mardi 17 septembre 2013
MATHILDE A L'INSTITUT FRANCAIS DE COTONOU: PARI GAGNE POUR KAURIS D'AFRIK
jeudi 5 septembre 2013
REPRESENTATION THEATRALE A L'INSTITUT FRANCAIS DE COTONOU: "MATHILDE" DE VERONIQUE OLMI ; MISE EN SCENE: ISIDORE DOKPA
A vrai dire, c'est d'une part la recherche du "sang neuf"; du sensationnel dans le jeu sexuel, et d'autre part, l'agacement de la routine conjugale qui ont conduit l'auteure, jeune femme de la quanrantaie, dans les bras du jeunehomme pour y explorer de nouvelles et plus fortes sensations avec plus d'imaginations.
L'adolesecent, apprenant dans l'atelier d'écriture qu'anime "Mathilde" est vite tombé dans le piège de celle-ci....
L'affaire a fait grand bruit dans les quartiers et a fini par échouer au tribunal où, jugée coupable, la femme du médecin a écopé de trois (3) mois de prisons fermes.
Durant sa détention, aucune visite de son mari; aucun mot ni coup de fil de celui-ci.
Le jour de sa sortie de prison, c'est pourtant sans réfléchir que, celle qui en a à dire à présent sur son mari et la société, s'est dirigée au domicile conjugal.
Etait-elle attendue? Pas vraiment! Dans le salon, tout était sens dessus-dessous; l'homme avait fait des cartons; des tas de cartons ramassés à la va vite au monoprix pour contenir les bagages de celle qui a "pollué" sa vie de cancérologue réputé, fait pour le prestige, les études et les annonces des diagnostics les plus fatals.
Voilà le décor et à peu près l'ambiance de la pièce de Véronique Olmi qu'auront à interpreter Ernest Kaho et Sophie Métinhoué, sous la direction artistique de Isidore dokpa.
DATE: SAMEDI 14 SEPTEMBRE 2013
LIEU: INSTITUT FRANCAIS DE COTONOU.
HEURES: 20H30MINUTES
PRODUCTION: KAURIS D'AFRIK
vendredi 31 août 2012
DIFFUSION DE « LA TRAGÉDIE DU ROI CHRISTOPHE » AU BÉNIN : DEUX COMÉDIENS LICENCIES APRES SEULEMENT SIX REPRÉSENTATIONS.
mercredi 7 mars 2012
Macbeth
Macbeth est une pièce monumentale où se mêlent aux côtés de l'humain, de ses troubles, le surnaturel et le merveilleux. Laurent Pelly transforme le plateau en un espace labyrinthique, jouant sur la frontière entre l'intime et le spectaculaire, pour mettre en scène cette soif de pouvoir, cette violence absurde menant à la folie.
Jeu de massacres - Entretien avec Laurent Pelly
« Les œuvres nous imposent une image » dites-vous souvent. Laquelle s’est imposée pour Macbeth ?
Celle d’un labyrinthe. Cette tragédie est d’abord celle de l’enfermement dans lequel se mure un couple hanté par la soif du pouvoir et son obsession de s’y maintenir. Et le labyrinthe – espace carcéral angoissant, violent, dangereux et absurde – en est la représentation mentale. Un lieu dramatique qui peut se lire comme la métaphore d’une intériorité malade, mais un lieu mouvant : générateur d’angoisses ou ... de surprises. Dans un labyrinthe, sait-on jamais ce sur quoi on va tomber : un cul de sac, une sortie, un Minotaure ... ? C’est à partir de cette idée que j’ai construit une scénographie qu’il faut à présent confronter au travail de plateau, aux comédiens, à leurs forces et à leurs faiblesses. Pour la faire évoluer. En jouer, dans tous les sens du terme.
Pourquoi avoir choisi une des plus grandes pièces du répertoire shakespearien ?
Comme je l’avais fait pour Le Roi nu, comme j’aurais pu le faire avec Ubu Roi, que j’avais d’abord envisagé, je souhaitais travailler sur la folie du pouvoir absolu. Ou plus exactement sur la farce du pouvoir qui avec cette violence absurde mise en œuvre pour le conquérir – mène à la folie. Car Shakespeare dit bien qu’on prend toujours le pouvoir pour lui-même. Sans trop savoir ce qu’on va en faire. Et on n’en fera au fond que ce que les circonstances permettront.
