mardi 3 juin 2014

AFFAIRE BÉNIN CONTROL CONTRE ETAT BÉNINOIS: LA DEUXIÈME MANCHE DU COMBAT JURIDICO-POLITIQUE SE PROFILE A L'HORIZON

Eclairages du secrétaire général de l'arbitrage à l'OHADA
Yayi-Talon, nouvelle bataille en vue
La décision condamnant l'Etat béninois dans le dossier l'opposant à la société Bénin Control Sa, est une décision qui émane des arbitres privés. L’Etat béninois a donc introduit un recours contre ladite décision saisissant ainsi la Cour commune de justice et d'arbitrage de l’Ohada qui statuera. C’est du moins ce qu’il convient de retenir de la sortie en fin de semaine écoulée du Secrétaire général de l'arbitrage à l'Ohada. Il va donc sans dire que c’est maintenant que se prépare véritablement le procès qui connaitra du différend entre Bénin Control Sa et l’Etat béninois. 
Pour taire la grande polémique qui a enflé depuis l’annonce de la décision de l’Ohada condamnant l’Etat béninois à verser plus d’une centaine de milliards à l’homme d’affaires Patrice Talon en guise de dédommagement dans le cadre de la résiliation unilatérale du contrat Pvi avec la société Bénin control Sa,  le  Secrétaire général de l'arbitrage à l'Ohada est monté au créneau pour situer l’opinion publique.  Dans un entretien accordé à un média panafricain, Narcisse Aka explique non seulement la portée de la sentence objet de polémiques mais aussi ses implications les plus évidentes.
                                                                                                                                                                    
Le Bénin a bien été condamné
Contrairement aux allégations des autorités béninoises visant à faire croire que l’Etat béninois n’a jamais été condamné, le Secrétaire général de l'arbitrage à l'Ohada affirme bien l’existence d’une sentence condamnant le Bénin à dédommager l’homme d’affaires Patrice Talon. Sauf que Narcisse Aka fait une nuance assez importante : « la décision condamnant l'Etat béninois dans le dossier l'opposant à la société Bénin Control Sa, était une décision prise par des arbitres privés ». Mieux, reconnaissant  que les décisions de la Cour prête souvent à confusion, Narcisse Aka précise que la Cour rend deux types de décisions: des arrêts et des avis. « S'agissant du Bénin, il faut savoir qu'il y a deux dossiers: Bénin control Sa contre Etat du Bénin et Société SCP et Patrice Talon contre Etat du Bénin », explique-t-il en faisant remarquer  qu’il y a donc deux décisions arbitrales. Le  Secrétaire général de l'arbitrage à l'Ohada souligne alors  « que la Cour commune de justice et d'arbitrage de l'Ohada n'a rendu aucune décision dans le cadre du dossier Talon condamnant l'Etat du Benin, (…)  mais la Cour abrite en son sein un centre d'arbitrage. Et dans le cadre des activités du centre d'arbitrage, des tribunaux arbitraux peuvent être appelés à rendre des sentences arbitrales». Pour finir, Narcisse Aka conclut que « les tribunaux arbitraux sont conduits par des arbitres qui sont des personnes privées qui rendent des sentences arbitrales. Donc, dans les deux dossiers qui nous concernent, les tribunaux arbitraux qui ont été saisis par les sociétés Benin Control et Patrice Talon, siégeant dans le cadre du centre d'arbitrage de la Cour, ont rendu deux sentences arbitrales, qui ne peuvent pas être considérées comme des décisions de la cour. Ce sont des sentences de tribunaux arbitraux ».
 
Saisine officielle de la Ccja
Comme pour donner raison au ministre du développement qui déclarait que plusieurs voies de recours s’offrent au Bénin, le Secrétaire général de l'arbitrage confirme que les dispositifs de l’Ohada permettent des recours, lorsque des sentences sont rendues par des tribunaux arbitraux. Dans le cas d’espèce, il informe donc que le Bénin à travers Me Sadikou Alao, a introduit deux recours en contestation des sentences arbitrales devant la cour. "Donc c'est maintenant que la Cour commune de justice et d'arbitrage va être officiellement saisie, suite au recours introduits par l'Etat du Benin contre ces sentences », déclare Narcisse Aka qui précise que « ces recours ont un effet automatiquement suspensif » de l'exécution de la sentence, jusqu’à ce que la Cour se prononce sur cette question.
A bien y voir, le procès entre l’homme d’affaires Patrice Talon et l’Etat béninois passe désormais à une seconde instance dont la sentence est sans recours et s’impose aux deux parties. Il convient donc de se demander si les autorités béninoises ont assez  de moyens pour gagner ce nouveau procès surtout quand on sait que depuis la crise, Patrice Talon a été donné vainqueur par toutes les décisions de justice intervenues jusque-là? Dans quelles  conditions la Cour peut-elle contredire le tribunal arbitral ? Que reste-t-il du pardon présidentiel ?
 
Vitali Boton
source: le quotidien "Le journal adjinakou"

