dimanche 9 août 2009


Entretiens télévisés sur l’Etat de la nation et les grandes questions d’actualité : Houngbédji et Yayi passent à côté de l’essentiel.
Dans le cadre de la fête de l’indépendance, Monsieur Boni Yayi, président de la République s’est prêté aux questions de deux journalistes, deux dames, l’une de la chaine de télévision nationale ORTB et l’autre d’une des télévisions privées proche du pouvoir.
Durant 90 minutes, deux dames ont eu pour mission d’aider le président de la République à repréciser sa vision de la gestion du pays aux béninois, à se prononcer sur les graves questions de malversation et de détournement financier qui ont court sous son régime notamment l’affaire « cen-sad » et bien d’autres choses. En somme faire renaitre la confiance des béninois en leur pouvoir. Cette confiance altérée ou « perdue » depuis les récents scandales financiers et les nombreux problèmes liés à la privation de liberté et de menace sur la démocratie.
La première chose qui a frappé à l’œil lors de cet entretien a été la qualité des propos et le style verbal du président de la République puis ensuite les journalistes : Leur style et leur capacité à contenir l’orateur et à diriger l’émission.
Il faut reconnaitre que le président de la République au-delàs des aveux et des « pardons » répétés à longueur de l’émission n’a pas convaincu les béninois dans leur grande majorité.
En effet, le chef de l’Etat n’a pas répondu avec précision aux préoccupations des béninois mais s’est plutôt borné à demander pardon au peuple ; à rejeter sa culpabilité dans les cas de mal gouvernance, à justifier ses absences aux conseils des ministres…En somme, c’est à un aveu d’échec et d’incapacité à diriger le pays que nous avons eu droit à travers cette émission sur le plan du contenu des propos du chef de l’Etat. Des réponses du président de la République, on peut facilement déduire qu’il n’a pas le contrôle du pays ; que de graves décisions sont prises sans qu’il n’en soit informé. Et si on n'y pas de pas garde tout de suite, le peuple apprendra un jour que sur décision du conseil des ministres une portion du pays a été cédé à un pays voisin et comme à so habituel, Monsieur le président viendra nous expliquer qu'il n'était pas à ce conseil là et nous demander par la même occasion pardon. ....
Sur le plan du style adopté, le président de la République a été très brouillon et pas du tout concis. Très tendu, il a tout le temps monopolisé la parole sans une suite logique dans les idées mais avec un débit de voix trop élevé, trop crié et un fond de colère qui se faisait ressentir dans le ton. Trop de gestes de mains, de tête et des pieds pour un président et sur une émission dont l’objectif est de le réconcilier avec son peuple.
Autre élément handicapant pour la communication du président de la République:
ce tic de « naturellement » qu’il a répété 57 fois en 90 minutes d’émission télévisée
l’évocation de Dieu à temps et à contre temps
cette familiarité ou cette proximité qu’il a voulue créée avec les deux journalistes en les désignant directement par leurs prénoms...bref Le service de communication du palais aurais dû conseiller au président de parler simplement de « madame tel ou tel » pour la courtoisie et l’élégance.
Aussi le président de la République manquait-il de fraîcheur dans le visage et d’aisance dans la voix….
On retiendra au terme de cet entretien l’image d’un président fatigué au style décousu, agité, criant, gesticulant et n’ayant pas du tout convaincu sur comment redonner confiance aux béninois, comment relancer l’économie nationale fouettée par cette crise économique internationale encore moins sur le traitement à faire des béninois et béninoises qui auraient distrait de l’argent public avant ou durant son mandat.
Quant aux deux journalistes à proprement parlées, elles étaient toutes aussi passées à côté du but que le chef de l’Etat. Presque moches, les deux dames à la limite male assise et dans une certaine mesure male habillée étaient disposées en spectatrice et presque indifférentes aux diatribes du chef de l’Etat. Elles arrivaient à peine à bien poser leurs questions; elles manquaient de poigne, de présence et d’écoute. Elles donnaient l’impression de suivre un prêche religieux de mauvais goût.
C’est à tout cela que Maître Adrien Houngbédji, challenger du candidat Yayi à la présidentielle de mars 2006 et probable candidat de l’opposition coalisée au sein des groupes G et F pour la présidentielle de mars 2011, a choisi de répondre deux jours après le show télévisé présidentiel. Cela s’est passé sur une télévision privée, tribune de l’opposition et dirigée par un homme d’affaire et député de l’opposition. Pour la circonstance, il a croisé le verbe avec deux journalistes de la presse privée, deux hommes ; l’un exerçant dans la télévision où a eu lieu l’entretien et l’autre patron d’un organe de presse écrite.
Contrairement au plateau présidentiel, on a noté ici la bonne tenue (style vestimentaire et parlé) des journalistes et de leur interlocuteur. Le candidat de l’opposition contrairement au président de la République a durant toute l’émission soigné son image et a su s’imposer comme un chef, un vrai sage. Un calme serein, des gestes quand il le faut et sans démesure. On sentait que les deux journalistes avaient eux aussi de la matière et qu’ils savaient de quoi ils parlaient ; que c’étaient eux qui dirigeaient l’émission et pas leur invité.
Quelques fausses notes tout de même au cours de ce bel entretien :
Maître Houngbédji aurait pu se passer des attaques gratuites auxquelles il s’est livré contre le pouvoir en place et son chef.
Il aurait aussi pu faire des propositions alternatives plus claires et facilement mesurables et compréhensibles pour le commun des béninois ; tout comme il pouvait, et rien ne l’empêchait, de reconnaitre et de souligner ce qui est bien de tout ce qui se fait actuellement par le pouvoir en place. Par exemple, maître Houngbégji ne peut pas nous dire que parce que certains centres de santé du pays manquent de gynécologues, la gratuité de la césarienne était une mesure inappropriée. Tout comme il ne peut pas nous faire croire que la gratuité des soins pour les enfants de 0 à 5ans est une décision pas bien mûrie….
Il aurait surtout pu éviter de montrer cette image d’homme incapable à tout point de vue qu’il a tout le temps montré du président.
Enfin cette émission a été le lieu où l’histoire politique de maître Houngbédji a rattrapé l’homme. En effet, principal adversaire du président Soglo, candidat à sa propre succession au pouvoir en 1996, maître Houngbédji étaient de ceux qui rejetaient publiquement les bons résultats économiques auxquels étaient parvenus le pouvoir d’alors, soit 6% de taux de croissance alors que nous étions autour de -2% quand Soglo venait au pouvoir. Cet opposant au régime du président Soglo était aussi reconnu comme l’homme du fameux slogan « …On dit qu’on nous fait des pavés partout dans le pays ! Est-ce que c’est les pavés que nous allons manger ?! Soglo peut partir, et il doit partir avec ses pavés pour que nous ayons la paix! »
Voilà dans quelles conditions maître Houngbédji s’était allié à Kérékou, challenger du président Soglo pour le second tour de la présidentielle de mars 1996. Le président Soglo a perdu démocratiquement le pouvoir au profit du général Kérékou ; maître Houngbédji est nommé premier ministre, poste non prévu par la constitution…. La suite tout le monde le sait….
Aujourd’hui et face aux béninois qui hier étaient tous témoins meurtris de l’arrêt brusque du progrès et de la prospérité du pays fraîchement amorcé, maître Houngbédji vient louer les mérites de bonnes gouvernances de celui qu’il avait chassé du pouvoir ; il vient reconnaitre publiquement ces prouesses économiques et vanter qu’il a été le seul à conduire le pays à un taux de croissance aussi élevé depuis l’avènement de la démocratie et dans un contexte de dévaluation du CFA.
Ah, politique quand tu nous tiens !
On peut retenir au terme de ces deux entretiens télévisés une volonté active des deux hommes de convaincre les béninois et les béninoises, de les emmener à adhérer à leur projet de société. Seulement comme je l’ai montré plus haut, aussi bien pour le président de la République que pour maître Houngbédji, il n’a véritablement jamais été question de projets de société ; chacun est venu faire sa démonstration, sa masturbation politico-intellectuelle. Les rares fois que l’un ou l’autre est venu sur des sujets préoccupants pour la nation, des virus et des plus dangereux ont empêché la lisibilité et la compréhension des différents messages. Certes que le président Yayi a fait son show médiatique télévisé, jouant pour lui et pour ces deux amies de la soirée mais maître Houngbédji en voulant prendre sa revanche sur le président et se faux pas est bien passé à côté de l’essentiel avant de tomber dans ses travers du passé.
Enfin je suis bien tenté de dire que c’est une loi ou un théorème en communication pour les Hommes politique au pouvoir ou aspirant à l’être de désigner les journalistes qui les prennent en interview par leurs noms. Là-dessus Houngbédji et Yayi sont du même avis. Au moins ça.