Vous semblez établir un lien entre l’univers de Macbeth et celui d’Ubu ...
Qu’un homme faible – presque un imbécile – puisse, pour accéder au pouvoir, en assassiner un autre pour penser ensuite devoir tuer tous ceux qui le renvoient à sa culpabilité, il y a bien là quelque chose d’ubuesque. Et la première scène d’Ubu Roi, au cours de laquelle Mère Ubu tente de persuader son mari de tuer le roi, est largement inspirée de Macbeth. Pourquoi un individu se réveille-t-il un matin en croyant à la réalité de ses rêves et ne recule devant rien pour les réaliser ? Comment une société construit-elle un tyran pour l’amener à sa perte ? Comment peut-elle en faire un Père Ubu si « drôle » qu’on le passe expéditivement par les armes ? Autant de questions qui amènent à s’interroger sur la nature et les origines de la barbarie. Macbeth, ce n’est pas que l’autopsie d’un crime. C’est le côté obscur de la puissance, du pouvoir. On n’est plus dans le sens de l’Histoire sur lequel Shakespeare n’a cessé de s’interroger – via ses drames historiques notamment. On est au cœur des ténèbres, dans une sorte de chaos où ont disparu tous les repères. Au cœur de l’humain, de ses troubles, de son désordre, de sa folie. Dans le bruit et la fureur. Au cœur du Mal.
Cette histoire prend pour cadre une Écosse ancienne, primitive et barbare, où le surnaturel tient une grande place. Cela a-t-il orienté vos choix esthétiques ?Il ne pouvait s’agir de traiter le surnaturel jusqu’à la forêt qui se met en mouvement et qui, d’une certaine manière, relève du merveil- leux – de façon anecdotique. La procession d’apparitions ou de spectres, le couteau déchirant la nuit ... ce sont des images impressionnantes que l’on peut rêver de créer sur un grand plateau. Mais étant dans un espace mental, il me semble plus juste de trouver une imagerie poétique qui amènera à s’interroger sur la part de réalisme et la part de suggestion.
De ce point de vue, que représentent les sorcières qui ouvrent la pièce ?
On raconte que, quand il jouait Macbeth à la Comédie-Française, le grand Talma, tel un ventriloque, faisait la voix des sorcières. Comme si s’exprimait alors une voix intérieure. Je ne suis pas loin de penser que ces sorcières n’existent pas vraiment, qu’elles appartiennent au monde intérieur de Macbeth. Elles sont mystérieuses, impressionnantes, terrifiantes, et relèvent en même temps de figures oniriques liées à l’enfance, un état dont se rapproche Macbeth. L’enjeu est de rendre ces créatures irréellement réalistes. N’ont-elles pas – dans le texte même de Shakespeare – une nature androgyne avec leur barbe ? Je souhaite qu’elles soient là sans y être, qu’on ne les perçoive que sous la forme de transparences ou de reflets. Comme des projections fantas- magoriques ...
En dépit de moments spectaculaires (les rencontres avec les sorcières, l’irruption du spectre de Banquo, la bataille finale ...) la majorité des scènes de cette tragédie relèvent presque du théâtre de chambre. Comment préserver cette dimension sur un grand plateau ?
En quoi espace et intimité seraient-ils antino- miques ? Il peut y avoir de l’intimité sur une agora gigantesque. Ce qui m’impressionne chez Shakespeare, c’est qu’on peut le jouer avec rien, ce qui était l’essence même du théâtre élisabéthain. C’est aussi ce en quoi cette pièce est extrêmement moderne : elle n’oblige pas à restituer un décorum. Comme un espace mental est à inventer, on peut aussi bien penser à un couloir minuscule qu’à un extérieur grand angle. De ce point de vue, l’idée d’utiliser comme objet narratif un labyrinthe modulable, tout en autorisant plusieurs niveaux de lecture et de jeu, permet aussi bien de déterminer les territoires des personnages que de conserver les tableaux de guerre, essentiels à l’œuvre. Et ce labyrinthe, dominé par la silhouette intrigante d’une haute maison utilisable tant de l’extérieur que de l’intérieur – « château » qui est à la fois lieu de la tragédie, lieu du crime, du cauchemar et de la folie, de la domination et du pouvoir – me donne le moyen de matéria- liser la question du territoire.