AFFAIRE BÉNIN CONTROL s.a CONTRE L'ETAT BÉNINOIS: LES MENSONGES D'ETAT


Depuis une semaine, les autorités béninoises n’ont que ce bout de phrase sur les lèvres : « le Bénin ne payera pas ». C’est la trouvaille de nos dirigeants. Plus précisément le président Yayi Boni et ses marionnettes de ministres. Ils prétendent même que l’Etat du Bénin n’a pas été écouté et que la décision ne provient pas de l’Ohada. Mais ne les croyez pas. C’est de l’intoxication, de la manipulation savamment orchestrées dans le triste dessein de tromper les populations.
Le débat est déjà biaisé par Yayi Boni et ses ministres. On a même l’impression que le président de la République ne comprend rien de la décision du tribunal arbitral. Face aux jeunes, le président lisait un mémoire, sans doute rédigé par le ministre de la Justice qui lui-même ne connaît rien en la matière. Finalement, nous sommes en présence d’autorités qui ignorent tout du sujet dont elles discutent.
L’Etat peut ne pas payer les 160 milliards…
Reprenons ici ce que chacun d’eux a dit au cours de la semaine. Lisez attentivement leurs propos car, cela témoigne soit de la méconnaissance du dispositif de sentence, soit alors, plus grave encore, d’une entreprise de manipulation.
Djènontin-la-honte : « … Nous rassurons le peuple que le Trésor public n’aura pas à débourser un franc pour payer un quelconque dédommagement à qui que ce soit dans ce dossier… L’Etat béninois n’aura à payer quoi que ce soit… ».
Marcel de Souza : « …Le Bénin ne payera rien, pas un seul franc. Aucun franc ne sortira des caisses de l’Etat… ».
Yayi Boni : « …Mon pardon est total mais pas au point de prendre les ressources des Béninois, les fonds publics et les gérer n’importe comment…non. Pas à ce point. Le pardon n’est pas allé à ce point. Entendons nous bien…si j’ai 160 milliards aujourd’hui, je préfère mettre ça à votre disposition vous les jeunes ».
Quand on lit ces déclarations, on est porté à croire ceci : L’Etat béninois a été condamné à payer 160 milliards à la société « Benin Control S.a ». Ce qui est très faux. Le Bénin n’a pas été condamné à payer d’office 160 milliards à « Benin Control S.a ». Car l’Etat béninois a une alternative :
- ou, l’Etat ordonne à « Benin Control S.a » de reprendre ses activités, c’est-à-dire le Pvi ; le cas échéant, l’Etat ne paie rien du tout. D’ailleurs, c’est la voie de la sagesse si vraiment Yayi Boni était un homme de paix et si son supposé pardon venait du fond du cœur. Dans ce cas, « Bénin Control S.a » reprend le Pvi et tout le monde est quitte. Le tribunal a donné deux mois à l’Etat béninois pour se décider.
- Ou alors, l’Etat ne rétablit pas « Benin Control S.a » dans ses droits, et dans le cas contraire, il devra verser 160 milliards à « Bénin Control S.a ». Ce qui sera suicidaire pour l’Economie nationale. (Voir dispositif de la Ccja en encadré).
Comme vous l’avez compris, c’est l’un ou l’autre cas. Pas les deux à la foi.
Mais, l’on ne sait pourquoi, les dirigeants du Bénin ont choisi d’intoxiquer la population en invoquant seulement l’autre cas de figure, c’est-à-dire les 160 milliards à payer, en omettant de dire qu’ils ont le choix de ne pas payer en rétablissant « Benin Control S.a » dans ses droits. La dernière décision revient donc à Yayi Boni. S’il le veut, l’Etat ne payera rien à « Benin Control S.a » ; ou alors, il peut choisir la voie des ténèbres en payant 160 milliards.
D’ailleurs, le président Yayi Boni doit cesser de personnaliser le débat. Patrice Talon n’est pas « Benin Control S.a ». « Benin Control S.a » est une société de droit béninois. C’est une société anonyme et Patrice Talon n’est pas le seul actionnaire. Dire : « On nous dit au Bénin de payer 160 milliards F Cfa à un compatriote » n’est pas digne du premier des Béninois. Il personnalise le débat ce qui laisse supposer que son pardon est du bout des lèvres.
Il s’agit bel et bien d’une décision de l’Ohada
« Ce dossier n’est pas une décision de l’Ohada. L’Ohada n’est pas informée… L’Ohada aujourd’hui certainement n’est pas informée. Dites à vos amis et jeunes de la presse de faire des recherches, d’être des journalistes d’investigation pour comprendre exactement comment les choses fonctionnent. Lorsqu’il y a une situation comme cela, la première des choses, c’est d’aller chercher, appeler les gens pour savoir comment cela fonctionne. A moins qu’on soit en mission commandée…. » Yayi Boni.
C’est quand même étonnant qu’en voulant donner des leçons de morale aux journalistes, que Yayi Boni se soit pris à son propre piège. Si bien qu’on se demande entre Yayi Boni et les journalistes, qui est vraiment en mission commandée. Descartes devra modifier son assertion selon laquelle « Le bon sens est la chose la mieux partagée ». Car, au Bénin, le bon sens semble être la chose moins partagée.
La décision de la Ccja a été notifiée à l’agent judiciaire du trésor par exploit d’huissier. Le bon sens aurait voulait qu’on interroge l’Ajt sur la provenance du document. Elle est magistrate de carrière.
Lorsqu’on reçoit un tel document, le bon sens aurait voulu qu’on jette un coup d’œil sur la page de garde. Et qu’est ce qu’on y découvre ? C’est écrit en caractère d’imprimerie : « COUR COMMUNE DE JUSTICE ET D’ARBITRAGE (CCJA) DE L’OHADA ». Même un aveugle devrait pouvoir le lire. Ensuite le dossier a un numéro : 004/2013AR13du 07 mai 2013. Le bon sens nous a guidés nous autres, journalistes à appeler Abidjan pour demander à quel dossier est rattaché ce numéro. On nous a bonnement répondu « La société Benin Control S.a contre Etat du Bénin. Enfin, le tribunal n’est pas composé de personnes fictives. Le bon sens nous a également poussés à demander qui est Cheikh Ahmed Tidiane Coulibaly. Pour faire plus simple, le président de la République gagnera à faire un tour sur le Net. Bref.
La décision émane bel et bien de l’Ohada, ou plus précisément de sa Cour commune de justice et d’arbitrage (Ccja). Un président de la République a tous les moyens, humains et matériels, pour vérifier une information. Le Bénin a un Ambassadeur en Côte d’Ivoire. Le Bénin a un Consul là-bas. Alors qui est en mission commandée ? Ici, la mission s’avère être la chasse aux opérateurs économiques du Bénin.
Le Bénin connaît le dossier et a participé à la procédure…
« … Et il va à l’arbitrage de l’Ohada. Et là-bas, si vous avez des problèmes et quand vous allez là-bas, chacun choisit son arbitre et l’affaire est gérée. Tel n’est pas le cas. Le Bénin n’a choisi personne. Le Bénin n’a jamais été écouté. Il est allé là-bas. On sait dans quelles conditions ça se fait. Et puis, c’est des juges privés. Il a pris ses juges privés. Il semble qu’on nous a trouvé des juges privés. C’est bizarre. On nous a trouvé des juges privés qui ont parlé en notre nom et qui, semble-t-il, devaient nous défendre sur un dossier qu’on ne connaît même pas…. La Cour n’a même pas encore été saisie de ce dossier… Ce que le ministre a voulu dire, je crois, ce tribunal arbitral constitué à leur manière, a statué sans convention d’arbitrage. On devrait s’entendre pour y aller mais on ne s’est pas vu. Voici un vice de ce jugement-là. Et je dis que c’est un jugement qui a été fait par les juges privés que le Bénin ne connaît pas… » Boni Yayi.
L’on sait déjà que le président n’a pas de ministre de Justice. Un administrateur des hôpitaux ne peut être ministre de la Justice. Mais le président n’a-t-il pas un conseiller juridique ? On sait qu’il a un Agent judiciaire du Trésor (Ajt). Une dame très compétente. Mais alors, a-t-il demandé son avis ? Nous sommes la risée de toute l’Afrique actuellement. Comment un président de la République, président en exercice de l’Uemoa, ancien président en exercice de l’Ua, ancien président de la Boad, peut-il penser que l’Ohada travaille avec des juges privés ? Qu’appelle-t-il d’ailleurs juge privé ?
Comment peut-il dire que la Cour d’arbitrage n’a pas encore été saisie alors que le Bénin a fait parvenir les moyens par lesquels il entend débouter « Benin Control S.a » ? Qui a écrit ces moyens et qui les a envoyés à Abidjan ? (Voir encadré ci-dessous).
De même, dire que le « Bénin n’a jamais été écouté », c’est faire preuve de mauvaise foi. A l’avant dernier alinéa de la sentence, on peut lire : « cependant, l’Etat du Bénin, qui par lettres en date des 16 juillet, 16 août, et 6 septembre 2013, a transmis à la Ccja, ses réponses à la demande d’arbitrage et produit des moyens de fond et de forme, tout en s’abstenant de désigner un arbitre, n’a pas soulevé d’objection concernant les arbitres désignés et nommés, ni aucune observation sur la compétence et la régularité du tribunal arbitral ». Comment peut-on prétendre dans ce cas n’avoir jamais été écouté ?
Quand le président Yayi Boni dit : « quand vous allez là-bas, chacun choisit son arbitre et l’affaire est gérée. Tel n’est pas le cas. Le Bénin n’a choisi personne ». Evidemment que le Bénin ne peut choisir personne car, ce même Bénin conteste la compétence de la Cour d’arbitrage. D’ailleurs, le point 42 de la sentence dit : « ...l’Etat du Bénin qui conteste l’arbitrabilité du litige ne peut en conséquence choisir un ou des arbitres ni le siège et la langue de l’arbitrage ». C’est le bon sens dont parle Descartes. Dire que le Bénin n’a choisi personne est un non sens.
Le gouvernement a voulu jouer comme d’habitude. Le gouvernement a voulu faire du dilatoire comme d’habitude. Le gouvernement a voulu tricher comme d’habitude. Le gouvernement a voulu tuer un homme d’affaires comme d’habitude. Mais cette foi-ci, il a été pris dans son propre piège et se débat comme un diable de Tasmanie à qui l’on est en train d’arracher une proie.

