mercredi 14 janvier 2015
JE NE SUIS PAS CHARLIE
TRISTE ET REGRETTABLE EST L' ATTENTAT CONTRE L'ORGANE DE PRESSE CHARLIE HEBDO.
QUE CES ÂMES SAUVAGEMENT FAUCHÉES REPOSENT EN PAIX.
MAIS CECI NE FAIT PAS DE MOI POUR AUTANT UN CHARLIE.
CAR EN TOUTE CHOSE IL FAUT DE LA MESURE. IL DOIT Y AVOIR UNE LIMITE QUE CHARLIE NE DOIT PAS FRANCHIR.
NUL NE DOIT ET NE PEUT PRÉTENDRE OFFENSER L'AUTRE ET FAIRE FI DE SA RÉACTION.
IL N'Y A POINT DE LIBERTÉ DE PRESSE SANS LIMITE.
TOUT A UNE LIMITE DANS LA VIE.
ET LA VIE ELLE MÊME EST LIMITÉE. ELLE EST MÊME LIMITE, JE DIRAI. LIMITE A NOS ENVIES. LIMITE DE NOS COURSES ET BESOINS EFFRÉNÉS.
ET IL EST UN PRÉCEPTE VULGAIRE MAIS PRÉCIEUX QUI VEUT QUE LA LIBERTÉ DE L'UN S’ARRÊTE AU MOMENT ET AU LIEU MÊME OU COMMENCE CELLE DE L'AUTRE.
FAISONS-EN UNE RÈGLE DE CONDUITE DANS LA VIE.
JE NE SUIS PAS CHARLIE, TERRORISTE NON PLUS.
INTERPELLATION DE YAYI BONI POUR LA LIBERTÉ DE PRESSE SUR L'ORTB: LA RÉVOLUTION PARTIRA-T-ELLE DE LA PRESSE DU SERVICE PUBLIC?
C'est avec beaucoup d'humilité et de respect que Osias Sounouvou, journaliste et présentateur du 20 heures sur l'ortb a interpellé le président de la République sur la liberté de presse et particulièrement la liberté des journalistes du service public béninois à exercer leur métier en toute indépendance.
"...Etre heureux et fier du sens de l'engagement de Boni Yayi, devenu Charlie pour la liberté de presse en France et à l'international. Comme on aurait aussi aimé que pour aller jusqu'au bout de cet engagement, que le chef de l'Etat devienne Charlie Ortb. Charlie-Ortb pour la liberté de presse sur le service public de l'audiovisuel au Bénin. Liberté de presse qui rime avec ouverture des antennes de la télévision nationale aux vrais débats contradictoires sur les grandes questions politiques et autres qui engagent le présent et l'avenir de la nation. Monsieur le président de la République, sauvez la liberté des journalistes à l'Ortb, précieux héritage de la conférence nationale, entre autres, et entrer dans l'histoire! Pardon pour cette impertinence, n'est-ce pas là aussi l'esprit Charlie! Clause de conscience et devoir Républicain oblige! Monsieur le président de la République, vous êtes notre recours, rendu obligé ce soir après trois pétitions infructueuses des journalistes de l'Ortb, pour le retour de la liberté de presse sur le service public. Nous voulons juste faire notre métier et prendre notre part à la construction de la République.
Vive le service public de l'information sur la chaîne publique".
Et voilà le groupe de phrases qui a fait de ce jeune journaliste l'idole de tout un peuple. Ce fut une émeute sur le net et sur les réseaux sociaux en particulier dès la fin dudit journal, où le désormais téméraire et brave journaliste a osé briser les liens qui tenaient les journalistes de la chaîne nationale dans l'enfermement et l'enfer de porter la bonne et vraie information made in Yayi.
La réaction du pouvoir se fait toujours attendre. Quant à la direction de la chaîne mère comme on l'appelle ici, les bourreaux multiplient réunion sur réunion. Du directeur général au plus petit des chefs, tous courent, s'agitent et cherchent dans leurs méninges quelles sanctions inhumaines infligées à leur ex-otage qui a osé leur brûlé la politesse.
Mais de l'autre côté, le peuple est debout et suit d'un œil attentif tout ce qui arriverait.Les réactions sont unanimes de la classe politique à la société civile. Trop c'est trop, libérer enfin l'audiovisuel du service public de ses chaînes.
Depuis l'avènement en 2006 de l'actuel président au pouvoir, la chaîne de télévision du service public est entré progressivement dans un monologue pour finir par ne plus exister, sauf pour le président de la République, les membres de son gouvernement et certains partisans. Nombreux sont les béninois qui n'osent plus capter cette chaîne qui est pourtant du service public. Tous les partis de l'opposition et la société civile y sont exclus au motif qu'ils pourraient tenir des propos outrageux à l'encontre du chef de l'Etat. Sur la télévision nationale, on y passe que pour louanger Yayi Boni. Quiconque a une idée contraire est interdit de parole et d'accès. Et la Haac, organe chargé de réguler les média et la presse est muette.
C'est trop facile d'aller jouer les défenseurs de la liberté de presse à Paris. L'essentiel, c'est d'oser dire ou montrer en public comment l'on traite la presse de son pays.
Tous ceux qui se réclament aujourd'hui Charlie, ne savent pas de quoi ils parlent!
"...Etre heureux et fier du sens de l'engagement de Boni Yayi, devenu Charlie pour la liberté de presse en France et à l'international. Comme on aurait aussi aimé que pour aller jusqu'au bout de cet engagement, que le chef de l'Etat devienne Charlie Ortb. Charlie-Ortb pour la liberté de presse sur le service public de l'audiovisuel au Bénin. Liberté de presse qui rime avec ouverture des antennes de la télévision nationale aux vrais débats contradictoires sur les grandes questions politiques et autres qui engagent le présent et l'avenir de la nation. Monsieur le président de la République, sauvez la liberté des journalistes à l'Ortb, précieux héritage de la conférence nationale, entre autres, et entrer dans l'histoire! Pardon pour cette impertinence, n'est-ce pas là aussi l'esprit Charlie! Clause de conscience et devoir Républicain oblige! Monsieur le président de la République, vous êtes notre recours, rendu obligé ce soir après trois pétitions infructueuses des journalistes de l'Ortb, pour le retour de la liberté de presse sur le service public. Nous voulons juste faire notre métier et prendre notre part à la construction de la République.
Vive le service public de l'information sur la chaîne publique".
Et voilà le groupe de phrases qui a fait de ce jeune journaliste l'idole de tout un peuple. Ce fut une émeute sur le net et sur les réseaux sociaux en particulier dès la fin dudit journal, où le désormais téméraire et brave journaliste a osé briser les liens qui tenaient les journalistes de la chaîne nationale dans l'enfermement et l'enfer de porter la bonne et vraie information made in Yayi.