Je suis toujours perplexe de voir, sitôt construite une maison, la précipitation avec laquelle on l’enclôt d’un mur de parpaings. Avec l’idée qu’il y a toujours quelque chose ou quelqu’un derrière le mur : l’étranger ? L’ennemi ? ... un danger de toute façon ! En montant un mur, on prétend se créer un espace inviolable. On trouve surtout un moyen de justifier les agressions meurtrières à venir. Au fond, cette tragédie pourrait se passer dans un lotissement comme à l’échelle internationale où les « guerres de territoire » ne manquent pas ! On est aussi bien dans le très grand que dans le très petit ... Je tiens à jouer de cet entre deux.
Qu’induit une telle lecture dans l’élaboration des costumes ?
D’éviter tout autant la reconstitution historique que l’actualisation systématique, inventer une image du guerrier qui soit cohérente et complète. Avec des signes clairs qui renvoient aussi bien à une guerre tribale qu’à une imagerie de type médiéval ou quasi contemporaine, voire postmoderne. Il faut parvenir à inventer une silhouette qui tout en effrayant – puisque la guerre crée du crime – ne soit pas pour autant dénuée de drôlerie. Car il y a dans cette pièce, à côté du drame et d’une épouvante terrible, de l’humour, parfois même de la légèreté. Ces guerriers ont quelque chose de dérisoire. Comme des soldats de plomb !
Et Macbeth ?Pour moi, c’est un personnage qui subit les événements. Impressionné par ce qu’on lui annonce et qui le rendra fou, il ne tente à aucun moment d’infléchir un destin sur lequel il n’a aucune prise. Il croit même, au début de l’œuvre que celui-ci a une puissance autonome, que tout peut se réaliser sans avoir à agir. C’est en quelque sorte un « innocent » vivant dans l’immédiateté de ses désirs. S’il finit par se jeter dans une fatale frénésie de meurtres qui précipite sa perte, c’est comme dans un cauchemar. C’est poussé par une Lady Macbeth, qui joue à la fois pour lui un rôle de mère et, assumant violence, ambition et jouissance du pouvoir, le rappelle à l’ordre viril. Une sorte de surmoi qui serait le désir de Macbeth par procuration ...
Souhaitez-vous donner autant de force dramatique aux héros positifs qu’aux héros négatifs de cette histoire ?Est-on bien certain qu’il y en ait ? Et si Malcom, contaminé par le pouvoir, n’était qu’un Macbeth en gestation ? Et si Duncan, ce vieux roi sur le déclin, n’était qu’un Macbeth un peu gâteux, sans doute à l’origine de la guerre qui est en train de se jouer ? Un Roi qui se meurt responsable de quelque barbarie antérieure ? ... Nous jouerons avec l’idée de tyrannie perpétuellement recom- mencée, où les hommes inventeraient des guerres absurdes, comme le ferait un enfant avec ses armes de pacotille ou sa console vidéo. Macbeth n’est pas seulement le nouveau roi d’Écosse. Il est en chacun de nous.
Propos recueillis par Jean-Louis Pélissou 8 janvier 2012
SOURCE: REGARDS (2) PLAQUETTE D'INFORMATION SUR LES PROGRAMMATIONS DU THEATRE NATIONALE DE TOULOUSE
samedi 1 octobre 2011
LES NEGRES DE GENET AU FESTIVAL LES NUITS DE FOURVIERE A LYON

EMMANUEL DAUMAS ET LES NEGRES DE GENET ECLAIRENT L’EDITION 2011 DES NUITS DE FOURVIERE.
Et 1 ; et 2 ; et 3 ; et 4 ; et 5. Jamais un sans deux dit un adage populaire ; Emmanuel Daumas et la bande de béninois sont allés jusqu’à cinq. Cinq soirées de bonheur et de plaisir théâtral. Cinq soirées différentes de créativités et d’inventions sans jamais de clichés ni de routines encombrantes et puantes.