Charles Toko
source: le quotidien "Le matinal" du mai

CONDAMNATION DU BÉNIN PAR LA CCJA DANS L'AFFAIRE Pvi/BÉNIN CONTROL:LES ÉCLAIRAGES DE MAITRE DJOGBENOU SUR LES POSITIONS DU GOUVERNEMENT BENINOIS









Maître Joseph Djogbénou
avocat à la cour.

Suite au refus du Garde des Sceaux de respecter l’arbitrage de la Ccja:Les avocats Djogbénou et Djikui relèvent les inexactitudes de la décision du gouvernement


La décision du gouvernement d’ignorer le jugement rendu par la Cour commune de justice et d’arbitrage de l’Ohada dans les affaires opposant Bénin Control Sa et l’Etat béninois a fait réagir plusieurs avocats. Mes Cyrille Djikui et Joseph Djogbénou ont dans de différentes tribunes, relevé les incohérences de la décision du gouvernement. Lire l’intégralité de leurs réactions. 
Les inexactitudes, le kopeck, et le sinistre…


Je m’étais résolu à observer, dans le silence, les suites que l’Etat du Bénin réserverait à une décision de justice, rendue sous les auspices d’une juridiction communautaire à la fondation de laquelle il contribue inlassablement. A écouter le ministre en charge de la justice ce soir du 26 mai 2014, exposant avec arguties, la rébellion du prince à la décision de justice, je réalise que ma résolution était vaine, les inexactitudes, le kopeck et le sinistre traduisant un véritable désastre auquel nul ne saurait rester indifférent.
1°) Les inexactitudes. La parole ministérielle, avec l’onction présidentielle, en comporte une myriade. Mais on peut en oser une synthèse : celles qui procèdent de l’ignorance et celles qui résultent de l’incompétence.

a) Les inexactitudes procédant de l’ignorance. L’ignorance de la procédure d’arbitrage est la première salve du Gouvernement contre la sentence rendue et, par conséquent, contre la juridiction d’intégration et, par delà, tout le système Ohada. Soit la mémoire de l’administration a failli, soit celle des collaborateurs subit un exil passager. Mais la lecture de la sentence aurait pu corriger l’oubli, si elle était faite avec lucidité. On y lit, en effet, que :
i. A la suite des péripéties sur lesquelles il n’est plus opportun de s’attarder ainsi que de la demande de conciliation qu’elle a vainement formulée à l’endroit de l’Etat, Benin control SA a dû se résoudre à introduire une demande d’arbitrage. Cette demande a été introduite à la Ccja le 7 mai 2013.
ii. Le 4 juin 2013, la demande d’arbitrage est notifiée à l’Etat par la Ccja. Dès cette date, l’Etat était dans la connaissance de la procédure engagée.
iii. D’autant que dès le 17 juin 2013, l’Etat formule une première réponse procédurale en confirmant, par lettre, son identité, son adresse au titre de la procédure, ainsi que son domicile élu.
iv. Il s’engage définitivement dans cette procédure par une série de correspondances et un mémoire (c’est-a-dire une réponse en défense aux demandes de Benin control Sa), tous disponibles. C’est ainsi que les 16 juillet, 16 août et 6 septembre 2013 l’Etat béninois soit confirme, soit conteste dans tous les cas soulève des moyens de procédure et de fond qui, au demeurant, sont exposés dans la sentence arbitrale. Le ministre a manqué de rappeler, à moins que Mme l’Agent judiciaire du trésor ait oublié de l’en aviser, les nombreuses relances, que le secrétariat de la Ccja a adressées à l’Etat ; le déplacement que Mme l’Ajt a, elle-même, effectué à la Cour.
Les inexactitudes concernent également la date de la sentence que l’on tente de faire coïncider avec le résultat de la médiation conduite par le Président Abdou Diouf. Il suffira juste de relever sur la sentence que celle-ci date du 13 mai 2014 alors que la déclaration de M. Boni Yayi qui date du 14 mai…
Cette ignorance prétendue de la procédure d’arbitrage mais non avérée traduit plutôt une autre, gravissime, celle du droit au moyen duquel l’on doive défendre, et l’Etat, et les citoyens. Il sera rappelé en effet par les juristes qu’il n’y a pas de procédure d’arbitrage en l’absence des parties. On dira qu’il n’y a pas de défaut en matière d’arbitrage. C’est pour cela qu’il n’y a pas de recours en opposition (le recours que la personne absente dans une procédure exerce lorsqu’elle a connaissance de la décision rendue) en matière d’arbitrage. Aucun tribunal arbitral n’examine une affaire s’il ne s’assure que toutes les parties sont dans la connaissance de cette procédure et sont mises en demeure d’exposer leurs moyens de défense.


b) L’incompétence. Au vrai, ces péripéties procédurales posent la question de la compétence et la pertinence de l’élite au pouvoir. Il souviendra à chacun que la rengaine du droit administratif qui eut pu selon certains, conduire cette affaire dans les casiers de la chambre administrative aux fins, à tout le moins, de réfrigération prolongée, fut chantée dès le départ. Un solide fondamentalisme s’était développé à cet effet, de sorte à faire de chaque béninois, outre un spécialiste de droit constitutionnel, un affidé de droit administratif. Le contrat était enseigné dans les facultés, la sentence prononcée dans les marchés. On a tenté d’éluder avec aveuglément et mépris, l’existence de la convention d’arbitrage et de ses suites nécessaires. On renie la clause d’arbitrage dans le contrat conclu avec Benin control. Mais on le conclut avec un enthousiasme complaisant, dans ceux de Nocibé et de Bolloré. On s’est gaussé de la force du droit en exhibant le droit de la force. On se contente de juger devant les médias au lieu de plaider devant les juges. Et devant l’opinion, on se contente des suffrages de l’émotion à défaut d’obtenir, devant les juges, ceux de la raison. L’Etat n’a pas le droit de se comporter ainsi. C’est de la pure incompétence de se mal défendre et d’exposer, après, les juges à la vindicte populaire. Au Bénin, la justice n’est impartiale que lorsqu’elle prend le parti de M. Yayi.
Mais l’incompétence ne conduira pas seulement à la menace de retrait de l’Etat d’une organisation interétatique telle que l’Ohada, elle risque de conduire les gouvernants à exercer la violence, à soulever les peuples contre eux-mêmes et contre ceux qui font à nouveau l’objet de fatwa. C’est l’incompétence qui affaiblit l’esprit. Le garde des sceaux, en dépit de toute sa bonne volonté et de ses qualités intrinsèques en matière d’administration des hôpitaux ne paraît pas à sa place au Gouvernement. A continuer de mal garder les sceaux, le risque est bien élevé de se faire garder par des sots.