La réaction du pouvoir se fait toujours attendre. Quant à la direction de la chaîne mère comme on l'appelle ici, les bourreaux multiplient réunion sur réunion. Du directeur général au plus petit des chefs, tous courent, s'agitent et cherchent dans leurs méninges quelles sanctions inhumaines infligées à leur ex-otage qui a osé leur brûlé la politesse.
Mais de l'autre côté, le peuple est debout et suit d'un œil attentif tout ce qui arriverait.Les réactions sont unanimes de la classe politique à la société civile. Trop c'est trop, libérer enfin l'audiovisuel du service public de ses chaînes.
Depuis l'avènement en 2006 de l'actuel président au pouvoir, la chaîne de télévision du service public est entré progressivement dans un monologue pour finir par ne plus exister, sauf pour le président de la République, les membres de son gouvernement et certains partisans. Nombreux sont les béninois qui n'osent plus capter cette chaîne qui est pourtant du service public. Tous les partis de l'opposition et la société civile y sont exclus au motif qu'ils pourraient tenir des propos outrageux à l'encontre du chef de l'Etat. Sur la télévision nationale, on y passe que pour louanger Yayi Boni. Quiconque a une idée contraire est interdit de parole et d'accès. Et la Haac, organe chargé de réguler les média et la presse est muette.
C'est trop facile d'aller jouer les défenseurs de la liberté de presse à Paris. L'essentiel, c'est d'oser dire ou montrer en public comment l'on traite la presse de son pays.
Tous ceux qui se réclament aujourd'hui Charlie, ne savent pas de quoi ils parlent!
jeudi 13 novembre 2014
REPORT SINE DIE DU FITHEB 2014 POUR RAISONS SANITAIRES: LE COUP DE GUEULE DE ISIDORE DOKPA
« Le Bénin
trouverait 860 millions à mettre aujourd’hui dans le Fitheb ? »
Face aux nombreux disfonctionnements enregistrés
dans le cadre de l’organisation de l’édition 2014 du Festival international de
théâtre du Bénin et à la suggestion du report du festival, les acteurs
culturels ont commencé par donner de la voix. C’est le cas du metteur en scène Isidore Dokpa, qui a tenu à
mettre en garde non seulement les autorités en charge de la culture mais
également, les responsables impliqués dans l’organisation du Fitheb contre ce
complot qui se prépare contre les professionnels du théâtre. Il évoque le
retard dans le décaissement des fonds nécessaires et la nécessité de faire
renaître le Fitheb de ses cendres. Lisez-plutôt.
Votre création
théâtrale « La tragédie du roi Christophe » a été programmée pour le
Fitheb 2014. Pensez-vous pouvoir la
présentez ?
A mon avis oui. Mais aux dernières nouvelles, le directeur du
Fitheb nous informe que pour des raisons sanitaires, surtout à cause de la
maladie à virus Ebola, le Fitheb est reporté sine die. C’est là toute
l’inquiétude. Je dois avouer que dans un 1er temps, si réellement le
pays court des risques de la maladie à virus Ebola, il est de sagesse que
l’évènement soit reporté parce qu’on s’ imagine la catastrophe que cette
maladie cause dans les pays touchés. On pourrait donc préserver la vie des
populations, des acteurs culturels en déplaçant l’évènement de quelques mois.
Mais en profondeur, de quoi cela retourne ? Je n’en sais rien. Si cela ne
tient qu’à cette raison, j’y adhère.
Mais vous savez bien
que le Bénin n’est pas touché par cette maladie. Ne pensez-vous pas que les
raisons de ce report sont ailleurs ?
Le Bénin n’est pas touché par cette maladie, c’est vrai qu’il
y a eu quelques cas de spéculation testés, mais il s’est avéré que le Bénin
n’est pas touché. Si le ministère a pu mettre ce communiqué qui est parvenu à
nos compagnies de théâtre signé du directeur du Fitheb, ça veut dire que l’Etat
béninois a des raisons de s’inquiéter.
Mais apparemment le
ministère n’était pas informé de cette correspondance avant qu’elle ne parvienne
aux compagnies.
Je voudrais toute proportion gardée, dire que si les raisons
sanitaires évoquées ne sont que des raisons inventées de toutes pièces, là je dirai
que j’ai mal. Parce que nous sommes déjà reconnus pour un pays dans où les
évènements majeurs ne sont jamais tenus à bonne date. Vous avez encore en
mémoire, les élections communales, municipales et locales. Alors dire que le
Fitheb est reporté sine die et que ce report ne relève pas de l’autorité de
tutelle du Fitheb, je voudrais simplement manifester quelque inquiétude pour
mon pays. Si tant est que le ministère n’est pas associé à la décision de Mr
Ousmane Alédji, qu’attend-il alors pour
donner les moyens financiers qu’il faut pour l’organisation du Fitheb ?
Nous sommes en novembre à moins d’un mois du festival. A la rencontre du lundi passé, dans son speech,
Ousmane nous a confirmé que les signaux pour
organiser un bon festival, c’est effectivement les moyens financiers, les
moyens de communication, la mise à jour des salles devant accueillir les
représentations et bien d’autres choses ne sont pas au
beau fixe. Faites un tour dans les lieux qui doivent abriter ces
spectacles, tout est encore poussiéreux. Si Ousmane Alédji a été obligé de
balancer cette décision, cela va en défaveur du ministère. Si le ministère a
cru devoir lancer des reformes pour sauver le Fitheb, si ce sont les reformes
qui nous conduisent maintenant à ce cafouillage, à cette pagaille où l’Etat n’a
pas pu mettre à disposition les fonds nécessaires, je dis c’est dangereux. Mais
là, ça pose un problème. Est-ce que
notre pays veut vraiment du Fitheb ?
Ne pensez-vous pas que
ce 3ème report risque encore de plonger le Fitheb dans un coma
profond ?
Nous en sommes à un 3ème rapport, un 1er
pour raison de francophonie et un autre qui est sine die pour raisons, dit-on,
sanitaires. Je crois que nous sommes entrain d’ensevelir le festival. Nous
devons faire en sorte que ce festival, au lieu d’être enterré, puisse renaître
de ses cendres. Et pour que le festival renaisse de ces cendres, la
responsabilité est à tous les niveaux.
Et si on devrait situer
les responsabilités au niveau de tous les acteurs impliqués dans l’organisation
du festival, que direz-vous ?