mercredi 5 août 2009


Cinéma : « Comme chez nous » bientôt sur les écrans au Bénin.
Ancien journaliste et présentateur du 20 heures sur la chaine 2 (LC2), animateur d’une émission culturelle sur canal 3 et promoteur d’une agence de production audiovisuelle nommée «belimage», Hervé DJOSSOU, personnage ferme mais timide, effacé et d’un calme parfois inquiétant décide enfin de réaliser l’un de ses vieux rêves : « devenir réalisateur ».
Depuis mars 2009 l’homme a entrepris le tournage et la réalisation de son tout premier film, une série télévisée de 24 épisodes de 26 minutes intitulée « comme chez nous ».
Comme son nom l’indique, ce feuilleton vient peindre et dépeindre les mœurs sociales et politiques béninoises.
Pour l’occasion, c’est une équipe artistique faite de comédiens et de comédiennes, pour la plupart pas des plus connus du grand public et dans le milieu culturel béninois qui est retenue. Ces hommes et ces femmes ont par contre une solide volonté et une réelle capacité de proposer autre chose au public béninois pour peu qu’ils soient dirigés et bien dirigés.
Hervé DJOSSOU entrera dans l’histoire ou n’entrera-t-il pas dans l’histoire du bon et vrai cinéma ? Le tout dépendra du produit que ce jeune réalisateur aura à proposer à son public. S’il reste dans les sentiers battus, dans le flou artistique de tout ce qui se fait au du cinéma et qui ne répond à aucune norme cinématographique mais inonde nos rues, nos vidéothèques et nos feux tricolores constipant le plaisir et l’appétit culturel du consommateur béninois, il se sera « tué » lui-même. Il sera tout simplement comme c’est la mode par ici « un réalisateur de plus ».
Hervé DJOSSOU et toute son équipe ont l’obligation de « sortir du troupeau »- pour utiliser l’expression chère à mon ami Hermas GBAGUIDI; sortir du troupeau et montrer le chemin, quitte aux autres de suivre ou ne pas suivre. Faire ou dire autrement les choses sans vouloir plaire ni déplaire. Ce n’est pas de la prétention que de montrer le chemin, le chemin de l’excellence, le chemin de la qualité cinématographique.
Rien de bon et de grand n’est jamais fait sans un minimum de prétention. La prétention est le socle de toute œuvre qui suscite des questionnements et de l’admiration.
Le Bénin mérite enfin de renouer avec son passé cinématographique des années « Le téké, hymne au borgou », « Ironu », « Debout les morts », « le roi exilé » et bien d’autres produits bien ficelés qui ont fait la fierté et l’honneur du Bénin.
« Comme chez nous » se doit donc de combler les attentes d’un public longtemps sevré d’œuvre cinématographique de bonne facture aussi bien de par la qualité des acteurs que de la réalisation dans son ensemble.
Déjà les extraits passés durant les deux ou trois semaines d’annonce sur la télévision canal 3 ont permis de découvrir un film sobre, juste, digeste et sans prétention moralisante aucune ; des acteurs moulés dans un naturel extraordinaire et enfin des décors très adaptés aux différents contextes. Tout ceci a déclenché bien évidemment un engouement et une forte mobilisation des consommateurs de bien culturels de qualité. Les fleurs jetées aux comédiens et à toute la production pour la qualité des extraits diffusés sur les écrans ne doivent pas être prises pour des couronnes encore moins la manifestation d’une quelconque perfection mais plutôt une invite à mieux faire, à persévérer.
Hervé DJOSSOU et les siens doivent mesurer à sa juste valeur tout l’espoir qu’il porte aujourd’hui et ne pas verser au « finish » dans une rigolade forcée ou encore dans les pitreries de bas étages auxquelles nous sommes confrontés depuis si longtemps en matière de création artistique et culturelle.
Déjà les mois de septembre, octobre et novembre sont retenus pour la deuxième phase du tournage de ce film après le rendez-vous manqué du mois de juillet. Bon vent à toute l’équipe.