2°) Le kopeck. « L’Etat ne paiera aucun Kopeck ». Cette affirmation suggère, sans aucune nuance, que l’Etat est condamné à payer 129 000 000 000 à Benin Control S.a. Mais la décision ne devrait pas conduire à cette hypothèse si la responsabilité et la lucidité avaient regagné la gouvernance. En effet, le tribunal ordonne, en principal, à l’Etat de poursuivre l’exécution du contrat. Il lui a prescrit un délai à cette fin : 60 jours. C’est à défaut de s’exécuter dans ce délai que le tribunal prononce une condamnation de substitution qui est le reflet, non seulement de la perte éprouvée, mais aussi du gain manqué. Bien sûr, l’Etat pourrait n’avoir à payer aucun franc à qui que ce soit. Mais à condition de respecter sa parole, sa signature et les décisions de justice.
Il faut que chacun agisse afin que celles et ceux qui représentent l’Etat recouvrent la raison. Le Bénin n’est plus isolé. Et Bénin Control est une constellation d’intérêts dont les visages les plus évidents ont nom « banques », « assurances », « sous-traitants », « sécurité sociale », « trésor public »… Chaque chercheur d’information pourrait, à tout le moins se renseigner auprès des juridictions béninoises sur les nombreuses actions en justice à l’encontre de Bénin Control Sa, introduites par les sous-traitants dont certains offrent déjà leurs services pour exécuter le programme de certification des valeurs. Il faut interroger les sociétés Bureau Veritas, Béton armé ; les salariés de Bénin control sur une éventuelle et « patriotique » renonciation, pour les uns à leurs marchés en sous-traitance, pour les autres à leur emploi et, au pire, à leurs droits sociaux.
Le temps n’est pas aux lamentations, aux dénégations, aux dénigrements ni aux suppliques à l’égard d’un individu. Il est à l’appréhension objective et au traitement rigoureux de cette affaire. On doit savoir que tout ce qui est lié au port, à l’aéroport, au coton, lie les banques primaires dans lesquelles beaucoup de citoyens ont leurs comptes, c’est-à-dire leur fortune et qui sont appelées à financer les projets individuels et collectifs. Admettre que l’Etat, au moyen de la force, s’abstienne d’honorer ses engagements, d’assumer sa responsabilité, c’est conduire ces banques à consumer une part importante de leurs capitaux. Celles et ceux qui en sont proches renseigneront les journalistes sur la pression de la commission bancaire (encore une émanation d’une institution communautaire) qui les conduit déjà à réduire la distribution du crédit et, ainsi, à ralentir les efforts en vue du développement économique. C’est une solution suicidaire pour l’économie d’espérer que l’Etat n’assume pas sa responsabilité. Le problème n’est pas la résistance à l’exécution d’une décision. Le véritable problème, la plus grande crainte, est le coût d’une exécution tardive d’une décision de justice. Il faut que le gouvernement évite d’ajouter, à l’incompétence dans la conduite de cette affaire, l’incompétence dans sa conclusion.

Que le Gouvernement reprenne l’exécution du contrat de Pvi comme le prescrit la sentence et il n’y aura pas un kopeck à payer !
3°) Le sinistre. Certains ne se sont guère mépris. L’impression d’apaisement de cette semaine est bien le calme qui annonce une autre tempête. Le président est redevenu général et le discours martial. Un ministre est reçu en audience avec un cabinet de guerre, et la télévision montre qu’à leur suite, les généraux en cénacle furent également reçus. Ce ministre expose, dans la foulée, un plan de guerre contre l’économie et l’emploi. C’est que la paix se repose encore, hélas. On devra attendre. Mais un ministre n’a pas vocation à annoncer un sinistre. Il a, avec son chef, à incarner l’Etat, avec sagesse et raison. Mais il semble bien que sous nos cieux, certains sont, à l’instar des logiciels, bien programmés. Il n’y a donc pas eu de surprises. Sauf que sur la Table ronde de Paris, il faudra mettre quelques comprimés d’aspirine à la disposition des investisseurs convoqués : Le Bénin n’exécute pas les décisions de justice et, si bon lui semble, se retire des organisations d’intégration. Il est souverain, avec son droit et sa chambre administrative !
Joseph Djogbénou

Propos recueillis par Afrika 7
Source: Le matinal du 30 mai

samedi 24 mai 2014

AFFAIRE PVI: LA JUSTICE CONDAMNE L'ETAT BÉNINOIS A VERSER D'IMPORTANTS DOMMAGES ET INTÉRÊTS A MONSIEUR PATRICE TALON

Dossier Pvi : verdict de l’Ohada
Un dédommagement de 120 milliards
(Patrice Talon reprendra aussi la Sodéco)
 
 
 
Ça se complique pour Boni Yayi. Son scenario de pardon présidentiel a au moins un avantage : il démultiplie ses épreuves de fin de règne. La Cour commune de justice et d'arbitrage de l'Ohada en prononçant son verdict dans le dossier PVI-Nouvelle génération, somme l’Etat béninois à verser 120 milliards  F. CFA à titre de dommages et intérêts à l’homme d’affaires Patrice Talon. Pendant  que les prévenus dans les dossiers de tentatives présumées d’empoisonnement et de coup d’Etat veulent coûte que coûte rétablir la vérité après leur libération, le principal acteur de la médiation Abdou Diouf renonce à son engagement.
 
 
La salutaire médiation engagée par le Secrétaire général de l’Organisation international de la Francophonie risque de ne pas aller à son terme. Pour cause, des sources dignes de foi annoncent depuis ce mercredi 21 mai 2014, la démission d’Abdou Diouf dont la médiation dans les affaires de tentatives présumées de coup d’Etat et d’empoisonnement a pourtant été recommandée par le président Français, François Hollande. Les mêmes sources expliquent que le découragement de l’ancien président de la République du Sénégal serait motivé par la grande campagne d’intoxication et les manipulations dont ferait montre le chef de l’Etat Béninois dans la gestion de la crise qui venait à peine de connaitre un dégel partiel. Du coup, l’on est amené à se demander  si le renoncement du Secrétaire général de la Francophonie n’est-elle pas du genre à enfler la polémique autour de la fameuse lettre de l’homme d’affaires Patrice Talon au Président Abdou Diouf, ou du moins, de l’interprétation abusive qu’en fait le président Boni Yayi ? En attendant d’en savoir d’avantage, on retiendra que le chef de l’Etat n’est pas encore au bout de ses peines surtout que les détenus libérés de prison viennent d’ouvrir quarante huit (48) heures seulement après leur libération, le bal des déballages.
 
 
Bataille juridique, un nouvel échec pour Yayi
 
Même sur le plan juridique, le locataire de la Marina ne réussit pas à tirer son épingle du jeu. En effet, l’homme d’affaires qui, après avoir été contraint à un exil, a vu l’Etat béninois s‘arroger plusieurs de ses bien commence par être rétabli dans ses droits. C’est du moins ce qu’on pourrait déduire de la décision de la Cour Commune de Justice et d'Arbitrage de l'Ohada qui vient de désavouer le gouvernement béninois. Présidée par Marcel Serekoisse-Samba de la République Centrafricaine, la Cour Commune de Justice et d'Arbitrage de l'Ohada vient de statuer sur les dossiers PVI-Nouvelle génération et Sodéco.
 