Je commencerai d’abord par le chef de l’Etat lui-même. Si
nous avions à la tête de ce pays, quelqu’un de culturel, le système ne serait
pas dans cet état. Avez-vous jamais vu le président de la République aller voir
un spectacle de théâtre, une exposition photo ou une exposition d’art
plastique ? Avez- vous jamais vu les différents ministres de la Culture
que nous avons eus sous le régime de monsieur Yayi aller voir un spectacle de
théâtre pour leur propre plaisir? Non. Cela veut dire tout simplement qu’ils ne s’y connaissent
pas ; qu’ils n’ont pas la fibre artistique nécessaire. Le 1èr niveau de responsabilité est le Chef de l’Etat qui a toujours vu et traité le secteur de la culture comme là
où il faut envoyer un militant politique et non pas un cadre technique capable
de concevoir et de conduire une politique culturelle ambitieuse ; la
preuve : celui qui est à la tête du ministère en ce moment est là parce
qu’il a montré ses limites ailleurs ; le 2ème
est le ministre de la culture. Qu’a-t-il fait ce monsieur depuis pour qu’on
puisse avoir les moyens afin d’organiser le Fitheb 2014 ? Ce n’est pas à
la mi-novembre qu’il faut donner les moyens au directeur pour qu’il fasse le
Fitheb ! Selon mes investigations, le directeur a déposé son budget
depuis le mois d’avril dernier, aussitôt
nommé en février. C’est la preuve de sa capacité et de son ambition à faire une
belle œuvre. Et depuis ce temps, plus rien. Pas de décaissement ?
Vous, acteurs
culturels, qu’avez-vous fait pour mettre une pression sur le gouvernement afin
qu’il décaisse les fonds ?
Avant que nous n’arrivions aux acteurs culturels, je voudrais
également évoquer la responsabilité du directeur du Fitheb. Lorsque les signaux
sont au rouge ou à l’orange si vous préférez, il
revient au directeur du Fitheb, de mobiliser les associations culturelles, les leaders d’opinion dans le secteur, les opérateurs
culturels afin qu’ils puissent engager des plaidoyers en direction du pouvoir.
Vous convenez avec moi, que dans le mensuel du Fitheb, les annonces qui ont été
faites, nous informent que le Fitheb aura lieu et que
tout se passait très bien et que nous
aurons même un label ! Je pense que le directeur a fait économie de
vérité à ce niveau là. Il n’a pas en temps réel appelé au secours. Il n’a pas
collaboré avec les associations sur le terrain de manière à fédérer les énergies pour engager
une campagne en direction du gouvernement. Vous avez vu tout ce qui s’est passé
quand le Cos-Lépi a fait comprendre aux béninois, que l’institution n’avait pas
les moyens pour organiser les élections ? Les politiciens ont marché dans
les rues et le gouvernement a fait un repli vite et net.
Et en ce qui concerne
les acteurs culturels ?
C’est là le grand mal de notre théâtre ou de nos
arts si vous voulez. Lorsque vous êtes acteur culturel et vous n’avez pour
aptitude, que d’aller chanter et danser au domicile du Chef de l’Etat, les
jours de l’an, danser, faire des sketchs pour plaire au président de la
République, vous ne pouvez pas militer pour des causes nobles. Lorsque vous
êtes en quête permanente de financement et autres prébendes au fonds d’aide
alors que vous n’en n’avez ni le mérite ni un projet bancable, vous n’oserez
jamais à dénoncer quoique ce soit du ministère; Parce que vous avez déjà fait le mariage avec
le diable comme on le dit. Nombre d’acteurs culturels sont aujourd’hui comme
des ministres du gouvernement ou des députés de la mouvance, je veux dire des
béni-oui-oui. Parce que craignant pour le rejet de leur demande de financement
au fonds, tellement le pouvoir a tout verrouillé. La tenue effective et à bonne date du Fitheb était un combat.
Et ce combat ne devrait pas être que celui de Mr Alédji! C’est celui de tous les acteurs du monde du
théâtre. Mais, chacun est resté dans son
coin, les bras croisés, calculant et protégeant ses intérêts, et croyant que le
miracle se produira. Et nous voilà bien
pris au piège du pouvoir.
De sources
concordantes, le ministère tient toujours à organiser le Fitheb pour le mois de
décembre prochain. Pensez-vous que c’est possible ?
Ils peuvent organiser l’édition de 2016 pas celle de
2014 !
Pourquoi ?
Organiser un festival de théâtre de cette envergure, ce n’est
pas aller au marché faire le tour des vendeuses et rentrer chez soi. C’est vrai
que le directeur a tout préparé et qu’il ne manque que l’argent. Mais le
directeur a déposé un budget de 860 millions. Le Bénin trouverait 860 millions
à mettre aujourd’hui dans la culture alors que le président de la République
dit qu’il n’y a pas de l’argent pour organiser les élections, socles même de la démocratie et de l’alternance au pouvoir?
Donc vous ne croyez pas
à la tenue de ce festival pour décembre 2014 ?
Oh, vous savez le Bénin mon pays est champion toute catégorie
confondue en matière d’improvisation et de cafouillage. Cela ne me surprendrait
pas que le ministère fasse organiser le fitheb dès ce soir même. Mais Si cela
se fait avec cette annonce qui est déjà lancée et qui a fini de faire le tour
de la planète, ce sera un désaveu pour le directeur du Fthieb et une mauvaise
communication pour le ministère lui même. Dans ce cas, des têtes devront impérativement tombées.
Lesquelles
par exemple ?
D’abord celle du ministre de la culture lui-même pour
défaut de résultat et défaut de coordination car il ne peut pas nous avoir
engagé dans d’autant de réformes pour le bien-être dit-on du Fitheb pour ces
résultats que nous voyons ; celles des hommes et des femmes au sein du
CPS, ce «machin de truc » mit là dit-on pour conseiller ou superviser les
actions du D/Fitheb et qui ferait office conseil d’administration ; j’y ai
des amis très intéressants et même des frères, mais ce n’est pas de cela qu’il
s’agit ici et maintenant. Ils n’ont à aucun moment jouer leur rôle ; ils
n’ont pas donné l’alerte qu’il faut ni contenir le directeur, à mon sens. Et
bien entendu celle du directeur du Fitheb lui-même. A mon sens, il devra en bon
gentleman rendre le tablier pour n’avoir pas pu atteindre ses objectifs
prédéfinis en temps réel malgré toute sa
bonne volonté….. C’est dans ce même pays qu’un certain Gabin Allognon est
passé sur une télévision de la place en tant que Drfm du ministère des
finances. Il a publiquement dit que le Fitheb n’aura pas le financement et
qu’il demanderait à son ministre de ne pas mettre les moyens à la disposition
de l’institution. Je suppose à présent que c’est bien ce qui est fait. Alors,
en son temps qu’est ce que Monsieur Alédji a fait ou dit pour tirer l’attention
sur ce monsieur ? Qu’est-ce que le ministre de la culture ou son cabinet a
fait pour mettre hors d’état de nuire ce monsieur ? Enfin qu’est-ce que le
CPS a fait face à une telle déclaration ? J’invite donc les acteurs de
cette « honte généralisée » à ne pas fuir leurs responsabilités. Je
vous remercie.
jeudi 6 novembre 2014
INSURRECTION POPULAIRE AU BURKINA FASO: QUAND LA FRANCE DÉCIDE DES RÉVOLUTIONS ET DE LEURS COULEURS EN AFRIQUE NOIRE
MONSIEUR CHIRAC, ANCIEN PRÉSIDENT FRANCAIS ET BLAISE COMPAORE ANCIEN COLLABO DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE EN AFRIQUE NOIRE.