mercredi 29 juillet 2009


Installation du Conseil d’Administration du FITHEB :
Le ministre Galiou SOGLO étale en public sa non maitrise de l’institution.

Le mardi 28 juillet, le Ministre de la Culture, Monsieur Galiou SOGLO a procédé à l’installation officielle des nouveaux membres du conseil d’Administration du Festival International de Théâtre du Bénin dans la salle de conférence du Bureau Béninois des Droits d’Auteurs (BUBEDRA).
A l’occasion, le ministre de la culture a étalé toute son inculture et sa grande ignorance du FITHEB sous plusieurs aspects.
En effet, dans son discours officiel, Monsieur Galiou SOGLO a prétendu que le FITHEB est né il y a 10 ans. Il va jusqu’à préciser que le festival a été créé en 2001 et que son 10ème anniversaire aura lieu en 2010.
Cette déclaration montre combien Monsieur Galiou SOGLO et ces collaborateurs n’ont pas leur place à la tête du Ministère de la Culture car ils ignorent tout du secteur de la culture. Le FITHEB, l’institution aura 19 ans en 2010 parce que créée en 1991 et la biennale sera à sa 10ème édition à la même année. C’est la moindre des choses et on n’a pas besoin d’être ministre de la culture pour le savoir encore moins conseiller à la culture ni du ministre ni du Président de la République.
Si le ministre qui est sensé être l’œil du chef de l’Etat et qui a délégation de pouvoir de diriger ce secteur est porteur de si fausse nouvelle et étale publiquement son ignorance et son incompétence, où veut-on conduire alors la culture et les artistes béninois ?
Ce qui s’est passé ce jour devant toutes les caméras du pays est symptomatique de ce que le ministre n’a pas de bons conseillers ou alors il ne les écoute pas.
Le comble à cette occasion, c’est la présentation des 15 nouveaux conseillers à l’assistance. Les statuts du FITHEB pris par décret présidentiel le 22 juin 1999 précise en son Article 6, CHAPITRE Ier :

« Le FITHEB est administré par treize (13) membres
Le ministère chargé de la culture ou son représentant
Le ministère chargé des finances ou son représentant
Le ministère chargé de l’éducation nationale ou son représentant
Deux maires de grandes villes dont celle où se trouve le siège du FITHEB
Un représentant de la chambre du commerce et d’industrie du Bénin
Un représentant des béninois du monde des arts et des lettres vivant à l’étranger désigné par le Haut Conseil des Béninois de l’Etranger
Deux représentants des Hommes de lettres vivant au Bénin désignés par leurs associations
Quatre représentants des artistes et Hommes de théâtre dont deux (2) comédiens, un (1) metteur en scène, un (1) promoteur culturel, désignés par leurs associations.
Les administrateurs sont nommés par décret en conseil des ministres sur proposition du ministre chargé de la culture après désignation par les structures d’origines respectives. »

Cette disposition des statuts du FITHEB a été modifiée portant à 15 le nombre des conseillers de ladite institution avec l’entrée du ministère des affaires étrangères et la mairie de Porto-Novo.
Or, le CHAPITRE IV, Article 19 précise clairement comment et qui est autorisé à modifier ces statuts :

« Les présents statuts peuvent être modifiés dans tout ou partie de leurs dispositions pour adapter les structures et le fonctionnement du FITHEB à son objet.
La modification peut être demandée soit par le Directeur soit par l’un quelconque des membres du Conseil d’Administration. La demande doit être préalablement approuvée par la moitié au moins des membres du Conseil d’Administration.
La modification ne peut être adoptée qu’en une réunion extraordinaire du Conseil d’Administration au cours de laquelle tous les membres sont effectivement présents ou représentés et par une majorité des deux tiers ».

Le conseil d’administration sorti n’aurait, d’après nos investigations, formulé aucun souhait de modification des statuts de l’institution et ne se serait jamais réuni à ce sujet. Le Directeur sortant n’aurait lui non plus pris aucune initiative dans ce sens.
On se demande aujourd’hui celui qui a bien pu se substituer aux administrateurs pour faire cette besogne et l’intention qu’elle pourrait viser. Le ministre de la culture a toute sa responsabilité engagée dans ce qu'il convient désormais "l'affaire statuts du FITHEB" qui, quand elle va exploser pourrait bien l'emporter.
Le décret qui consacre les nouveaux conseillers est introuvable aussi bien au ministère qu’à la direction du FITHEB. D’aucun racontent à tort ou à raison qu’il a été caché exprès par le cabinet du ministre, conscient de la violation des articles 6 et 19 des statuts. D’autres par contre estiment que ce décret a été caché pour éviter que des contestataires s’en saisissent pour interpeller le ministère et tout le régime devant les juridictions compétentes.
Dans tous les cas de figures, les spéculations vont bon train au sein des états majors de certaines associations de théâtre où l’on refuse de passer sous silence une violation de texte aussi flagrante qu'insolente.

dimanche 19 juillet 2009


Les oscars du Bénin : Pourquoi faire comme les autres ?