Pour le Pvi-Ng, l’Ohada condamne le gouvernement béninois et exige de lui plus de cent vingt milliards (120.000.000.000) de Fcfa à verser à titre de dommages et intérêts à l'homme d'affaires Patrice Talon avec un délai de sommation de soixante (60) jours pour retourner à Bénin Control SA ses activités au risque de subir des dommages et intérêts supplémentaires.
S’agissant de la Sodéco, l’Ohada somme l’Etat béninois de quitter au plus tôt le capital de ladite société, vu que les actionnaires lui versent un dividende de douze milliards (12.000.000.000 F cfa). Les dites décisions seraient même déjà notifiées à l'Agent judiciaire du Trésor, Sévérine Lawson.
 
 
Vaste scandale
 
A bien y voir, les dossiers de tentatives présumées de coup d’Etat et d’empoisonnement constituent un vrai péché commis contre tout le peuple béninois. Sinon, comment comprendre que, rien que pour combattre un seul homme, l’on ait pu saboter l’image d’un pays et de ses institutions et par finir, plus d’une centaine de milliards seront puisés dans les caisses de l’Etat, soit plus de 10 % du budget national pour rendre justice à un l’homme qui, sur toute la ligne a réussi à imposer son leadership à tout un gouvernement? Les successives décisions de Justice intervenues depuis les querelles entre Boni Yayi et son ancien ami Patrice Talon, ne sont-elle pas du genre à confirmer la thèse du ministre Moudjaïdou Soumanou qui, à sa sortie de Prison, dénonçait un montage grotesque ?   Toutefois, en plus de rendre justice à Patrice Talon, les décisions de l’Ohada sont de nature à favoriser la réinsertion professionnelle de plusieurs centaines de travailleurs béninois entrés en chômage avec les agissements du gouvernement.
 
Vitali Boton
source:le journal Adjinakou
 
 

lundi 7 avril 2014

APPEL DE MONSEIGNEUR GANYE AUX SYNDICALISTES BÉNINOIS EN GRÉVE DEPUIS JANVIER 2014:CE QUE LE PRÉLAT AURAIT PU DIRE AUSSI!

Lors de la célébration eucharistique tenue à l'église saint Michel de Cotonou, dans le cadre des festivités de l'an trois de la deuxième mandature du chef de l'Etat, le président Yayi Boni, l'archevêque de Cotonou, Monseigneur Antoine Ganyè, au terme de la messe a cru devoir dire quelques mots à l'endroit du chef de l'Etat, l'heureux du jour, et des syndicalistes béninois en grève pour diverses raisons depuis janvier 2014.
Le moins que le puisse dire, est que le prélat a prit fait et cause pour le président Yayi Boni.

MONSEIGNEUR ANTOINE GANYE
ARCHEVÊQUE DE COTONOU.

Car, si l'homme de Dieu a pu reconnaître publiquement:"...Vous tracez des pistes; vous ouvrez des voix; vous êtes dans les champs pour l'agriculture; vous vous battez de votre mieux contre le délestage très rebelle...  Vous avez une politique de main tendu que je vous encourage à maintenir; toujours la main tendue à tout le monde.Vous avez rendu visite à monsieur Amoussou Bruno....Les gens disent que vous êtes mon ami (rire), je ne sais d'où ils tiennent cela.(...) A mes amis syndicalistes, je voudrais leur demander de lâcher le mot; un seul mot sur lequel tout le peuple les attend. Toute cette jeunesse qui erre dans les rues sans occupation à cause de cette grève vous attend pour vous faire une ovation. Pardonnez! Je sais que vous êtes blessé dans votre amour propre mais parfois, c'est lorsque l'on atteint un tel niveau qu'il faut pardonner à l'auteur de votre frustration..."
Voilà à peu près les propos du prélat catholique dimanche dernier devant le chef de l'Etat tout heureux et presque excité. 
Oui, d'accord pour le pardon; mais lorsque les coupables ou fautifs n'ont aucun remord de lors acte? Lorsque les gens qui ont fait couler du sang humain se pavanent de festins et festins, buvant alcool sur alcool, dansant et montrant leur bedaine à qui veut la voir,  quelle valeur a ce pardon? L'archevêque de Cotonou en s'invitant aussi brutalement dans ce débat nous étonne, et étonne tout le Bénin sérieux. Car voilà depuis trois mois que dure cette crise; et à aucun moment, nul n'a entendu une médiation initiée ou dirigée par le clergé. Pour tous les observateurs de la vie socio-politique nationale, le silence du clergé est peut-être dû aux pugilats verbaux qu'il reçus dernièrement du pouvoir au sujet  des affaires dites tentatives de coup d'Etat et d'empoisonnement du chef de l'Etat. 
Dans l'église catholique romaine, le sang est sacré. Pour preuve, celui de Jésus, fils de marie versé depuis des millénaires continue d'être pleuré et ritualisé à ce jour. 
Le silence de l'église catholique au sujet du sang des syndicalistes versé dans la violence absolue ce 27 décembre 2013 nous étonne encore! Comment le prélat, tout heureux de louer les efforts de Yayi Boni dans un pays où on a faim; où les écoles, lycées, collèges et universités sont fermés; où  l'obscurité dicte ses lois; où les robinets sont constamment à sec; où le régionalisme est érigé en mode de gouvernance;  où les scandales économiques et financiers sont légions au sommet de l'Etat, et où les proches du chef sont protégés contre vents et marrées et promus, mais où les autres sont démolis, noyés pour la moindre erreur, comment le prélat n'a pas pu dire un mot sur toutes ces choses? Si le prélat reconnait que tout le monde le dit ami de Yayi, il ne le dément pas non plus! Or, il serait plus intéressant pour le vieil homme que Yayi avec ces méthodes de gouvernance, sa vengeance aveugle et ethnique sur certains de ses compatriotes ne soit pas l'ami d'un homme de Dieu, homme public comme l'archevêque. Comment et par quelle maladresse feinte ce vieillard que nous respectons tous,  non pour sa robe mais pour ce qu'il est sensé incarné, n'a  pas cru devoir dire que le préfet et le commissaire central méritaient bien d'être sanctionné avant d'inviter au pardon? mais Au nom de quoi ce prêtre pense-t- il que l'avenir de ces milliers de jeunes se trouvent aux mains des syndicalistes, et pour un "oui, nous pardonnons" tout rentrerait dans l'ordre? Pourquoi ne peut-il pas dire à son ami Yayi Boni de se séparer des deux tortionnaires comme le recommande la constitution de notre pays?

CÉLÉBRATION AN TROIS DE LA DEUXIÈME MANDATURE DE YAYI BONI : APPEL DE MONSEIGNEUR GANYE AUX SYNDICALISTES ET AU CHEF DE L'ETAT BÉNINOIS.