Je voudrais me permettre un avis tout à fait différent et très inverse de tout ce qui se dit, est dit et se dira encore sur la situation qui a conduit à la capitulation de l'ancien président du Faso, le meilleur allié et collabo de la France dans la zone Ouest africaine depuis bientôt une trentaine d'années.
Le monde entier a vu ces pauvres burkinabé en effervescence dans les rues de leur pays criant et scandant des slogans hostiles à leur président de ces trois dernières décennies, Blaise Compaoré. Et brusquement, comme un château de sable, la presse internationale nous informe que le tout puissant président, celui-là même qui a résisté devant pire assaut, a décampé. L'homme aurait déposé sa démission à la tête de l'Etat burkinabé et aurait couru cherché axile chez le voisin.
C'est trop beau et trop facile pour être vrai et réel.
Je voudrais nous dire ici et maintenant qu'aucune révolution n'aura lieu en Afrique noire si la France ne donne sa caution!
Juste quelques questionnements?
Nous voici au lendemain du départ précipité du président compaoré de la tête de son pays. Et la France, restée muette jusqu'alors annonce au monde entier via la bouche de son président, qu'elle a aidé à évacuer monsieur compaoré pour éviter les heurts!
Mais diantre! Où était donc cette France quand monsieur compaoré tuais des vies humaines, notamment Sankara, Zongo... pour l'extirper ou l'en empêcher?
Où était cette France, cette bonne secouriste de France depuis près de trente années que monsieur Compaoré tripatouillait la constitution de son pays à sa guise pour se maintenir au pouvoir?
Si la France est aussi habile et professionnelle dans le sauvetage de chef d'Etat en difficulté vis-à-vis de son peuple, au nom de quoi n'a-t-on pas "extirpé" Mouhammar Khadafi des griffes de ses tueurs? Parce que ceci est un crime autorisé par l'ONU? me dites-vous?
Au nom de quoi n'a-t-on pas "extirpé" Hosni Moubarak des griffes des révolutionnaires égyptiens?
Au nom de quoi n'a-t-on pas "extirpé" ni prévenu feu Sankara contre le coup de d'Etat qui lui a été fatal?
Ces questionnements pour dire que nous, africains, nous devons nous arrêter de nous réjouir de la chute de Compaoré. C'est vrai, je l'ai toujours souhaité, cette chute de Blaise depuis son avènement au pouvoir le 15 octobre 1987. Mais il faut que nos révolutions portent nos marques; il ne faut pas que la France, fatiguée de compaoré, nous utilise aujourd'hui comme bouc émissaire pour se débarrasser de son allié d'hier; celui-là à qui elle confié tous les sales boulots de la sous région, et qui s'en est acquitté avec abnégation et efficacité.
Il ne faut pas que la France nous utilise pour se donner bonne conscience dans la sous région.
Monsieur Compaoré, loin d'avoir été un président à la tête du Burkina, a toujours été dans la posture d'un agent du renseignement français en poste en Afrique de l'Ouest avec résidence au Burkina.
Tous les régimes de la gauche comme de la droite Française ont commandité des crimes sous le couvert de Blaise. On a fini de l'utilisé et à présent. Et au moment de se séparer de lui, on commence à lui exiger des leçons de démocratie et de bonne gouvernance. Où était donc la France quand ce même peuple du Faso pleurait ses morts tombés sous les balles du criminel Compaoré? Où était-ce donc la France quand ce peuple du Faso demandant à corps et à cris plus de démocratie, plus de liberté?
Aujourd'hui, le format de Blaise est usé; on lui trouve un successeur et comme il n'entend pas raison, des services secrets à la con ont envahi le Burkina et ont poussé la population à la révolte!
NON, TROP C'EST TROP. LA FRANCE PEUT NOUS LAISSER FAIRE NOS PROPRES REVOLUTIONS
mercredi 15 octobre 2014
SITUATION POLITIQUE TENDUE AU BENIN: YAYI BONI ET LES INSTITUTIONS DE LA RÉPUBLIQUE PRENNENT EN OTAGE LE PEUPLE ET LA DÉMOCRATIE BENINOISE
Le Bénin vit en ces moments une des situations les plus préoccupantes de son histoire. Et tout est parti de la décision du parlement de prolonger sine die le mandat des maires des communes du Bénin. Depuis, l'illégalité s'est érigée en norme de gestion de nos communes. Prenant appui sur le report sine die des élections communales, municipales et locales, certains élus ont commencé à envisager le même schéma pour les législatives de 2015 et la présidentielle de mars 2016. Au titre de ces acteurs politiques qui envisagent fortement la prolongation des différents mandats encore encours, on peut citer le président de la République lui-même dont les propos et agissements n'offrent aucun gage de son départ du pouvoir en 2016. A côté, il faut citer une classe politique de l'opposition définitivement irresponsable, opportuniste, ne voulant géré ce pays que par procuration et sans projet ni ambition pour ce peuple.
Tous ces éléments réunis nous ont conduit dans l'impasse actuelle avec une cours constitutionnelle aux ordres du président de la République. Et comme si cela ne suffisait pas, une institution dite, la conférence des présidents des institutions de la République a vu le jour pour mieux nous embrouiller et complètement nous égarer. Elle n'existe nulle part dans l'arsenal juridique ni réglementaire du Bénin. Et pourtant, c'est au nom d'une telle institution fantoche que monsieur Ousmane Batoko, président de la cours suprême est venu nous soûler à la télévision au motif qu'aucune élection ne pourra avoir lieu en 2014.
Mais avant, la cours constitutionnelle avant, dans une décision, décrété que les élections ne sauraient avoir lieu en République du Bénin sans la LEPI, liste électorale permanente informatisée.
Or le pouvoir pense que les élections nous coûtent trop chères au Bénin et que les trésors publics ne sont plus en mesure de faire face à de telles charges; du coup, l’exécutif n’approvisionne plus comme cela se doit le CORS-LEPI en ressource financière aux fins de permettre à celui-ci de conduire à temps et à bon terme le processus de la correction de la LEPI.
Conséquence, les béninois sont inquiets pour la non-tenue des élections communales, locales et municipales de même que tous se demandent si Yayi fera organiser un jour toutes les élections et s'il finira bien par céder son fauteuil à un autre élu.
A dire vrai, les béninois sont responsables dans leur immense majorité de ce qui arrive aujourd'hui. Nombreux étaient-ils en 2006 à se livrer pieds et mains liés à un homme qu'ils ne connaissaient pas du tout, et dont ils venaient de découvrir les talents d'orateur à l'occasion de la présidentielle. Il est vrai que la classe politique d'alors était pourrie; pourrie et décevante à tout point de vue. Mais nous aurions mieux fait de chercher à mieux connaitre monsieur Yayi Boni avant de remettre les destinées du pays dans ses mains. Aujourd'hui, c'est un pays en ruine que l'homme va nous laisser quand il va se décider à partir ou quand il en sera contraint. Les béninois sont divisés entre le nord et le sud.