« Les oscars du Bénin » est une initiative de béninois qui récompense le géni des filles et des fils du Bénin dans tous les secteurs de la vie sociale, politique et culturelle. L’édition 2009 s’est déroulée le samedi 11 juillet à Cotonou.
Cette année, 13 personnes toutes catégories confondues ont été retenues et ont reçu leur distinction, un trophée montrant un homme aux pas allègres, allure fière et brandissant un Bénin debout tout fait et bien fait.
Si l’initiative est louable et mérite d’être soutenue, il se pose tout de même un problème d’identité et de repère culturel du fait de son appellation : « les oscars du Bénin ».

DE L’ORIGINE DES OSCARS.

« Les oscars » est une distinction américaine qui récompense l’excellence de l’industrie du cinéma mondial en général, américaine et anglo-saxonne en particulier.
Elle a été initiée depuis le 16 mai 1929 par l’Académie des Arts et des Sciences à Hollywood et au Roosevelt Hotel où a eu lieu sa première édition devant 270 invités.
A l’origine, cette distinction était appelée « Academy Awards ».
A ce jour, les circonstances dans lesquelles l’appellation « Academy Awards » a été remplacée par « les oscars » ne sont pas claires.
Selon une certaine rumeur, une employée aurait trouvé une grande ressemblance entre son oncle Oscar et la statue et aurait baptisé ainsi la statue…D’autres sources révèlent que Bette Davis, une des icônes du cinéma mondial et des Academy Awards, 10 fois oscar de la meilleure actrice, fondatrice du Hollywood canten, décédée le 5 octobre 1989 après une carrière longue de 6 décennies avec plus de cent films et une vie privée des plus mouvementées et controversées serait à l’origine de la nouvelle appellation en hommage à son mari ou à son père… Ce qui est sûr, l’AMPAS, structure organisatrice des Academy Awards a institué cette nouvelle appellation en 1939 et l’a brevetée.

CROIRE EN SOI ET EN SES VALEURS.


En choisissant de nommer cette distinction béninoise et organisée de bout en bout par des béninois « les oscars du Bénin », les promoteurs de cette manifestation ont choisi ni plus ni moins de cacher leur identité culturelle au profit de celle des américains. Ils ont choisi de se référer à une culture qui est déjà forte de par sa promotion et son expansion.
Le Bénin ne sera jamais cité dans aucune annale comme étant pays inventeur des oscars. Le seul et unique pays propriétaire des oscars aujourd’hui, c’est bien les Etats-Unis d’Amérique, tout comme la France a son César, le Burkina Faso son étalon de Yéninga et bien d’autres pays exhibent fièrement leur identité à travers ce genre d’événement culture.
L’appellation « les oscars du Bénin » a bien quelque chose d’étonnant en ce sens qu’il y a des personnages forts dans l’histoire politique, sociale et culturelle de notre pays qui méritent bien que leur nom soit attribué à une telle distinction.
En quoi cela gène t-il que cette distinction soit baptisée « les Béhanzin », « les Toffa », « les Bio Guéra », « les de Medeiros », « les de Souza » ou encore « les Baba yabo » ou « les Hazounmè » tous des figures emblématiques à différents degrés de la vie du Bénin.
Cette appellation « les oscars du Bénin » a bien quelques chose de péjoratif et de réducteur.
Cela sonne à l’oreille comme « la France du Bénin » ou encore « les USA du Bénin ».
On est, à en juger par le sens et la valeur culturelle de cette appellation, dans un mélange hétérogène, une juxtaposition de choses l’une différente de l’autre à tout point de vue.
Ce personnage de oscar n’a rien avec la culture ni la tradition du Bénin. L’évocation de son nom ne renvoie à aucune image dans le ciment mental du commun des Béninois.
Si c’est pensant se donner de la visibilité qu’ils se sont alignés sur le nom d’une manifestation qui a fait ses preuves à travers plusieurs décennies, les promoteurs béninois sont plutôt entrés dans l’ombre des oscars et ne seront, s’ils n’y prennent garde, jamais vus ni connus comme ceux qu’ils pensent imiter.
Nous devons nous faire confiance ; nous devons faire confiances à nos valeurs ; à notre culture. Nous devons partout et à tout moment proposer, exhiber et défendre le label Bénin contre vents et marées sans intermédiaire ni protecteur.
Notre pays ou notre culture ne peut pas continuer à être le relais des autres cultures sans lui-même travailler à son propre rayonnement.

mercredi 15 juillet 2009


Création et diffusion théâtrale au Bénin : autopsie d’une agonie culturelle.


La situation du théâtre au Bénin devient avec le temps préoccupant sur tous les plans.
Dans les années soixante, les élèves et autres apprenants Dahoméens de l’école William Ponty au Sénégal s’étaient aussi illustrés par leurs capacités artistiques et culturelles aussi bien dans le domaine du théâtre que celui de la danse. Le théâtre de notre pays en ces moments là était un théâtre fort du point de vu de sa conception et de son originalité quand bien même il manquait d’infrastructures, de formations et d’appui financier majeur. Le colonisateur avait travaillé à la dynamisation d’une expression culturelle et artistique même si cette dynamisation reste toujours orientée et exclu quelque peu nos cultures traditionnelles que sont les danses et autres rites sacrés.

