir les institutions de la République et désarticuler les piliers de l’Etat de droit. Le problème également de l’autre côté, c’est que les Institutions de la République ne réussissent pas à l’arrêter dans ses dérives. On les soupçonne de se livrer à des relations de copinage voire de connivence avec l’Exécutif, alors que la Constitution du 11 décembre 1990 a prescrit la séparation des Pouvoirs. Dans cette dernière dérive en date qui est dirigée contre l’Etat de droit, on se demande si les députés qui se montrent déjà favorables à l’idée de Yayi Boni ont intérêt à le soutenir. On se demande si l’Assemblée nationale succombera à la pression du chef de l’Etat pout lui permettre une fois encore de déséquilibrer les pouvoirs.
Entre soutien et opposition
Selon nos indiscrétions, pendant que ces questions sont parfaitement d’actualité, certains parlementaires de la majorité présidentielle rechignent devant ce projet du chef de l’Etat. La Commission des lois dirigée par Hélène Aholou Kêkê, avocate de carrière qui reste un baron de la majorité parlementaire, montre qu’elle a une décision difficile à prendre. Jouant un rôle clé dans la préparation des lois à soumettre à la plénière, sa réticence à sortir le texte de son couvent est un signe de méfiance vis-à-vis du président de la République. On se souvient qu’elle n’avait pas permis l’étude du projet de loi portant révision de la Constitution déposé par Yayi Boni à l’Assemblée nationale. En son sein, des proches du président de la République ne sont pas prêts pour soutenir le projet s’il n’était pas considérablement modifié. En revanche, d’autres tout comme bon nombre de députés de la majorité apportent leur entière adhésion à l’initiative. Quant à l’opposition parlementaire soutenue par des collègues en phase avec le régime, ce sujet n’est pas à l’ordre du jour. Face à tout cela, une question : A quel point Yayi Boni va-t-il faire pression sur l’Assemblée nationale jusqu’à l’adoption de cette loi ? En attendant de voir les choses évoluer dans ce sens comme dans l’autre, il faut indiquer au président de la République que l’aboutissement de son projet ne règlera pas la situation. Bien au contraire, son régime se retrouverait confronté à un problème sociopolitique plus grave que celui d’aujourd’hui : cela pourrait nuire aux candidats aux différentes élections, aggraver le surpeuplement des prisons, favoriser l’abandon des dossiers pendants devant la justice, occasionner le boycott des assises. Yayi Boni va-t-il tenter d’aller jusqu’au bout et risquer de voir la situation du pays aller de mal en pis ? En tout cas, Michel Adjaka, président de l’Unamab, puissant syndicat au sein de l’appareil judiciaire a prévenu sur les risques que comporterait l’entêtement du chef de l’Etat à priver sa corporation des libertés syndicales et de grève. Faut-il le rappeler, le projet de loi en question tend à supprimer purement et simplement ces droits constitutionnels aux magistrats. Au lieu de les encadrer. Autrement dit, les intentions du roi du Palais de la Marina vont au-delà de ce que l’Assemblée est prête à accepter.

Fidèle Nanga
source: le quotidien "Le Matinal" du 26 juin 2014 

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Le jeu dangereux de Yayi 1er !
Boni Yayi continue de jeter ses poulains dans l’arène  pour  brouiller les pistes. En fin de mandat, le roi obsédé  par  le trône,  met en scène ses guignols. Le dernier numéro ennuyeux fut exécuté par Komi Koutché, ministre de la communication, qui traîne évidemment les symptômes de la servitude politique. Le porte parole du gouvernement cauri n’a pu éviter la cadence archaïque et anachronique  lors  d’une exhibition  ringarde à  Bembèrèkè  où il  lâcha  une des phrases les plus vicieuses de l’ère de la pseudo-refondation. « Boni Yayi n’a encore choisi personne » éructait  Komi dans sa rhétorique évasive  sur la succession  de son mentor.