Et s'il y en a parmi nous qui commencent à prendre conscience du danger que représente la gestion du pouvoir de Yayi pour notre pays dans tous les secteurs, nombreux sont ceux qui arpentent encore les rues, battant le macadam, arborant tee-shirt et pagne à l’effigie du roi Yayi, vociférant tous slogans à son honneur et à sa gloire. Nombreux sont ces jeunes et ces femmes manipulés, exhibés à la télévision comme étant les soutiens du président pour d'aucun et comme les fous du roi pour d'autres. Les béninois vivent aujourd'hui ce dont les peuples togolais et gabonais ont été victime des décennies durant: le culte de la personnalité du chef; le culte du père de la nation; le bienfaiteur de toute la nation; le père sauveur; le papa bonheur. Celui sans qui le malheur se serait abattu sur le Bénin entier....Et Yayi Boni adore voir les béninois se clochardiser pour lui; il aimer être montrer comme le seul qui a tout fait et tout penser. Il adore être père de tous les succès. Il travaille à incruster dans chaque méninge son image de développeur... Or, c'est un ridicule et dangereux dictateur, un incompétent sans nl autre pareil; un homme sans tenu ni retenu. C'est un véritable apprenti politicien qui n'a pas le souci du devenir des autres que le pouvoir d'état met à sa charge.
Le réveil tardif et la division toujours ambiante des partis politiques sont pour Yayi un terreau approprié pour opposer ce peuple à lui même. Rosine Soglo, doyenne d'âge à l'assemblée nationale nous avertissait il y a quelques années encore de cela: "Yayi Boni a dit dans mon domicile, et en présence de mon mari Nicéphore Soglo, de nos enfants Galiou et Lihady et de monsieur Irénée Koukpaki qu'il mettrait tout le pays à feu et à sang...."
S'en souviendront ceux qui pourront.
Tant que notre vie importera pour nous plus que la nation, la dictature a encore de beaux jours devant elle. Levons-nous ici et maintenant pour ceux que le veulent encore. Mais pour les autres, ne crayons rien pour les enterrer après la victoire finale.
mardi 23 septembre 2014
BLOCAGE DES ELECTIONS AU BÉNIN: YAYI CONFIRME LES DÉCLARATIONS DEHOUNGBEDJI
Blocage des élections au Bénin :Yayi confirme les déclarations de Houngbédji
Hier à la télévision nationale, Yayi Boni a fait une déclaration dangereuse pour la démocratie béninoise et pour son crédit personnel. Il a injurié publiquement l’intelligence des Béninois, tout entier. Sa déclaration d’hier, depuis Boko, est une insulte à la communauté internationale qui investit dans son pays et à la mémoire de ceux qui ont participé à la conférence nationale de 1990 et qui ne sont plus de ce monde. C’est plus que clair que Houngbédji a eu raison de faire les déclarations du dimanche passé.
« Je suis triste. Les élections coûtent chères au Bénin. 100 milliards pour les élections depuis 2006. La Cena demande 22 milliards ; Le Cos Lepi 8 milliards. Nous devons nous asseoir et parler. Chacun est libre de dire ce qu’il veut. Il ne sert à rien de menacer ou d’aller dire que Boni Yayi est ceci ou cela. Partout, on nous demande pourquoi on n’organise pas les élections et, j’ai honte. C’est pas la démocratie dont le peuple Béninois a rêvé ». Comment le Chef de l’Etat peut-il oser se plaindre de ce que les élections coûtent chères pour le pays et qu’il faudra s’asseoir pour réfléchir ? En dehors de ceux cités plus haut, le chef de l’Etat a aussi argué la qualité des membres de la Céna et du Cos-Lépi. D’abord, il a dit qu’il faut une vingtaine de milliards de Fcfa pour que corriger la lépi et organiser les élections et que l’état actuel de la trésorerie nationale ne le permettrait pas. Ensuite, il a proposé une assise pour voir si la Céna et le Cos-Lépi ne sont pas en train de faire des doublons dans leurs dépenses. Dire que les moyens pour organiser les élections seraient difficiles à mobiliser est une erreur grave. Ce n’est pas hier que le président de la République et son gouvernement ont su qu’il doit avoir élection en 2014, au plus tard. Et dans le budget de l’Etat, des prévisions devraient être faites. Pour ce qui est du Cos-lépi, les activités étaient bel et bien en cours avant l’élaboration du budget général de l’Etat, exercice 2014. Le Cos-Lépi avait déjà exprimé ses besoins et cela devrait avoir été intégré au budget. Dire aussi qu’il faut s’asseoir pour voir si n’y a pas de doublons au niveau de Cos-Lépi et la Céna est une méconnaissance de la qualité de ceux qui sont responsables de ces institutions. Les deux structures connaissent leur rôle et savent ce qu’elles ont à faire. La Céna a quel intérêt à proposer les mêmes tâches que le Cos-Lépi ? C’est qui le président de la Céna et, c’est qui le président du Cos-lépi ? Ils sont tous deux des partisans du régime actuel et n’ont aucun intérêt à gruger le gouvernement de leur leader. Mieux, ces institutions comportent des cadres. Au ministère des finances, il y a également des cadres qualifiés pour faire ce travail avant que les budgets de ces structures ne soient adoptés.
Et quand Yayi Boni estime qu’il faut s’asseoir, il confirme sa volonté de bloquer le processus électoral de cette année. Sinon, ce n’est pas à trois mois de la fin de l’année qu’il va évoquer une pareille assise. Il était où ? Depuis le début de l’année, aucune dépense imprévue ne lui a été imposée, ni par le peuple, ni par les travailleurs en particulier. Ce qui est remboursé aux syndicalistes est une dette, supposée budgétisée. Les travaux de correction de la Lépi et ceux de l’organisation des élections devraient être aussi programmés. Son étonnement d’hier soir confirme « l’indiscipline budgétaire » dont avait parlé Rachidi Gbadamassi, il ya quelques années à l’Assemblée nationale.
Ces propos ne sont pas les bienvenus et discréditent le Bénin auprès de la communauté internationale. Les partenaires techniques et financiers vont s’étonner des raisonnements aussi bancals d’un chef d’Etat. Yayi Boni a confirmé son fonctionnement à l’improviste.
Félicien Fangnon
source: le quotidien "Le matinal" du 23 septembre 2014
mercredi 27 août 2014
ÉPIDÉMIE DE FIÈVRE A VIRUS EBOLA: LA RESPONSABILITÉ DE L'AFRIQUE ELLE-MEME
Yayi Boni, Président de la République du Bénin.