LA REVOLUTION DE 1972 OU LE REVEIL CULTUREL DU BENIN

Avec l’avènement de la révolution populaire en 1972, les arts et la culture ont connu une popularisation avec le programme d’enseignement dit « Ecole nouvelle » basé entre autre sur l’obligation à chaque élève béninois d’appartenir à une discipline artistique et culturelle de son choix dans son école…. Jusque dans les années quatre vingt, les arts de la scène, notamment le théâtre, la musique et la danse ont connu une très large promotion et un soutien ferme du pouvoir en place. Chaque département avait son festival de théâtre, de la danse et de la musique scolaire tout comme toutes les fins d’année, les groupes artistiques de chaque école se produisait publiquement. Pour accompagner le phénomène, le pouvoir révolutionnaire avait créé dans les villes et campagnes du Bénin des centres d’accueil de spectacle dénommé « maison de jeunes et de la culture » tout comme il faisait construire dans les établissements scolaires des théâtres ou des salles de fête. Dans les grandes villes comme Cotonou, il y a eu la construction des lieux de spectacles comme « le hall des arts et sports », « le palais des sports » qui ne répondent plus aujourd’hui aux normes professionnelles mais qui ont une certaine surface.
Désormais, les arts et la culture sont une réalité en milieu scolaire qui influe sur toutes les créations artistiques et culturelles au plan national. La plupart des compagnies et troupes de théâtre recrutent leur personnel artistique dans cette pépinière. Chaque année, des dizaines et des dizaines de représentations théâtrales ont lieu à travers tout le pays aussi bien en milieu scolaire que dans les centres de jeunes. Les populations avaient accès aux loisirs saints et avaient aussi la possibilité de choisir.
Cette concentration d’activité culturelle en milieu scolaire a commencé par créer des vocations. C’est ainsi que de très grandes stars de la musique béninoise sont issues de ces moments là. On peut citer entre autre, Angélique KIDJO, Stanislas TOHON, Isbath MADOU…

PAS DE REVOLUTION MARXISTE PAS DE CULTURE POPULAIRE.

Avec l’essoufflement de la révolution marxiste vers la fin des années quatre-vingt et la tenue au Bénin de l’historique conférence des forces vives de la nation de février 1990, les activités culturelles ont peu à peu quitté le laboratoire scolaire.
En effet, le Bénin de l’après conférence ne voulait reconquérir que son passé de « Dahomey, quartier latin de l’Afrique ». Et pour y parvenir, il fallait mettre tous les obstacles de côté, y compris les arts et la culture, perçus par les nouveaux démocrates comme étant un frein au progrès et au développement du pays nouveau. Il fallait que les élèves et les étudiants consacrent plus de temps au papier, aux connaissances livresques. La révolution n’aurait fait que du tord au pays ; elle n’aurait fait que reculer le pays et sur tous les plans. Du moins c’était la formule consacrée pour enterrer et la révolution et ses « acquis ».
Ainsi les professeurs, prétextant les surcharges de feuilles à corriger se sont rapidement désengagé des activités parascolaires. Progressivement, elles sont devenues facultatives dans des écoles avant d’être carrément interdites dans certaines autres où les chefs d’établissement les assimilent soit à des sources de perversion et de débauche pour les apprenants, soit des sources de mauvais résultats scolaires. Les plus malins prétextent des difficultés de trésorerie.
Désormais, les arts de la scène ne sont plus les bienvenus dans l’arène scolaire. Les élèves désireux de s’adonner aux activités culturelles ne pourront le faire qu’en dehors du cadre scolaire. Des élèves passionnés se sont vus renvoyé de leur établissement pour y avoir initié des activités culturelles au grand mécontentement de l’administration.
Jusqu’à présent, ce désengagement politique et administratif brutal est encore perçu par nombre de béninois comme un des faux pas de cette fameuse conférence nationale où des hommes et des femmes, lassés d’un système politique n’ont pas su en garder les acquis.
Cette effervescence culturelle et artistique longtemps répandue dans le pays par les révolutionnaires restera le terreau nourricier du théâtre béninois des années quatre-vingt-dix à deux milles.
Cette époque a été caractérisée par la floraison et le dynamisme des compagnies théâtrales sur le terrain. Tous les élèves qui ne pouvaient s’exprimer culturellement et artistiquement dans les écoles ont prit d’assaut les compagnies et troupes de théâtres civiles pour faire valoir leurs talents. Même si la quantité des créations a baissé par rapport à l’époque révolutionnaire, la qualité et l’imagination sont demeurées.
Avec l’installation à Cotonou de la structure franco-africaine de remise à niveau des artistes dénommée « Africréation », la qualité et la quantité des productions théâtrales ont connu une nette amélioration et ont été très compétitives sur les festivals à l’étranger.
Le Bénin culturel devenait de plus en plus présent à nouveau sur la chaine continentale et internationale.
Les services techniques du ministère de la culture accompagnant des initiatives privées sont parvenus à donner quelques coups de pouce à la création et à l’enracinement de certains cadres de réflexions et d’actions culturelles comme le FITHEB (Festival International de Théâtre du Bénin) créé par Messieurs Tola KOUKOUI directeur du théâtre KAÏDARA, Antoine DADELE directeur de la promotion des arts et de la culture et Yves BOURGUIGNON directeur du centre culturel Français de Cotonou. Il est aujourd’hui le patrimoine de l’Etat béninois qui contribue à 95% au budget de la biennal et fournit entièrement son budget de fonctionnement annuel. Le FITHEB reste à ce jour le plus grand festival théâtral de l’Afrique francophone de par son budget, son organisation, sa programmation, son déroulement et le cachet payé aux compagnies invitées.
Au titre des événements majeurs nés dans les années 1990, il y a aussi le festival de théâtre scolaire « KALETAS » initié et organisé par l’atelier de recherche et de promotion artistique « ORISHA ». Depuis 1996, il regroupe tous les ans près de 200 à 250 élèves, lycéens et étudiants durant une semaine dans chaque département du pays. Paradoxalement, ce festival ne bénéficie pas encore d’un appui conséquent des pouvoirs publics.

LES RUINES DE L’HERITAGE CULTUREL DE LA REVOLUTION.