 Mgr Antoine Ganye exhorte les syndicalistes au pardon
Ce dimanche 6 avril 2014, le Président Boni  Yayi célèbre le huitième anniversaire de son accession à la tête de la magistrature suprême de notre pays, et le troisième de son second mandat. A l’occasion de cette double-commémoration, le Président Boni Yayi a communié avec les fidèles de différentes confessions religieuses en vue d’implorer les bénédictions de Dieu sur la nation.
Dans le programme concocté pour la circonstance, figure en bonne place la messe d’action de grâce célébrée ce dimanche 6 avril en l’église St Michel de Cotonou, en présence Mgr Antoine Ganyé, archevêque de Cotonou. Le président  de la République, accompagné de son épouse et d’une forte délégation gouvernementale, a pris part à cette célébration ralliée par des milliers de fidèles catholiques. L’occasion pour le père célébrant d’invoquer les grâces de Dieu sur notre pays afin qu’il continue d’être un havre de paix convoité de par le monde.
L’appel de Mgr Antoine Ganyé
Le clou de ces manifestations spirituelles reste incontestablement le message d’exhortation de l’archevêque de Cotonou, Mgr Antoine Ganyé. Saisissant l’occasion de la célébration eucharistique de jour anniversaire de l’accession au pouvoir du Dr Boni Yayi, l’archevêque de Cotonou et  président de la Conférence épiscopale du Bénin s’est adressé à toutes les forces vives de la nation, en particulier au monde syndical qui exprime depuis quelques temps son mécontentement à travers un interminable mouvement de débrayage, au grand dam des milliers d’élèves. Tout en reconnaissant la légitimité de leurs frustrations, le premier responsable de l’Eglise catholique au Bénin a invité les syndicalistes  à prendre aussi en considération, au-delà de leurs personnes, l’avenir de ce pays, et de ces âmes innocentes qui, du fait de la quasi-fermeture des écoles, sont livrées à elles-mêmes et à des vices de toutes sortes. Le sort de ces âmes innocentes attriste tant l’archevêque de Cotonou qu’il a, au nom de tous les élèves et étudiants du Bénin, demandé pardon aux syndicalistes en vue de la réouverture des classes. Tout en rappelant le long et dur combat jadis mené de front avec ces responsables syndicaux sur le chemin de la liberté, de la paix et de la cohésion nationale, l’homme de Dieu dit attendre de leur part un seul mot pour laisser exploser la joie de tous les Béninois actuellement éprouvés par la longue paralysie de l’administration, et de l’école en particulier. Il dit compter sur leur amour pour la patrie qui ne souffre d’aucune ride pour un pardon sincère à toute personne coupable de leurs sentiments de frustration.
A l’endroit du Chef de l’Etat dont il a salué le dévouement et les efforts dans tous les secteurs, Mgr Antoine Ganye a demandé de maintenir ses bras tendus, en bon père de la nation, à toutes les forces vives de ce pays pour son développement harmonieux. Il s’est dit profondément comblé, en voyant récemment le chef de l’Etat au domicile de président de  Bruno Amoussou qui est l’un des farouches opposants à son régime. L’évêque dit avoir été marqué par les déclarations de cette personnalité de l’opposition qui n’a pas hésité à reconnaître le sens d’humilité du président Boni qu’il a de surcroit désigné sous le vocable combien plein de sens de père de la nation. (Cell.Com/PR)      
 
 

CÉLÉBRATION DE L'AN TROIS DE LA DEUXIÈME MANDATURE DE YAYI BONI A LA TÊTE DU BÉNIN: UN ANNIVERSAIRE DE HONTE ET DE DESHONNEUR

Comme d’habitude, c’est à travers de géants panneaux publicitaires que les béninois ont eu l’annonce de la nouvelle. A tous les grands carrefours, dans les feux tricolores ainsi que dans les villes les moins importantes du pays, le pourvoir de Yayi Boni, en ces temps de crise sociale sans précédent, a fait disposer des affiches géantes à l’effigie du chef de l’Etat, invitant les populations à un méga spectacle dans le cadre de l’an trois du deuxième mandat de celui-ci. Et pourtant, il y a mieux et plus urgent.
La chose étonne plus d’un béninois en ce moment même où depuis le mois de janvier, écoles, collèges, lycées et universités publiques sont fermées pour fait de grèves. Il en était de même pour les tribunaux et les hôpitaux qui, dans un passé récent, ont levé leurs motions de grève en donnant un moratoire au gouvernement.
Monsieur Yayi Boni, Président de la République du Bénin.

Les tractations engagées par le pouvoir pour la levée de la motion de grève dans le secteur de l’éducation et celui des finances n’ont toujours pas abouti. Et pour cause, les fédérations et centrales syndicales qui animent ces secteurs exigent le limogeage du préfet des départements de l’Atlantique et du littoral, et du commissaire central de la ville de Cotonou, auteurs du bain de sang mémorable sur des syndicalistes lors d’une marche pacifique déclarée en décembre 2013. 
Depuis lors, c’est l’impasse totale. Le pouvoir ne semble pas prêt à se séparer d’un préfet et d’un commissaire de police dont il ne regrette ni ne condamne la brutalité et la barbarie exercées sur des syndicalistes sans défense dans l’exercice de leur droit.
Ainsi depuis trois mois,  écoliers, élèves, lycéens et étudiants sont livrés à la rue ; à la débauche. Les cas de prostitutions, d’avortements, de noyades et autres accidents routiers liés à la divagation de certains de ces derniers sont légion. Parents et apprenants sont anxieux de voir l’année scolaire et académique déclarée blanche ou invalide. Le président de la République, enfermé dans sa logique d’une gouvernance aveugle et basée que sur sa seule « intelligence » et « savoir », refuse d’entendre le cri de cœur de millions de ses compatriotes en détresse sur le plan social, politique et économique. Et c’est dans un tel contexte qu’intervient l’annonce d’un méga spectacle pour célébrer l’an trois de Yayi Boni au pouvoir, réélu en deux mille onze par un fichier électronique tronqué depuis sa conception, et qui a produit un cahot dont les principaux acteurs n’ont pas manqué de place au gouvernement et dans bien d’autres institutions de la République.
Les chantres de cette manifestation qui s’inscrit complètement à l’antipode des besoins, soucis et souhaits immédiats du peuple béninois sont connus : C’est d’abord le ministre en charge de la culture, un homme carrent qui a montré ses limites à l’économie maritime d’où il a été viré sans ménagement devant caméra par le même chef de l’Etat. Et comme d’ordinaire au Bénin, c’est les hommes sans aucun bagage intellectuel, sans aucun b-a ba de la culture que l’on projette à la tête de ce secteur que nos dirigeants confondent facilement à un poste de remerciement aux activistes et autres médiocres du lot, Jean Michel ABIMBOLA a été parachuté au département de la culture, où sa seule préoccupation est de montrer au chef de l’Etat que les artistes le soutiennent. Evidemment, Monsieur Yayi Boni ne rêve que d’entendre : «…Nous vous soutenons, monsieur le Président …».
A côté du ministre Jean-Michel, certains artistes qui ne ratent aucune occasion pour rencontrer le chef de l’Etat.  On y trouve des musiciens comme des gens de théâtre. Heureusement pas des meilleurs! Ils savent que rencontrer Yayi est une aubaine ; il sort toujours le fric même si ce n’est pas cela l’objet de votre visite. Du coup, le fond de commerce est tout trouvé. Toutes les occasions sont bonnes pour rencontrer le chef de l'Etat et se faire de l’argent, disons clairement les choses ! 
Qu’il vous souvienne que le jour de l’an au petit matin à cinq heures, certains de ces artistes munis de guitares, de gongs, de grelots, de castagnettes…. attendaient déjà dans la rue du chef de l’Etat, accompagnés du ministre Jean-Michel, pour disent-ils, souhaiter leurs vœux du nouvel an au président. Donc, en terme d’artistes, c’est en réalité une bande d’escrocs réputés que le ministre Jean-Michel réussit  toujours à mobiliser autour de lui, pour  cette traditionnelle kermesse mal conçue et mal exécutée, que Yayi aime voir et entendre. Et  pour ce dimanche  six (6) avril 2014 sur l’esplanade intérieure du stade de l’amitié, la honte et le déshonneur étaient bien de la partie.
Honte et déshonneur aussi bien pour Yayi Boni principal inspirateur de cet anachronisme populaire,  que pour ce public qui, faut-il le rappeler, a massivement fait le déplacement. 
Comment des gens dont les enfants ne vont plus à l’école, du fait de ce même Yayi depuis trois mois, en sont-ils arrivés à accepter d’aller à ce type de festin déshonorable pour eux ? Les élèves et étudiants de même que les parents d’élèves présents dans la masse auraient-ils préféré cette kermesse; cette foutaise et cette injure à leur détresse à leur propre avenir ou à celui de leurs enfants? La présence massive du public aux manifestations d’hier est bien la preuve que la sortie de l’auberge n’est pas pour demain, et que malgré la lutte et la démocratie, le chemin reste long!