Les 20, 21 ; 22 ; 23 et 24 juin dernier, au théâtre du point du jour de Lyon, la grande attraction dans le cadre de l’édition 2011 du festival des Nuits de Fourvière, a été la représentation réussie par quelques béninois et une Franco-Guinéenne sous la direction du désormais grand metteur en scène Emmanuel DAUMAS assisté d’un homme à la vue juste et au doigté pertinent : Vincent DESLANDRES. Son regard extérieur-il n’était pas à la création du spectacle- a permis d’extirper nombre de déchets et de lourdeur artistiques. Il a notamment réinventé et donné aux jeux d’acteur toute sa vitalité ; sa fluidité et sa simplicité, aussi.
Respectant les exigences de Genet, le metteur en scène a réussi à faire jouer que des noirs d’Afrique devant un public de blancs. Et ceux des noirs devant joué des rôles de blancs ont fait peindre leurs visages de blanc. Bien plus, les acteurs ont été tous recrutés dans le pays où la scène décrite par Genet dans son œuvre a semblé s’être passée. Félicité, négresse et personnage essentielle de l’histoire, mémoire des nègres dans cette aventure « tragique » pour la race blanche n’a de cesse évoqué « Dahomey » actuel Bénin, la terre de ses ancêtres.
Le décor : Au fond de la scène trône un géant dispositif en fer bardé de lampes néons, symboles même d’une Afrique male éclairée malgré tout son soleil. Côté cour, une table peinte en noire où sont disposés quelques accessoires dérisoires. Côté jardin, un praticable en forme de conteneur porte dressées trois chaises en plastiques où sont écrits : Le gouverneur ; le juge ; la reine. Au centre, un catafalque tout drapé de blanc et orné de fleurs artificielles avec à son sommet supérieur, la photo de la « morte »…..
Le spectacle : Tout commence par une entrée sur scène bien mesurée et sobre au côté cour d’un groupe d’acteurs noirs aux visages peints de noir avec sur la tête des perruques noires défrisées. Au même moment, apparaissent sur le conteneur d’autres acteurs noirs mais aux visages peints de blanc. Puis place au menuet dont l’exécution par les nègres a effaré aussi bien le vrai public que les acteurs jouant au public blanc. Et très vite le grand jeu des acteurs s’est révélé au public. Une très grande maîtrise du texte et des différents jeux a été constaté. La simplicité du jeu et sa clarté ont révélé les tours, détours et contours de l’œuvre de Genet taxé depuis toujours d’auteur compliqué et ennuyeux. Rarement les quiproquos ; les allusions ; le théâtre dans le théâtre, les « entrées-sorties », les « sorties-entrées » les suspensions en pleine phrase et en milieu d’action ont été montrés avec autant d’ouverture, de simplicité, de dynamise et de clarté dans l’œuvre de l’éternel provocateur, poète des couleurs : Genet Jean.
Très rapidement, le spectacle s’est transformé comme en une grande fête dans un village africain où les habitants, tous masqués se donnent à cœur joie aux critiques acerbes contre le colonisateur, blanc sans jamais exprimer la moindre plainte ; la moindre lamentation sur leurs sorts. Ils sont si fiers de ce qu’on les oblige à être qu’ils ont transcendé le mépris ; l’humiliation pour n’être que des Hommes. Rien que des Hommes. Et c’est eux qui se moquent à présent non sans délectation de leurs bourreaux ….Les caricatures, autres socles du spectacle pleuvaient de tous les côtés. Et même au plus profond de l’exagération dans le jeu, les acteurs sont si justes qu’ils intéressent toujours….
A l’opposée de certaines critiques, je crois, après avoir vu cette série de représentations sur l’œuvre de Genet, que c’est plutôt la lecture que l’on donne de cette pièce qui ennuie et non la pièce elle-même.
L’exemple de monsieur Roger Blin est encore là pour nous édifier. Longtemps après ce dernier, qui seul jusque là a su nous faire entrer dans les profondeurs de cette pièce avec justesse et précision, Emmanuel DAUMAS et son assistant viennent eux aussi de montrer une version dont la postérité parlera pendant longtemps peut-être.