La fièvre à virus Ebola sévit en ces moments dans plusieurs capitales africaines. Surtout en Afrique de l'Ouest, nombreux sont les pays frappés par cette épidémie. Plusieurs d'autres sont en état d'alerte préventive maximale, tellement le risque de contagion et la force de propagation du virus sont terribles.Comme à l'accoutumée, les dirigeants africains des pays concernés appellent déjà à l'aide internationale. L'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) se mobilise; les USA, sans attendre l'aval de l'organisation mondiale de la santé ont convoyé vers le Liberia des produits tests dont l'utilisation a déjà donné leur preuve sur des patients américains contaminés sur le sol libériens.
Mais alors, pourquoi l'Afrique est-elle aussi impuissante et aussi vulnérable en face de cette épidémie comme en face de tout ce qui la menace? Pourquoi l'Afrique se sent-elle obligée de faire appel aux secours extérieurs à toutes occasions d'urgence: catastrophes naturelles; épidémies; guerres civiles.....
Eh bien, c'est parce que les dirigeants africains depuis toujours ont fait le lit à la mal gouvernance politique, économique et sociale. Comment un pays où la corruption est même promue à l'échelle nationale peut-il avoir des hôpitaux dignes du nom? Comment un pays où le président de la République est souvent cité dans des cas de malversation voire de détournement de denier public peut-il avoir des médecins biens formés; bien payés? Comment un pays où l'Etat ne respecte pas sa propre signature vis-à-vis des opérateurs économiques pourraient rêver avoir un jour une croissance économique? Comment un pays où le chef de l'Etat lui même prône vertement le régionalisme; le développement de certaines régions au détriment d'autres; la promotion des cadres d'une région donnée au détriment des autres, peut-il connaitre une croissance économique; une croissance intellectuelle? Les pays africains n'ont rien à envier aux autres nations du monde, même pas les plus développer. Ils ont les ressources nécessaires (intellectuelles, humaines et minières). Nos pays sont tout simplement victimes de la gouvernance des hommes et des femmes qui les conduisent. La preuve, aucun chef d'Etat africain en dehors du Libyen feu Mohammar Khadaffi ne se fait soigner dans son pays en cas de soucis de santé. Alors, si les chefs d'Etat et d'autres autorités africaines reconnaissent que le système sanitaire de leur pays est défaillant, pourquoi ne pas véritablement investir pour son amélioration, sa performance afin d'en faire un hôpital de référence capable d'offrir des soins de santé à tout le monde, y compris au chef de l'Etat? Si les chefs d'Etats africains sont sincères vis-à-vis de leurs peuple, pourquoi aucun d'eux n'a pris un décret ou faire voté une loi au parlement interdisant à tout élu de se faire soigner à l'étranger tant qu'il est encore en fonction? Il n'y a pas ce chef d'un Etat africain qui ne crie pas à qui veut l'entendre: "la santé pour tous mes compatriotes est l'une de mes priorité..". Comment offrir une meilleure santé sans un système sanitaire de qualité? Dès qu'un africain est élu à la tête de son pays, il se croit étranger à tout le système et fait tout pour mener une vie d'étranger: il se fait soigner à l'étranger; il s'habille comme un étranger; il mange des mets qui ne sont pas de son quotidien et presque pas de son pays....Un tout petit exemple: au Bénin, le président Yayi Boni circule en hélicoptère quelque soit la distance. La première conséquence d'un tel comportement est que les routes du pays sont abîmées comme on ne saurait les décrire. Et cela ne participe pas du souci du président car lui, il est tout le temps dans les airs au frais du contribuable qui lui se fait tuer par l'état des voies. Ramener à l'échelle du virus Ebola, ce mal ne pourra que tuer toute l'Afrique sauf ses chefs d'Etat qui ne se font soigner qu'à l'étranger. Et ainsi va l'Afrique. Une Afrique qui n'offre plus aucun espoir!
:LECTURE CROISÉE DU REMANIEMENT MINISTÉRIEL ET DE LA DÉCISION DCC14-156: YAYI BONI FONCE VERS UN TROISIÈME MANDAT
Suivant une analyse de la décision Dcc 14-156 du 19 août 2014, la Cour constitutionnelle, non seulement, fait le « yoyo », mais aussi, elle veut endormir les Béninois. En croisant cette analyse avec la lecture du remaniement ministériel, on s’aperçoit que le chef de l’Etat, n’a pas renoncé aux velléités de s’offrir un troisième mandat présidentiel.
En expédiant sept de ses anciens collaborateurs et en les faisant remplacer par autant de nouveaux, Yayi Boni n’a rien fait d’extraordinaire. A l’analyse, on se rend compte que les nouveaux ministres ne sont pas de leaders politiques. Au demeurant, ce sont des inconnus au bataillon. Ce qui pourrait laisser croire qu’il s’agit d’un gouvernement de technocrates. Erreur. Ce troisième gouvernement du dernier mandat constitutionnel de Yayi, n’en est pas un. Il est plutôt un colmatage de personnages ayant pour mission, d’attiser le feu pour un troisième mandat qui devrait ouvrir le boulevard d’une vie présidentielle éternelle. Même la sortie du gouvernement de celle qui a lancé la boutade, de la manière la plus vilaine, s’inscrit dans un plan stratégique. C’est un secret de Polichinelle qu’elle sera récompensée autrement, comme sait bien le faire le prince de Tchaourou. Fatouma Amadou Djibril, en répondant à
l’instruction de la Cour constitutionnelle, suite à la saisine de deux citoyens pour déclarer ses propos, contraire à la loi fondamentale, est restée évasive.
Banalisation
Fatouma A. Djibril répondait à la Cour en ces termes : « j’ai expliqué de long en large comment le gouvernement a réussi à redonner la confiance aux producteurs du coton, aux égreneurs et aux transporteurs. (…) nous nous sommes focalisés sur les objectifs atteints, de part et d’autre, et sur ce que nous pensons faire de notre filière coton. » Dans une instruction, ces extraits d’un long paragraphe n’ont rien à avoir avec les réponses à apporter à la Cour. Après cette digression, qui assurément a distrait les membres de la Haute juridiction, elle en vient au réel sujet. Et voici ce que Fatouma Amadou écrit : « C’est à la fin de l’émission, que les journalistes, entre autres, ont demandé si le président allait faire un troisième mandat. C’est en donnant l’exemple du président Franklin Délano Roosevelt que j’ai dit, pourquoi pas un troisième mandat si le peuple le demande, bien sûr sans grande conviction. (…)
Mes propos sont mal compris. Je n’ai jamais voulu dire que le président devrait faire un troisième mandat en violation de notre Loi fondamentale ». C’est une insinuation qui dénote d’un manque d’égard vis-à-vis de la Cour. En réalité, celle qui a été condamnée par la Cour de Holo, ne regrette point ses propos, quand elle se réfère à une prétendue jurisprudence de la Haute juridiction, pour lui demander de déclarer irrecevable la requête de Jean-Claude Dossa, l’un de ceux qui ont formulé la plainte. Cela témoigne qu’elle a la couverture du patron de la Marina. Et puisque le ballon d’essai n’a pas donné le résultat escompté, Yayi et Holo ont cru devoir endormir le peuple en infligeant à Fatouma, chacun à son niveau, la sanction qui était de son ressort.