Le non renouvellement et de réfection des infrastructures, la suppression totale des activités culturelles en milieu scolaire, l’absence de proposition culturelle alternative sont venues sonné la fin du rêve de l’émergence culturelle du pays. Les centres de jeunes créés à grands frais dans toutes les communes du pays sont abandonnés faute d’activités. Ils sont aujourd’hui le dortoir des malfrats et des chauves souris. Ceux qui sont encore fonctionnels sont transformés en lieux de culte pour les vendeurs de dieu. Nos municipalités souffrent d’une absence cruelle de lieux de loisir et de divertissement pour les jeunes et pour toute la population. Pourtant la décentralisation est devenue une réalité au Bénin depuis plus de cinq ans et toutes les municipalités, à en croire leur chef, ont une ligne budgétaire consacrée à l’action la culture.
Sans l’implication réelle des communes à travers l’aménagement, la construction des lieux culturels et l’appui aux associations culturelles, les activités culturelles qui constituent les loisirs pour les populations à la base ne les atteindront jamais.
Un Homme sans loisir est un Homme stressé, violent et donc dangereux. L’absence de tout loisir conduit aux pires des vis que sont l’alcoolisme, le tabagisme et la prostitution chroniques.
Les compagnies de théâtre jadis très dynamiques et opérationnelles sont réduites au silence faute de subvention et de facilitation dans le processus de création. Nombreuses sont celles qui sont aujourd’hui transformées en structures de production audio visuelle, ou de micro-finance, parce que c’est ce qui « marche » pour l’instant.
Des comédiens, des metteurs en scène, des décorateurs et autres costumiers désireux de faire carrière dans le théâtre, faute d’occupation sont devenus des enseignants vacataires, des démarcheurs de vente de parcelles, de voitures ou de location de maison… d’autres ont investi le port autonome de Cotonou où ils sont employés comme dockers et d’autres encore tombés sous le coup de l’alcoolisme et du tabagisme.
On peut encore citer au titre des ruines culturelles d'aujourd'hui, la salle de cinéma du vog, jadis fleuron du cinéma béninois.
Ce haut lieu de l'histoire cinématographique béninoise est tombée en désuétude totale quand il a dû être attribué au théâtre pour abriter la direction du FITHEB.
Depuis près de 10 ans, la plus grande salle de ce bâtiment qui a longtemps servi de théâtre aux créateurs de cet art est fermé et inaccessible pour cause de travaux de réfections. Des travaux qui ne bougent pas et qui engloutissent des milliards du contribuable béninois chaque année. Et jusque là aucun cabinet ministériel de tous ceux qui ce sont succédés à la tête de la culture ne s'est vraiment soucié de la remise au goût du jour de ce théâtre. Chacun y est plutôt allé de son envie pressante et irrésistible de tirer le maximun de pourboirs et de pots de vin de l'entreprise à charge des travaux: conséquence, nous manquons de lieu d'expression pour notre théâtre et de lieu de loisir pour nos populations mais cela ne semble préoccupé personne.
Le théâtre béninois d’aujourd’hui est malade de l’absence de volonté politique et de vision culturelle des nouveaux démocrates qui sont venus aux affaires après la période de la révolution populaire...
Pourtant, avec l’avènement de l’actuel président de la République, Monsieur Yayi Boni, une bouffée d’oxygène a été jetée dans le secteur culturel : l’attribution au fonds d’aide à la culture d’un milliard culturel.
Malheureusement, la mauvaise gestion et l’incompétence notoire des administrateurs de ce fonds, le climat d’impunité créée aux proches du pouvoir ; les conditions scrabbleuses d’admission des projets et de l’attribution du fonds font que les artistes, les vrais, ceux qui créent de jours comme de nuits et qui refusent de faire allégeance à des fonctionnaires corrompus avant de bénéficier de ce financement publique sont écartés au profit de lampistes, des lèches cul et autres griots du pouvoir et des gérants dudit fonds.
Depuis l’avènement du milliard culturel, les associations d’artistes et les projets naissent à foison et ne durent que le temps de l’attribution de la subvention.
Aucun impact des projets financés n’est visible nulle part sur le terrain et nous sommes déjà à l’an deux de ce fonds.
On peut conclure sans exagérer que la génération actuelle d’Hommes de théâtre a hérité d’un théâtre sans formation, sans infrastructure, sans financement, sans vision et sans imagination. Un théâtre sans fondements juridiques. Ce qui fait que la professionnalisation de ce corps de métier demeure toujours un slogan vain.
Au demeurant, la culture reste un atout incontournable pour le développement de tout pays. Les grandes nations de ce monde comme les Etats-Unis d’Amérique, l’Union Européenne et bien d’autres le savent et s’emploient à étendre à tout moment les tentacules de leurs cultures à travers le monde. Le PIB que ces nations tirent de la promotion, de l’émergence et du développement de leurs cultures est largement au-dessus de celui généré aussi bien par la vente du tabac, de l’alcool que des armes.
Notre pays gagnerait à emprunter cette voie.

samedi 11 juillet 2009


Bénin/Scandales financiers sous Yayi Boni suite:

Le Ministre de l'Urbanisme Vient d'être limogé

Le conseil extraodinaire des ministres tenu ce vendredi sous la présidence effective de M. Yayi Boni, président de la République, chef de l'Etat et chef du gouvernement est revenu sur l'épineux dossier de malversations dans les chantiers de la Cen-sad qui fait grand bruit en ce moment dans le pays.

Au terme de ce conseil extraordinaire des ministres, le chef du gouvernement a finalement débarqué Monsieur Noudégbèssi François, Ministre de l'urbanisme et de l'aménagement du territtoire au moment des faits.

Cet acte politique fort de sens est désormais le signal que la haute cour de justice aura certainement à connaitre de cette affaire et à déterrer tous autres complices tapis dans les couloirs du palais de la République ou des différentes formations politiques proches du chef de l'Etat.

L'acte que vient de poser le chef du pouvoir du changement est inédit et mérite d'être salué et encouragé car sous les régimes précédents, les ministres et autres cadres auteurs de malversations sont protégés et maintenus à leurs postes.

Les cris de l'opposition aujourd'hui à reclamer des têtes dans cette affaire relève à mon sens d'une théâtralisation de la bonne gouvernance; ces hommes et ces femmes ont eu la chance ou la malchance d'exercer le pouvoir et sous leur règne, nombre de scandales ont été dénoncés par la presse notamment l'affaire "sonacop"; l'affaire " Amani Tidjani" du nom de cet escroc international nigérian mais aucune de ces affaires n'a été élucidé et aucun ministre n'a été démis pour quoique ce soit. Que l'opposition crie au scandale et qu'elle veuille donner des leçons de bonne gouvernance, elle n'est que dans son rôle mais ne doit pas oublier qu'elle avait connu pire scandale sanctioné par des impunités totales au grand mécontentement du peuple.