Pourtant les deux premières représentations tenues à Cotonou étaient loin d’être une réussite. C’était plutôt un travail à la va vite. Le public béninois a plutôt eu droit à un travail en chantier sans une vraie direction d’acteurs ni une grande maîtrise du jeu. C’est bien cela l’image que les acteurs béninois adulés à Lyon ont laissé dans les mémoires ici au Bénin avant de s’envoler faire le miracle outre Atlantic.
Seulement, qu’il soit blanc ou noir, le public a droit au même respect; aux même exigences de qualité. Même si l’entrée au spectacle est gratuite.
Prochaine tournée des nègres en France : mars, avril 2012.
- 1er mars : départ de Cotonou
- 2 mars : arrivé à Paris
- 3 mars : Paris/Toulouse
- 4 mars : montage et répétitions en parallèle (dans une autre salle)
- 5 et 6 mars : répétitions
- du 7 au 10 : représentations
- 11 mars : Toulouse/Villefranche
- 12 mars : montage et filage
- 13 mars et 14mars : représentations
- 15 mars :montage et filage à Tassin-la-Demi-Lune (banlieue ouest de Lyon)
- 16 mars : représentation
- 17 mars : Lyon/Montpellier
- 18 mars : montage
- 19 mars : répétitions
- 20 au 23 mars : représentations
- 24 mars : Montpellier/Valence
- 25 mars : montage
- 26 mars : répétitions
- 27 et 28 mars : représentations
- 29 mars : Valence/Givors (près de Lyon)
- 30 mars : montage et filage
- 31 mars : représentation
- 1er au 4 avril : 2 ou 3 dates au Théâtre du Point du jour ? (en discussion)
- 5 avril : montage et filage à Meyzieu (à l'est de Lyon)
- 6 avril : représentation
- 7 avril : Lyon/Paris
- 8 avril : Paris/Cotonou
mardi 21 juin 2011
MATHIEU KEREKOU, JEAN JACQUES PIGNARD ET EMMANUEL DAUMAS POUR LA CULTURE BENINOISE

mercredi 4 mai 2011
DES NEGRES JOUENT LES NEGRES DE GENET

vendredi 16 juillet 2010
MARCEL GBEFFA BIENTOT A LA HUITIEME RENCONTRES CHOREGRAPHIQUES DE L’AFRIQUE ET DE L’OCEAN INDIEN.

Marcel GBEFFA, jeune chorégraphe béninois vient d’être retenu pour cette 8ème édition dans le « IN » du festival. En effet, en 2003 le chorégraphe béninois Cakpo Clément avait été retenu pour le « off » de cette manifestation tenue à Antananarivo.
Pour une première participation officielle du Bénin, Marcel GBEFFA a la lourde mission de défendre valablement l’image du pays.
Jeune, frêle, timide et presque fragile physiquement, Marcel est très peu bavard. Très effacé, le chorégraphe béninois retenu pour cette 8 ème édition des Rencontres de Chorégraphiques de l’Afrique et de l’Océan Indien n’est très pas reconnu du public béninois comme un talent de la chorégraphie. Pourtant il a déjà, à de rares occasions exceptionnelles, donné la preuve de son immense et particulier talent de danseur doué et cultivé. Ses approches de la chorégraphie et de la danse restent ici une véritable révolution et une innovation dans le domaine.
Co-fondateur et Co-animateur d’un atelier de formation pour adolescents et adultes, Marcel est aussi un formateur pointilleux très apprécié de ces apprenants.
Vivement que cette 8ème édition des Rencontres Chorégraphiques de l’Afrique et de l’Océan Indien le consacrent et le positionnent d’avantage sur l’échiquier national et africain de la chorégraphie.
lundi 5 juillet 2010
CREATION THEATRALE AU BENIN: ARSENE KOCOU YAMADJE PREND SES RESPONSABILITES.
En effet, voilà depuis quelques années que la création artistique, notamment la création théâtrale est devenue une denrée rare dans nos différents lieux d’accueil de spectacle.
Il se passe des saisons théâtrales entières sans que l’on ne trouve dans les programmations du Centre Culturel Français, lieu de l’élite du théâtre au Bénin, et partout ailleurs sur le territoire, traces d’une création théâtrale béninoise crédible et de bonne facture.