Mais en réalité, une petite enquête montre qu’une importante partie de ce public a été déplacé à coup d’argent, comme le régime en a l’habitude ! En effet, déversé par vague sur les lieux de la manifestation depuis le matin, ce public ramassé et embarqué dans des camions affrétés par les organisateurs, a été rémunéré qui,  à deux milles francs CFA ; qui, à cinq mille francs CFA; et qui d’autres encore à mille francs CFA.  Comme quoi, le pouvoir a choisi sa cible ; il a choisi bien des nécessiteux, des gens qu’il sait pouvoir tenir par le ventre. C'est bien dommage!

mercredi 12 mars 2014

GRÉVE GENERALISEE AU BÉNIN: LE GOUVERNEMENT DU PRÉSIDENT YAYI CONTINUE DE JOUER LES PROLONGATIONS

Monsieur Yayi Boni, Président de la République du Bénin
L'homme pense-t-il vraiment au devenir de ces millions d'élèves et d'étudiants?

Depuis deux ans, la situation sociopolitique du Bénin a pris une autre tournure. Mais c'est depuis le mois d'octobre 2013 que les vraies couleurs de la tension sociale se sont affichées. Ce fut d'abord la grève des  magistrats pour affectations arbitraires et fantaisistes opérées par le conseil supérieur de la magistrature, présidé par le Président Yayi Boni; puis vint ensuite la grève des médecins à spécialité et autres qui revendiquaient des actes de classements ou de reclassements. 
C'est en décembre de la même année que six (6) grands syndicats ont choisi de manifester dans les rues pour réclamer: plus de sécurité; plus de liberté; l'annulation d'un concours frauduleux au profit du ministère des finances...Mais cette marche pacifique a été réprimée dans le sang par la police sur ordre du préfet. Conséquence, depuis le 7 janvier 2014, certaines centrales syndicales, et pas des moindres sont en grèves pour réclamer le limogeage du préfet commanditaire de la répression et du commissaire qui l'a fait exécuter. 
Au début de l'affaire, le gouvernement, conforme à sa logique a procédé par des intimidations, des défalcations sur salaires et autres menaces sur les grévistes. Ces méthodes n'ayant pas  prospéré, c'est de maisons en maisons, de villages en villages et même d'ethnies en ethnies que les membres du gouvernement passent pour disent-ils, sensibiliser les grévistes à coup d'argent à reprendre le chemin de leurs services. Devant l'échec de toutes ces méthodes iniques les unes que les autres, le pouvoir a fini par rétrocéder les défalcations opérées sur les salaires des grévistes  lors d'une adresse à la nation du chef de l'Etat. Mais contre toute attente, seuls syndicats des magistrats et celui des médecins ont accepté de suspendre leur motion de grève en donnant un moratoire d'un mois pour le premier et de deux mois pour le second, au gouvernement à fin qu'il continue les négociations et corriger toutes les situations en attente. 
Les syndicats relevant du secteur de  l'enseignement et celui des finances, aux termes d'une assemblée générale avec les militants à la base, ont rejeté la main tendue du pour au motif que:" La revendication première qui a conduit à la grève n'était pas la rétrocession des défalcations opérée sur salaire pour fait de grève; mais le limogeage du préfet Azandé et du commissaire Agossadou; l'annulation du concours frauduleux..." Ils estiment que tant que ces points cruciaux n'auraient pas été touchés et satisfaits, la grève continuera toujours. 
Dans cette guéguerre syndicats et gouvernement, on aura observé 6 rounds de négociations pour 6 échecs patents.  Le 7 ème round prévu pour ce mardi et sensé être animé par le président de la République lui-même en personne n'a pu avoir lieu. 
Alors que la rencontre était prévue pour 9 heures et que les centrales et confédérations syndicales se sont toutes réunies à la bourse du travail pour la préparer déjà à 7 heures 30 minutes, le ministre de la fonction publique s'est fait annoncer autour de 8 heures 30 minutes. A son arrivée, il informe les secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales que le président ne pourra plus les recevoir parce qu'il était sur le point de prendre un vol à 9 heures pour la Côte d'Ivoire, porter sa compassion à Monsieur Ouattara,  président de la République de ce pays, récemment opéré pour une sciatique en France!
Ainsi, alors que le risque d'une année académique blanche ou invalidée plane sur l'école béninoise, Yayi Boni a préféré aller porter assistance à un chef d'Etat qui n'est même pas malade. Puisque monsieur Ouattara s'est fait soigner en France et est bien rentré chez lui; il vrai, il ne se déplace que grâce à l'aide d'une béquille, mais ceci ne s'aurait expliquer que Yayi banalise la détresse des béninois pour une telle plaisanterie de très mauvais goût! On retiendra donc que dans cette crise qui secoue le Bénin depuis, le gouvernement joue toujours et encore les prolongations, et ne veut pas du tout donner des solutions franches et sincères pour libérer parents, élèves, étudiants et autres usagers de l'administration béninoise de cette angoisse.     

vendredi 31 janvier 2014

DISCOURS DU PRÉSIDENT YAYI BONI CE LUNDI 27 JANVIER FACE A DE JEUNES CHÔMEURS AU PALAIS DE LA RÉPUBLIQUE: VOICI L'APPELLE DE MAÎTRE JOSEPH DJOGBENOU,

L’appelle de Maitre Joseph Djogbénou
Chers amis,
A toute la classe politique,
Aux forces du progrès
Les propos d’une rare gravité et d’une étonnante violence ainsi que les menaces qu’ils contiennent, auxquels M. Boni Yayi habitue ses concitoyens, à la suite de ceux du 1er août 2012 appellent, en principe, des réponses institutionnelles et des réactions politiques et citoyennes appropriées.
Les réponses institutionnelles auraient en effet permis de vérifier la qualité et la mesure de la lucidité avec laquelle ces propos ont été proférés ainsi que leur compatibilité avec l’incarnation de la fonction présidentielle et les règles républicaines. Mais cette réponse ne variera sans doute point : au mieux, ces propos auront «méconnu» la Constitution, au pire, les présidents des institutions ne les auraient pas entendus.
Les réponses politiques et citoyennes paraissent plus indiquées. Il faut, contre la brutalité de la force, la violence inutile opposer la sérénité et la raison. Les forces politiques et citoyennes doivent se réunir, sans délai, et examiner dans son contenu et dans sa portée le message délivré en vue d’en identifier les conséquences.
Nous appelons, en conséquence, à une concertation de toutes les forces du progrès aux fins de réaction à la mesure de notre aspiration au respect de l’Etat de droit, de la démocratie, de la dignité, de la liberté et de l’intégrité physique de chaque citoyen.
M. Boni Yayi est dans la stratégie de la diversion au moyen de la semence de la peur. Il veut éloigner la conscience des citoyens des enjeux et des défis majeurs auxquelles conduit sa gouvernance catastrophique. Il veut nous éloigner de l’urgence de la détermination d’un choix politique pour les années à venir. Il faut rechercher et appliquer avec rigueur une réponse réfléchie, pertinente, qui rassure nos compatriotes et ne nous éloigne pas de l’essentiel.
Ne nous attardons pas sur ce qui relèvera du passé. Agissons sur ce que sera notre futur. Les sages l’ont bien enseignée, pour les peuples qui progressent, le futur lave les souillures du passé et du présent.