La mobilisation des béninois et des béninoises pour la poursuites par le gouvernement des voies et moyens de clarifications des faits au fin de traduire les présumés coupacles et leurs complices devant la justice ne doit donner lieu à aucune récupération politique.

Les scandales financiers ne sont pas propres au Bénin; partout où il y a vie d'Hommes, activité économique et financière, il y a malversation. Le cas de Bernard Madoff aux Etats-Unis d'Amérique est là pour nous édifier tout comme à Londres, le scandale financier qui a mis en lambeau le gouvernement de Gorden Brown avec près d'une dizaine de démission en peu de jours.
Sachons donc raison garder et ne dramatisons rien. Mobilisons nous pour déterrer one by one tous les criminels financiers impliqués dans ce dossier, ce qui pourrait décourager tous ceux qui voudraient un jour s'aventurer sur la même piste.

mercredi 8 juillet 2009


Scandales financiers sous Yayi Boni :

plus de 6 milliards de francs détournés dans le cadre du sommet de la cen-sad.
Réuni en conseil des ministres le 3juillet dernier, le gouvernement du Bénin a rendu public les irrégularités constatées par l’Inspection Générale de l’Etat dans le cadre des différents travaux de construction et de réhabilitation de différents cites comptant pour le 10ème sommet de la Cen-Sad tenu à Cotonou.
Ces irrégularités vont des surfacturations aux détournements financiers estimés à plus 6milliards en passant par la mauvaise qualité des travaux exécutés et ceux laissés en chantier.
Quelques cadres de l’administration ont été relevés de leurs postes de responsabilité. Mais rien n’a été dit du gros morceau, le ministre des finances et de l’économie qui constitue le chef d’orchestre de toute cette malversation. Il est vrai que l’homme n’est plus en poste mais du moment où il vit toujours, la lutte contre l’impunité demande qu’il vienne répondre de ses actes devant la justice.
Le flou dans le rapport de l’inspection générale de l’Etat est que le ministre de l’urbanisme n’a été à aucun moment cité encore moins le directeur national des marchés publics, tous impliqués à des degrés très élevés dans les travaux et les procédures de passation des marchés. Comment comprendre le black out total de la commission d’enquête sur ces deux personnes et bien d’autres qui ont pourtant pris une part active aux travaux ? Est-ce à dire que ces personnes non évoquées dans le rapport sont aussi blanches que la neige et qu’elles n’ont rien à se reprocher ou bien seraient-elles des protégées du pouvoir ?
En son temps, les députés à l’assemblée nationale avaient vu le mal venir et avaient tiré sur la sonnette d’alarme en dénonçant le budget fantaisiste et grotesque que le pouvoir leur avait soumis pour vote au sein d’un collectif budgétaire qu’ils avaient rejeté dans leur majorité…
En effet, les travaux sur le Centre International des Conférences et le palais des congrès étaient évalués à l'origine à 1.430.000.000 fca mais ils sont rapidement passés à 2.600.000.000 fca puis à 5.100.000.000 fcfa avant de se stabiliser à 6.407.820.023 fcfa ce qui a fait rougir les représentants du peuple qui n'avaient pas manqué de crier au détournement et à la diversion des deniers publics.
Le temps et les faits viennent de leur donner raison et la complicité et l’incapacité du chef de l’Etat à coordonner les actions de son gouvernement sont mises à nu.
La publication de ce rapport de l’IGE au moment où le ministre mis en cause ne fait plus partie du gouvernement laisse planer aussi quelques doutes. De sources bien fondées, le rapport était prêt et déposé sur la table du président de la république depuis bien des mois. Sa publication seulement maintenant relèverait du fait que Yayi Boni en voudrait à son ex argentier qui aurait eu des contacts avec son challenger pour la présidentielle de mars 2011, Monsieur Abdoulaye Bio Tchané.
Les déballages liés au présent rapport ne viseraient donc qu’à nuire définitivement à l’image de l’ex argentier béninois….Dans ce même sens, le président de la république aurait déjà saisi le président du parlement aux fins de lui transmettre toutes les informations sur ledit dossier en vu de sa transmission à la haute cour de justice.
Alors, si ces allégations de la rue s’avéraient justes, on peut en conclure donc que si l’ex argentier n’avait pas eu de contact avec le challenger pour 2011 de Yayi Boni, les résultats de ces audits ne seraient jamais rendus publics. Que l’indélicat ministre des finances relevé de ses fonctions au paravent pour autre faute professionnelle serait toujours en poste et bien protégé par tout le gouvernement et son chef.
Déjà, on raconte que le limogeage de l’ex argentier national était beaucoup plus lié à son présumé contact avec Bio Tchané que la faute professionnelle évoquée par le gouvernement.
En conclusion, bien d’autres ministres coupables de malversations seraient toujours en poste puisqu’ils n’auraient pas commis « l’impair » d’entrer en confidence avec le challenger du président ou avec les membres de l’opposition.

mardi 7 juillet 2009


Ian KHAMA : La voix qui manquait à l’Afrique

Réunis à Syrte lors du dernier sommet de l’Union Africaine, les chefs d’Etat et de gouvernements africains avaient voté presqu’ à l’unanimité leur refus de collaborer avec la CPI dans le cadre de la poursuite par cette haute juridiction du président soudanais Omar el-Béchir.
Le Botswana, petit pays de l’Afrique australe a été le seul à s’opposer à cette démarche adoptée sous l’impulsion de Mouammar Kadhafi. Le Botswana avait suggéré que celui qui est encore considéré comme un présumé innocent devrait pouvoir aller se justifier en donnant à la CPI les preuves de son innocence.
Depuis, l’opposition de ce petit pays à la « voyoucrasie » de certains chefs d’Etats et de gouvernements africains ne faiblit pas. Lors d’une conférence de presse à Gaborone, la capitale Botswanaise, le vice-président, Monsieur Mompathi Méraphe a déclaré :