Nombre de créateurs béninois sont aujourd’hui réduits au silence et à l’inaction, simplement parce que la seule et unique structure de financement culturel alimentée par le budget national a choisi de les écarter ; de leur refuser de manière continue le financement ou alors de ne leur attribuer que des miettes.
Arsène Kokou YEMADJE aura réussi lui, à mettre fin à cette hégémonie des temps sans actions ni créations imposées aux créateurs béninois crédibles par un Fond d’Aide à la Culture devenu une affaires de courtisans et de crétins. Une structure devenue avec le temps, un réseau de suscitation de projets culturels incultes, immondes sans impacts sur la vie du contribuable béninois et portés par des mercenaires et terroristes au milieu culturel.
Le prétexte du contournement habilement trouvé et saisi par Arsène Kokou YEMADJE, c’est LES RECREATRALES : Résidences de Formations et de Créations Théâtrales, un véritable laboratoire panafricain du théâtre qui se tient à Ouagadougou.
Retenu parmi mille et un candidats, le metteur en scène béninois s’est fait distinguer lors de la première phase du travail-tenue à Ouagadougou- par la qualité de sa proposition artistique. Ce qui lui a valu l’aval des organisateurs de ces résidences pour continuer la réflexion et le travail dans son pays le Bénin, sur la base d’un nouveau texte ; le texte de départ n’ayant pas convaincu les organisateurs. C’est dans ce cadre qu’Arsène Kokou YEMADJE a porté son choix sur MERE A BOIRE texte dramatique de Florent COUAO-ZOTTI, un autre résistant à la pègre et à la lèpre qui finiront par nous décimer tous bientôt peut-être.
Ce samedi 3 juillet donc à l’auditorium « Théodore BEHANZIN » au siège du FITHEB ex ciné vog, c’est en présence de Monsieur Etienne MINOUNGOU, Directeur Général des RECREATRALES, Auteur, metteur en scène et comédien de talent, venu à Cotonou pour juger de la qualité du travail du metteur en scène béninois que tout a commencé. Pour la circonstance, on peut aussi noter la présence des amis mais surtout celle des praticiens de théâtre béninois.
L’histoire tourne autour de deux sœurs ; deux cousines. « L’une, enceinte une énième fois, attend de donner enfin jour au garçon qui manque tant au bonheur de son mari. L’autre, stérile, ne désespère pas de pouvoir un jour pouponner. A la naissance de l’enfant de la première, la seconde s’introduit dans la chambre et dérobe le nouveau-né, espérant ainsi gagner une terre inconnue pour enfin vivre, en toute quiétude, les joies de la maternité. Mais où peut-elle aller avec la meute qu’elle a ainsi provoquée et mobilisée contre elle ? Jusqu’où peut aller le couple infortuné pour récupérer son enfant ? »
Noir sur la scène. Un homme entre avec la lumière, débordant de joies, de cris et de gestes. En fait, il vient d’être à nouveau père. Le père d’un garçon pour la première fois de sa vie….
Pour l’étape du travail montré, Arsène Kokou YEMADJE nous aura séduits d’abord par la précision et la justesse dans le choix des acteurs, ensuite par les propositions combien riches du jeu d’acteurs et la mise en scène dans sa grande charpente.
On aura vu ce soir là une scénographie sobre mais innovante et donnant de la fluidité aux jeux des acteurs et à la mise en scène. On aura vu des acteurs débarrassés de tous clichés et portés par un naturel impressionnant. On aura vu une circulation d’énergie et de charge émotionnelle comme ce n’est plus souvent le cas au théâtre depuis peu. On aura certes vu un travail en chantier mais avec des hommes et des femmes soucieux de le porter à terme et disposant des atouts nécessaires. On aura vu des acteurs qui communiquent ; qui échangent quelque chose ; une sensation, une énergie avec le public mais aussi entre eux. On aura vu enfin une mise en scène prometteuse et pleine d’avenir.
Ce que le public a vu ce soir n’aura été qu’une étape du travail ; une étape du long et périlleux travail de mise en scène. Les avis sont unanimes que les fruits porteront la promesse des fleurs ; que le résultat final ne peut être autrement si la même foi, la même envie et cette recherche de se surpasser continuent à guider toute l’équipe.