Traumatisé par les percées apparentes du potentiel candidat Gbian  dans le septentrion, Yayi fait enfiler à Komi les loques du soldat indigent embarqué dans la bataille pour l’endiguement de la poussée  de l’ennemi.  Certes, l’ancien Directeur du Fonds national de la micro-finance propulsé a la tête de la communication et des technologies de l’information et de la communication, a le profil pour le job  avilissant  de griot sans âme. Mais en se coltinant la parole polluante, il amplifie le doute  que dégage  Yayi  sur 2016.  Avec  sa carapace immature, Komi a rejoint la galerie  des  prédateurs de la démocratie  utilisés par le roi  pour ses ballons d’essai sur  son  fameux  projet  de record de longévité  au  pouvoir. Komi  a  vendu la  mèche  en  dévoilant  le secret  des couvents  cauris sur les résolutions  du roi qui, à  moins de deux ans  de la fin de son règne, « n’a  encore choisi personne ». Que mijote alors Yayi ?
Ce n’est pas la première fois que les lèche-bottes du roi  remuent leur langue servile pour souiller  leur propre dignité. Le florilège des  gaffes est énorme. En déficit  de scrupule, Benoit Dègla jurait que «Boni Yayi restera au pouvoir après 2016». Même  éjecté  du gouvernement, l’ancienne vedette perdue de l’opération  « Djakpata »  répète inlassablement  ses incantations infécondes prononcées  dans le sillage obsessionnel  du   grand maître cauri  condamné à la phobie de  fin de mandat.  Coincé  dans ses hallucinations  du pétrole, le ministre autoproclamé  du sous-sol,  le boute-en-train  Barthélémy Kassa  a, lui, explosé les frontières des incongruités avec un tournoi  au nom de baptême pernicieux : « Yayi Boni 2016 ».  Cette inspiration n’est pas anodine  surtout  que  l’agité  de  la grotte  tient  une complicité sans répit avec  le roi.  Le délire  politicien  a  donc  été  assumé  par  procuration.  Aké Natondé avait  plus tôt  annoncé les couleurs  en servant sur un plateau de télévision  une  réponse  à valeur d’aveu à des journalistes qui  l’interrogeaient  sur son éventuelle candidature en 2016 : «Est-ce que celui qui est là (Yayi), vous a dit qu’il est fatigué ?». C’est la démocratie selon  Aké.  Inculture ou allégeance politique ?  La navigation insensée a permis au Yayiste laudateur, son retour au gouvernement  et l’exploit d’arracher le portefeuille de son frère ennemi de la région d’Agonlin.
La stratégie du roi est connue : laisser  aux valets  du système, les « chiens » du chenil cauri, le soin d’aboyer pour assurer les fantasmes  de leur propriétaire.  La logique de Yayi  se construit  sur  sa volonté inoxydable de prendre la Marina  en otage et de  briguer  l’impossible  troisième mandat malgré la parole donnée notamment au Pape  Benoit XVI  et à  Obama.  L’intensification du populisme contredit les promesses  de départ  rabâchées  lors  des randonnées royales.  Avec l’éther  de la politique  des faux -semblants, Yayi tente d’anesthésier  l’opinion publique. Les épisodes démagogiques devant les jeunes et l’anecdotique pardon  combinés à  des choix fallacieux, servent de nouveaux leviers à un homme ruiné par sa gouvernance catastrophique. Au bord  de l’abime,  Yayi  n’abdique pas et nie l’évidence. Et  son agenda  politique obscur  sert de support  à  ses velléités  négatives sous  le contrôle  de l’instinct ravageur.
Sur la question de la succession du roi, le récent  bavardage  de l’excité Komi  a le mérite de révéler  les envies  diaboliques partagées dans la mouvance Yayi.  Dans le flot de paroles, le ministre logé dans  les bottes de sa majesté, a  lâché  le  morceau.  Yayi  organise  déjà  sa propre résistance pour espérer  continuer le job en 2016. Mais le rêve de Komi peut tourner au cauchemar. La fin de règne est  inexorablement proche. Le 06 Avril 2016, un nouveau jour se lèvera et on tournera, en chantant et en dansant, la page Yayi. Définitivement. 
 Sulpice Oscar Gbaguidi