« Ce n’est pas parce qu’un Chef d’Etat appelé Béchir a été mis en accusation par la Cour Pénale Internationale que nous devons saper le travail de cette institution. »

Ce pays n’est pas à son coup d’essai dans ces prises de position et de décision qui vont entièrement à l’antipode des « machineries » des autres chefs d’Etats et de gouvernements africains.
On se souvient encore, que ce pays avait offert l’exil à Morgan Tsvanguirai au plus profond de la crise Zimbabwéenne au vu et au su de Monsieur Robert Mugabe.
Il avait aussi publiquement appelé à de nouvelles élections alors que les pourparlers pour la formation d’un gouvernement d’union nationale étaient très avancés et soutenus par tous les états africains et la communauté internationale.
Aujourd’hui, la voie de Monsieur KHAMA Ian militaire de formation et président du Botswana sonne comme celle qui manque au redressement de l’Afrique, cette Afrique qui ploie sous le coup de la corruption et de l’hypocrisie de ses dirigeants.
Vivement que mille autres KHAMA viennent au pouvoir en Afrique pour plus de lumières et de positivité pour le continent.

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Staples Center-Los Angeles : L’ombre de Michael Jackson a plané sur le monde.
Cette même salle où le roi de la pop a fait sa dernière répétition le 23 juin avant de rendre son dernier souffle le 25 est devenue un espace trop exigu pour les milliers de fans, familles, amis, parents et autres autorités pour un dernier hommage à la star. Plus grand vendeur d’album de tous les temps, (750.000.000) au bas mot, le roi de la pop pour une fois est resté en position de « spectateur » pour admirer cette brochette d’artistes, ces religieux (pasteurs) et autres stars qui sont venus loués ces mérites et ces talents en ce dernier jour.
Véritable hommage planétaire, la mort du roi de la pop a donné lieu partout à travers le monde à des cérémonies d’hommage et de recueillements qui ont mobilisé une foule immense.
Depuis sa disparition, on est tenté de dire que la planète entière a absout Michael Jackson de tout ce qui lui était reproché de son vivant ; absout de toutes les misères qu’aussi bien la justice et ces détracteurs lui faisaient pour l’enterrer vivant.
Des condoléances du leader Sud-Africain Nelson Mandela et de la star Diana Ross en passant par tous les témoignages et autres louanges qui ce sont succédés devant la dépouille mortelle du King of pop, reposant dans un cercueil en or léger, on peut retenir que le monde de la musique a perdu un des ses piliers et l’humanité une valeur incontournable.
Un hommage planétaire émouvant et sobre.

lundi 6 juillet 2009



Union Africaine : Un panier à crabes.

Pour les luttes anticoloniales, les pères fondateurs de l’Afrique ont créé l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) qui a vécu et a fait ses preuves malgré tout. Rien ne justifie encore l’abolition de cette appellation de l’organisation panafricaine.

Depuis près de 10 ans, les dirigeants du continent africain dans un mimétisme et un snobisme des temps modernes ont porté sur les fonds baptismaux l’Union Africaine en photocopie du concept qui a court en Europe depuis voici près d’un demi siècle. Seulement les européens ont pensé et muri leur projet de société étape par étape en cohésion avec les aspirations de leurs peuples respectifs et les exigences du temps.

Réunis à en Libye pour une de ces énièmes assemblées, les chefs d’Etat et de gouvernements africains viennent de passer de l’étape de « Commission de l’Union Africaine » à « l’Autorité de l’Union ». Des mots, encore des mots. Rien que des terminologies qui jusque là n’ont eu aucun impact sur le développement économique, social et politique de l’Afrique.

L’Union Africaine existe beaucoup plus par son nom que dans sa conception, ses réalisations et ses acquits. Comment parler d’union quand certains états en sont encore à faire du rapatriement de certains africains résidents sur leurs territoires. Comment parler d’union quand ni les personnes encore moins leurs biens ne peuvent circuler librement d’un coin à un autre du continent ? Comment parler d’union quand les dirigeants actuels ne parlent jamais d’une seule et unique voix quand il s’agit des questions de grandes préoccupations liant l’Afrique ? Comment parler d’union quand chaque responsable africain reste et entend s’accrocher à son micro Etat et diriger sans concession aucune ?

Aujourd’hui la démocratie est loin d’être une réalité dans des Etats comme le Zimbabwe, l’Egypte, la Libye, le Burkina Faso,… comment voudra-t-on que ces pays s’asseyent au même titre que des pays comme le Bénin, l’Afrique du Sud ou encore le Botswana où la démocratie est encrée dans les meurs et constitue un combat permanent pour les peuples et leurs dirigeants.
Pour une Union Africaine digne de ce nom, il faudra débarrasser l’organisation panafricaine de dirigeants comme Robert Mugabe, Mouammar Kadhafi, Mamadou Tandja, Hosni Mubarak, Paul Biya… et bien d’autres qui ne sont pas prêts à se conformer aux jeux démocratiques et au respect des libertés publiques.

L’Union Africaine restera toujours un « machin » ou encore « un club de véreux » tant que les règles d’adhésion et d’exclusion ne seront pas clairement définies et applicables à tous.
Pour le faire, la taille géographique et la richesse économique ne doivent pas être les éléments déterminants mais plutôt le respect et l’engagement des Etats à adopter les grands vecteurs d’une démocratie libre et pluraliste avec des élections démocratiques et transparentes tenues à bonnes dates.

A l’étape actuelle de son évolution, l’Union Africaine constitue une source de dépenses inutiles pour ses Etats membres et une tribune de masturbation politique et de parade pour certains chefs d’Etat en quête de popularité, de légitimité et de visibilité sur le plan international.