Et en choisissant de contourner aussi glorieusement et honorablement l’ignoble système de financement instauré au Fonds d’Aide à la Culture, Arsène Kokou YEMADJE nous aura tous montrés le chemin. Nous qui attendons encore d'hypothétiques financements avant de nous mettre à l'oeuvre. Il nous aura donc montré le chemin: qu’on soit son ainé ou son cadet ; son fofo ou sa dada; son dieu ou son maître.
Pour avoir osé contourner les barrières et les Hommes qui les ont érigées, le metteur en scène aura accepté de payer un lourd tribu: la prise en charge de deux comédiens togolais, trois comédiens béninois, un scénographe béninois et un régisseur béninois.
jeudi 1 juillet 2010
VOUS AVEZ DIT MUSEE CONTRE CINEMA?

La rumeur a pris d’assaut le monde des artistes toutes catégories confondues la semaine dernière. A l’origine, une communication du ministre de la culture apprêtée pour le conseil des ministres et interceptée par certains artistes du cinéma Béninois. Ladite communication fait état de la cession prochaine du « CINE LE BENIN » contre un franc symbolique à la fondation ZINSOU.
Pour rappel, le « CINE LE BENIN » est un des temples du cinéma béninois. Il date des années soixante et est situé en plein cœur, non loin de l’UNAFRICA. Il a connu les gloires du cinéma béninois et africain ; nombre de béninois ont encore en mémoire les merveilles cinématographiques auxquelles ils ont gouté dans ce lieu mythique.
L’accord de cession querellé prévoit que le nouveau propriétaire des lieux devra démolir le bâtiment existant pour en ériger musée. C’est précisément cette démolition qui a donné le rhume et la migraine aux artistes du cinéma. Ils exigent dans leur grande majorité l’arrêt de la cession ; d’autres souhaitent plutôt qu’il soit imposé au nouveau propriétaire de construire un complexe culturel devant accueillir aussi du cinéma. Une troisième vague enfin organise un front anti fondation ZINSOU parce que dit-elle, cette fondation a les moyens de s’acheter un domaine et faire construire son musée, au lieu de démolir l’histoire.
Face donc a la divergence des avis et pensées et des méthodes d’action, la mobilisation d’une grande contestation peine à décoller.
Il est vrai que ce bâtiment entre déjà dans l’architecture de la ville de Cotonou ; il fait parti des témoins du passé et du présent de l’histoire de cette ville. Il est le témoignage de ce qui s’était fait en thème d’architecture d’époque. De ce point de vu, « raser » ce monument pose un problème de conservation du passé, de témoignage et de la référence à l’histoire aussi.
Mais il faut reconnaitre que cela fait bien des années que nos salles de cinéma sont vides et désertes ; cela fait bien des années que notre cinéma lui-même est devenu muet et sourd à tout appel ; cela fait bien des années que nos créateurs de cinéma (acteurs, réalisateurs, cadreurs, preneurs de sons, scénaristes, producteurs, costumiers….) ont déserté la cité, les temples et leur occupation. Nombre des nos temples cinématographiques sont devenus des refuges de braqueurs ; de chauves-souris pour les uns et des lieux de cultes pour les autres…. C’est aussi le cas du « CINE LE BENIN » gardé fermer depuis des lustres sauf à la poussière, aux insectes, à la moisissure et aux puanteurs de tous genres.
Il y a longtemps, des associations d’artistes et certains opérateurs culturels sérieux ont fait la demande de ces lieux en souffrance pour mis en valeur. Toutes ces demandes, aux dires des demandeurs, auraient été rejetées ou simplement sans suite.
Alors, si on peut céder le cinéma « LE BENIN » à la fondation ZINSOU « pour rénovation et mis en valeur », selon le langage consacré ici, on doit pouvoir céder les autres bâtiments du genre en souffrance aux personnes et associations culturelles qui en font la demande depuis. Ne pas le faire relèverait d’une politique aberrante discriminatoire de deux poids deux mesures. Et c’est bien cela qui risquerait de déclencher toutes les passions et souder le rang des différents fronts contre ce projet. Autant le projet de musée est important dans l’espace culturel béninois, autant sont nécessaires les salles théâtres et autres espaces culturels dont rêvent les associations et personnalités culturelles qui depuis des années ne font que demander à mettre en valeur ces espaces abandonnés à la ruine.