Un gouvernement de campagne
Suivez bien ce qui va se passer. D’office, les sept nouveaux ministres ont l’obligation, chacun en ce qui le concerne, d’aller dans sa région pour organiser des séances de prières, de marche de soutien au chef de l’Etat. Les quatre ministres qui ont changé de portefeuille iront dans leurs villages pour rendre grâce à Dieu et à Yayi pour leur avoir renouvelé la confiance. Parmi ceux qui sont restés au poste, plusieurs savent déjà bien jouer aux marionnettes. Constatez que le remaniement n’a pas concerné les départements de l’Atacora et de la Donga. Si le ministre des sports, Affo Safiou est moins virulent que Naomie Azaria, Eric Kouagou N’Da, Kassa Barthélémy et Alassane Soumanou dit Djimba Gatéri, sont des professionnels dans le marketing politique. Ils saisissent toutes les occasions pour se rendre chez eux. Raconter des anecdotes pour haranguer la foule, ils sont allés à cet enseignement. Souvenez-vous des propos du
griot, fils de Bouboule : « Quand le chef de l’Etat dit à gauche, tout le monde à gauche. Quand il dit à droite, tout le monde à droite... » Et son frère de Boukombé d’ajouter, « le moment venu, on vous dira là où il faut aller ». Les acteurs de la propagande au profit du chef de l’Etat sont en place.
Cadrillage du Nord-Est
Dans les départements du Borgou et de l’Alibori, la toute première option est de freiner les élans du général Robert Gbian, dont la candidature pour la présidentielle de 2016, est pratiquement formulée. Les lieutenants de l’intendant militaire à la retraite sont partout. On les rencontre à la fête Nonvitcha des Xwla et des Xwéda du département du Mono. Robert Gbian à l’estime de Rois béninois. Originaire de la commune de Bembèrèkè, Yayi n’a trouvé mieux que de vouloir l’affaiblir, non seulement en sortant son frère de l’Exécutif, mais aussi en nommant un fils de Roi de Bembèrèkè pour le contrecarrer. A Théophile Yarou, il ajoute un autre prince originaire de Banikoara, Rufin Nansounon. Une stratégie pour bénéficier du soutien des têtes couronnées, espère Yayi.
Le moyen-Bénin
Dans les Collines, il a fait de Komi Koutché, un ministre puissant, capable à lui seul de mener la propagande dans ce département territorial. Alors un point partiel, fait remarquer que le territoire national à plus de 80% de Dassa à Malanville et à Porga, sera sous la pression des sbires de Yayi pour des messes, kermesses, remerciements, marches de soutien….Et, pendant que nous y sommes, cela a commencé à Cobly avec Kassa Barthélémy et Eric N’Da pour un meeting de gratitude au chef de l’Etat. Dans la région méridionale, le scénario est le même. Les nouveaux ministres, s’ils veulent mériter leurs postes, doivent s’inscrire dans la logique. Et ainsi, c’est tout le pays qui sera pendant au moins six mois, sous la pression de la campagne en faveur de Yayi Boni. C’est là, le fondement du dernier remaniement ministériel. Mais, le peuple, seul détenteur de la souveraineté nationale, veille au grain pour ne pas compromettre le
label de la démocratie béninoise.
Jean-Claude Kouagou
source: quotidien "Le matinal" du 27 août 2014
mardi 19 août 2014
MATHURIN NAGO ET SA DESTINÉE.....
Edito : Mathurin Nago et sa destinée…
Il avait annoncé les couleurs. C’était le 06 janvier 2014, dans la salle du peuple au Palais de la République. Souvenir pour souvenir…Mathurin Coffi Nago regardant droit dans les yeux de Yayi Boni, à l’occasion d’échanges de vœux entre les premières institutions de la République, disait au maître des lieux : « …Monsieur le Président de la République, que sommes- nous aujourd’hui en face d’un peuple qui entend, mais ne voit pas souvent et ne croit plus en ce qu’on lui dit ; un peuple qui souffre parfois de l’action des responsables politiques et administratifs, pourtant investis de la mission de son développement ; un peuple qui exprime souvent le sentiment d’abandon ; un peuple qui exprime des sentiments d’incompréhension et de déception face à la multiplication des actes et des scandales de corruption et de malversation et face à l’inaction apparente des responsables et services compétents ; bref, un peuple au moral très bas et qui semble perdre confiance en lui-même et en ses acteurs et décideurs politiques ?
Ce sentiment de notre population ne signifie pas que votre Gouvernement ne mène aucune action de développement pour l’amélioration de ses conditions de vie, loin s’en faut ? Mais plutôt que l’action politique qui devrait lui procurer le mieux-être, est menée avec des moyens et des méthodes perfectibles et de plus, celle-ci est souvent marquée par d’importants actes de corruption et de gaspillage de fonds publics chèrement acquis et par l’impunité permanente. Nos concitoyens des villes et des campagnes en parlent entre eux et avec leurs députés. Ils désenchantent et s’emmurent parfois dans la prison du silence. La presse s’en fait souvent l’écho… ».
Sept mois passés, cette lapalissade exprimée par le Président de l’Assemblée nationale résonne encore dans le subconscient du peuple béninois. Et nous voyons voire constatons que les effets annoncés par ce diagnostic de Mathurin Nago porte leurs fruits. Plus rien n’est plus véritablement comme avant entre le « corbeau et le renard ».
« Quand je dis piiinnn… lui répond à Porto-Novo…paaannn ». Cette époque semble être révolue entre le leader des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) et lui, que certains considèrent, à tort ou à raison, comme le dauphin.
Le fils de Bopa commence-t-il à prendre en mains sa destinée politique en tentant de se démarquer des actions du régime Yayi Boni ? Commence-t-il à mieux voir qu’auparavant ? Commence-t-il à tirer conclusion des années Yayi pour se projeter dans l’avenir ? Commence-t-il à véritablement se forger une bonne stature d’homme d’Etat pouvant bénéficier de la confiance de ses compatriotes ? Commence-t-il à appréhender à travers un grand prisme ce que ses compatriotes pensent de lui ? Commence-t-il à mieux mettre le pied à l’étrier ? Commence-t-il…commence-t-il…commence-t-il…à répondre aux aspirations des Béninois, face au régime de la Refondation aujourd’hui tant décrié par la majeure partie des Béninois, qui sont dépités de tout ce qu’ils vivent et surtout des nombreuses promesses jamais tenues sous Yayi Boni ?