Retrouvons-nous !

LU POUR VOUS DANS LE QUOTIDIEN LA PRESSE DU JOUR

Bénin – Scandale de l’avion présidentiel : Yayi parle sans lutter contre la corruption

30 janvier 2014 par  
Le lundi 27 janvier 2014, le Chef de l’Etat, le Dr Boni Yayi a rencontré à la salle du peuple du Palais de la Marina, les jeunes de son pays. A cette occasion, ces adversaires politiques, ses amis d’hier (Patrice Talon, Sébastien Ajavon…), les syndicalistes et certains acteurs de la société civile ont été sérieusement savonnés. Le Président Boni Yayi a même dit que c’est la lutte contre la corruption qu’il a déclenchée qui lui vaut toutes ces animosités. Et pourtant ! Comme l’œil de Caen, le scandale de l’avion présidentiel est là et suit partout le Président de la République qui tarde à sévir comme c’est le cas de son homologue Camerounais Paul Biya.
A l’examen du budget général de l’Etat gestion 2014, certains observateurs s’attendaient à une proposition d’acquisition d’un avion présidentiel. Certains journaux de la place avaient en effet évoqué le sujet. A la lecture, l’ordonnance budgétaire du 2 janvier 2014 semble silencieuse sur la question, ce qui laisse penser que rien n’est prévu en 2014. Mais c’est vrai aussi que ce gouvernement nous a habitués à une indiscipline budgétaire. Le plus amusant est que si le gouvernement avait fait la proposition pour le confort de son chef, les députés de la mouvance présidentielle auraient approuvé cette dépense à un moment où des millions de Béninois peinent à s’offrir un repas par jour. Et bien sûr l’ordonnance aurait intégré cette opération. Personne ne se rappelle plus que le Parlement avait posé en 2010 des questions restées à ce jour sans réponse au gouvernement sur le sort d’un autre avion présidentiel.
L’avion présidentiel : six milliards ?
Au crépuscule du régime Mathieu Kérékou, une opération initiée par l’homme d’affaires Martin Rodriguez avait pour objet d’acquérir un avion présidentiel. Pour des raisons jamais élucidées, cet avion est immatriculé au nom d’une compagnie appartenant à celui-ci. Dès son arrivée au pouvoir en 2006, averti de l’existence de cette transaction, le Président Boni Yayi demande à l’homme d’affaires Martin Rodriguez de céder l’aéronef à l’Etat béninois. Ce à quoi l’intéressé a opposé un refus catégorique, liant la conclusion de cette opération à la résolution des divers contentieux qui l’opposent à l’Etat béninois. Avant même la résolution finale de ces différends, sur la base d’un protocole d’accord, et sans le transfert de propriété de l’avion, ce dernier est envoyé à Cotonou en fanfare. Il est exposé avec fierté comme la propriété du Bénin. Assez vite, les experts se rendent compte que l’appareil, pour voler, a besoin d’être réparé et mieux, pour accueillir la Haute Autorité, il faut aménager son intérieur. Pour des raisons de sécurité, la réparation et l’aménagement sont confiés à un proche du Chef de l’Etat, le Général Robert Gbian, Directeur du cabinet militaire du Président de la République à l’époque des faits. A cette époque, tous les experts civils et militaires se sont posés la question de savoir pourquoi la réparation d’un aéronef est confiée à quelqu’un qui n’a aucune expertise dans ce domaine. En effet, plusieurs experts militaires y compris un des anciens Directeurs du cabinet militaire du Chef de l’Etat sont des experts de l’aéronautique. C’est l’un des domaines où l’expertise béninoise est le plus avérée y compris dans l’armée. Mais pour des raisons de «sécurité», cette opération sera confiée à un Intendant militaire, c’est-à-dire quelqu’un qui sait probablement compter et dépenser l’argent, mais qui ne sait pas réparer un avion. A bout de course, après avoir dépensé six milliards de F Cfa, l’avion n’est pas en état de transporter le Président de la République qui demande aujourd’hui aux contribuables béninois de payer un autre avion. Le pire est que nous avons entre temps, continué de dépenser des milliards de F Cfa en affrètement, et nous avons failli perdre notre Président et une forte délégation au cours du premier vol présidentiel. Où se trouve en ce moment l’aéronef présidentiel ? Où sont passés les six milliards de F Cfa dépensés ? Combien ont touché comme frais de mission et autres indemnités les personnes impliquées dans cette opération ? L’avion appartient-il aujourd’hui à l’Etat béninois ? Que peut-on  tirer aujourd’hui de sa vente si cette option est prise ? Ces questions sont légitimes au regard des sommes englouties dans sa réparation et de l’accident évité de justesse pendant son vol inaugural.
Lutte contre la corruption : l’impunité est la règle
Ce dossier rappelle étrangement et fortement l’opération «Albatros» au Cameroun. Il s’agissait là aussi d’un avion présidentiel. Après avoir englouti des milliards de F Cfa dans une telle opération, Paul Biya échappe à un accident au premier vol présidentiel. Dans une fureur froide, le Président Biya poursuivra méthodiquement les ministres et haut-fonctionnaires impliqués dans l’opération. Plusieurs d’entre eux sont encore en prison aujourd’hui. Le Cameroun et le Bénin sont respectivement 144è et 94è dans le classement de Transparency International. Au Cameroun, des comptes ont été demandés et rendus. Au Bénin, les champions de la reddition des comptes se protègent entre eux. Ce qui fait dire à certains que l’impunité est la règle dans la lutte que mène Boni Yayi contre la corruption. Au mieux des cas, cette impunité est à double vitesse. Cela a été mis en évidence dans le cas récent du Directeur général de la CNSS. Combien a détourné Expédit Houéssou, ancien Directeur général de la Sonacop pour se retrouver derrière les barreaux de la prison civile de Cotonou depuis bientôt un an ? Qu’ont fait les ministres Noudégbèssi, Lawani, Fassassi et consorts, qui justifie une mise en cause alors que se pavanent des fonctionnaires impliqués dans la gestion des six milliards de F Cfa de l’avion présidentiel. Il a bien fallu que les Américains n’accordent pas le second compact du MCA au Bénin pour que le Gouvernement du Dr Boni Yayi reconnaisse que la lutte contre la corruption reste un problème dans notre pays. Et comme l’impunité est une incitation à la récidive, des indiscrétions  nous indiquent que les mêmes personnes impliquées dans l’acquisition du fameux aéronef présidentiel sont aussi impliquées dans l’acquisition d’autres avions, notamment ces petits avions de surveillance du territoire qui malheureusement sont cloués au sol.
Affissou Anonrin