Pour l’observateur bien averti de la classe politique béninoise, il est, on ne peut plus clair, que Mathurin Nago n’est plus comme l’homme d’hier qui se pliait aux injonctions du gouvernement. L’homme donne aujourd’hui l’impression de ce président d’institution de contre-pouvoir. Il vient de le démontrer une fois encore à travers le renvoi dos-à-dos des tenants et les opposants à la proposition de loi relative au retrait du droit de grève aux magistrats. C’est au grand regret des initiateurs de cette loi à polémique qui a fait descendre dans la rue le gotha de magistrats béninois, avec à sa tête le truculent Michel Adjaka, président de l’Unamab. Ce fut une bataille gagnée par les magistrats. Peut-être encore sous la cendre. Mais, d’ores et déjà, Mathurin Coffi Nago peut s’enorgueillir d’avoir réussi à mettre en déroute certains de ses collègues qui, dans leur logique d’affaiblir le droit constitutionnel reconnu aux magistrats, s’égosillaient à mettre au pas les juges. Toute chose qui mettra en berne la démocratie béninoise chèrement acquise.
Le président de l’Assemblée nationale est aujourd’hui sur une pente glissante. Il devra s’y maintenir pour sa crédibilité. Il devra s’y attacher pour démontrer que son institution joue aujourd’hui plus que jamais son rôle de contre-pouvoir. Le peuple l’attend sur ce terrain. Que l’Assemblée nationale vote des lois républicaines et promotrices des droits de l’Homme, qu’elle contrôle l’action du gouvernement…telles sont les prérogatives constitutionnelles qui lui sont dévolues. Et Mathurin Coffi Nago en est le dépositaire à la tête des députés du Bénin. Ce n’est qu’à ce prix que le peuple serait satisfait du travail de ses députés. Il urge donc que les représentants du peuple avec leur Président en tête se reprennent pour ne plus désoler leurs mandants. On aurait simplement aimé voir à chaque fois l’Assemblée nationale jouer pleinement son rôle. Rien de plus…Rien de moins. Autrement, les propos tenus par le professeur Mathurin Coffi Nago, le 06 janvier 2014, devant Yayi Boni au Palais de la République, ne seront vus aujourd’hui comme un épiphénomène, qui n’avait autre objectif que de reproduire une réelle photographie de la société béninoise sous l’ère Yayi Boni. Si le Président de l’Assemblée nationale s’écarte aujourd’hui de ce sentiment du peuple béninois, demain, il en sera certainement le seul responsable. Et son destin pourrait en prendre un coup. Car, seul le peuple béninois est détenteur de la souveraineté nationale et internationale. C’est ce que je pense.
* Nouvelle publication
Je reste Apol
Source: le quotidien "le matinal" du 19 août 2014
ABSENCE AU MEETING DES FCBE A AVRANKOU: ENTRE YAYI ET AHOLOU KEKE, DÉJÀ LE DIVORCE?
Absence au meeting des Fcbe à Avrankou
Entre Yayi et Aholou Kèkè : déjà le divorce ?
Au meeting politique favorable au président de la République tenu ce samedi 16 août 2014 à Avrankou, l'absence de plusieurs cadres du regroupement politique Fcbe fut notable. Le cas du député, tête de liste Fcbe des dernières législatives, Hélène Aholou Kèkè fut très remarquable. Cette dernière ayant été l'un des artisans de l'échec que connait actuellement la proposition de loi sur le retrait du droit de grève aux magistrats, les observateurs se demandent si le divorce (politique) est déjà consommé ?
Qu'est-ce qui peut bien expliquer l'absence du député Hélène Aholou Kèkè au meeting politique du samedi 16 août 2014 à Avrankou ? C'est la question que l'on se pose au regard de la ville choisie pour accueillir cette rencontre, une des villes de la 20ème circonscription, dont est issue Me Aholou Kèkè. En effet, lors de ce meeting politique qui est une initiative des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) visant à reconnaître publiquement les nombreuses réalisations du gouvernement en faveur de la commune, plusieurs personnalités de la localité ont brillé par leur absence. Parmi ces personnalités, il faut citer entre autres les noms du chef d'Etat major, le contre-amiral Denis Gbèssèminhlan, de Hélène Aholou Kèkè. Cette dernière retient l'attention car ayant toujours participé à de nombreux meetings organisés dans cette circonscription électorale. Membre de cette sixième législature de l'Assemblée nationale, Hélène Aholou Kèkè est également présidente de la Commission des lois au sein de l'institution parlementaire.
Bouderie ou divorce ?
Ardent défenseur des réalisations sous le régime du changement, ses précédentes sorties dans la circonscription l'y obligeaient. Ces dernières semaines, la proposition de loi portant retrait du droit de grève aux magistrats du Bénin a fait parler d'elle. Ses multiples réactions affichées au sujet de cette loi fait d'elle, l'une des personnalités du Parlement béninois à se liguer contre certaines initiatives du gouvernement dont elle soutient les actions. Entre autres initiatives, il faut citer celle visant le maintien du président de la République au pouvoir au-delà de ses prérogatives constitutionnelles. Selon elle, il ne saurait avoir un quelconque vote parce que le premier rapport a été mal libellé. Mieux, selon elle, il n'y a pas un texte de loi autorisant le vote. Le règlement intérieur du Parlement indique que tout texte de loi avant d'être adopté, doit requérir l'avis de la commission. " La Constitution en son article 31, a déjà consacré le droit de grève et aucune loi ne peut le retirer. Toutefois, le même article permet de consacrer l'exercice du droit de grève qui permet d'encadrer la grève ", a laissé entendre le député Fcbe. Le soutien aux magistrats a d'abord été ferme en commission : à l'issue des débats du 10 juillet dernier, la majorité des députés présents (7 sur 9) a opté pour le maintien du droit de grève des magistrats en votant contre le texte proposé même en l'absence du député de la 20ème circonscription, et deux députés ont voté pour. Lors des débats en plénière au parlement, ce soutien a été encore réaffirmé. Les députés signataires de cette proposition de loi entendent poursuivre le combat devant les juridictions compétentes. Ce combat pour le droit des magistrats a permis de connaitre le nouveau visage que présente l'Assemblée nationale si on s'en tient aux chiffres puisque la mouvance parlementaire n'a plus la majorité. De 45 au départ, ils seraient aujourd'hui moins de 30 à tenir encore rigueur au vote de cette loi.
La mouvance à l'épreuve !
Avec la nouvelle dynamique que présente le parlement béninois, le chef de l'Etat ne peut que prendre d'autres mesures pour mettre de l'ordre dans sa troupe. Et la course pour les prochaines élections législatives est déjà lancée, seuls ceux qui présentent une assurance de soutenir les actions du chef de l'Etat seront promus. Cela revient à dire que ceux qui ont, d'une manière ou d'une autre favorisé l'échec des initiatives du gouvernement voleront de leur propres ailes lors des législatives. L'absence du député Aholou Kèkè au meeting pourrait indiquer que le profond malaise qui sévit au sein des Fcbe depuis peu s'accentue.
Gathum Gbaguidi
Source: le quotidien "Adjinakou" du lundi 18 août 2014
Inscription à :
Articles (Atom)