Par ailleurs, pour faire clair et simple, le gouvernement gagnerait surtout à lancer un appel d’offre pour ces lieux en ruine. Mais de grâce, que le cahier des charges soit à la portée des associations culturelles moyennes qui ne brassent pas inutilement des milliards de sources douteuses. Autrement ce ne serait que pour barrer la route aux plus faibles, malheureusement plus dignes et honnêtes.
La culture pour tous et tous pour la culture !
lundi 24 mai 2010
63ème cannes: Un pamlarès complaisant pour l'Afrique
Le jury du festival de films de cannes a rendu son verdict hier. La 63 ème édition de cette grande messe du cinéma mondial aura réussi à tenir tête à la crise économique qui ébranle bien des nations Européennes en ce moment.
Aussi homogène que la composition du jury dirigé par l’énigmatique et atypique Tim Burton, le palmarès a ratissé dans tous les sens, histoire de contenter surtout ceux qui ont souvent été les plus oubliés malgré leurs efforts d’une part, et ceux dont les absences répétés à cette rencontre risque de donner une coloration unique à ce prestigieux événement d’autre part.
C’est le cas par exemple du prix du jury attribué au tchadien MAHMAT-SALEH Haroun pour son film « Un homme qui crie ».
Vivement que l’Afrique se remette autrement au travail.
mardi 9 mars 2010
ENFIN LE MINISTERE DE LA CULTURE LANCE REQUIEM DU PORTAIL CULTUREL DU BENIN

Le programme de soutien aux initiatives culturelles décentralisées s’est doté d’un site web dénommé "le portail culturel du Bénin" à l’adresse www.artbenin.com.
Ce portail culturel rend compte non seulement des activités du psicd mais aussi et surtout de tout ce qui est initiative culturelle, quelque soit le secteur d’activité et quelque soit le lieu où cela se déroule au Bénin. Il est alimenté par des productions, reportages et articles de journalistes béninois et de toutes personnes apportant sa contribution pour l’animation dudit cite. Il est placé sous l’autorité des responsables du psicd qui est un programme co-financé par l’Union Européenne et le gouvernement du Bénin.
L’animation continue de ce site web a permis de donner de la visibilité aux artistes béninois et à leurs activités à travers le monde d’où la nécessité de travailler à la pérennité de cette structure à travers la formation de ces animateurs, l’amélioration de leurs conditions matérielles et financières de travail….
Depuis mars 2009 que le psicd est arrivé en fin d’activités, le portail culturel du Bénin a été remis aux mains des autorités du ministère de la culture aux fins de continuer l’œuvre entamée…. Mais la honte et la tristesse sont grandes de constater aujourd’hui que ce portail est purement et simplement abandonné pour ne pas dire fermé.
Depuis bientôt un an, plus aucun article n’a été publié sur le site ; plus aucun débat n’a été animé. En somme, c’est le blackout total. Pourtant les artistes béninois continuent toujours de produire des œuvres, les journalistes et autres animateurs dudit site quant à eux produisent encore et encore des articles culturels et ne demandent qu’à les mettre en ligne.
A l’origine de cette fermeture du site web, le refus du ministère de la culture d’honorer ces engagements vis-à-vis des animateurs du site.
Cette situation constitue aujourd’hui un handicape majeur pour la promotion des artistes béninois et leurs œuvres sur la toile. Et pourtant, le ministère ne se soucie en aucune manière des désagréments que pourraient causer une telle situation tant l’autorité joue la sourde oreille.
On est bien tenter de se demander si l’autorité connait et mesure la portée d’un portail culturel ?
mardi 2 mars 2010


Le samedi 20 février à 21heures, le centre culturel français de Cotonou a accueilli une compagnie de danse contemporaine pas comme les autres : la compagnie MULTICORPS à travers son titre, l’OMBRE PRIMITIVE.
En thème d’ombre primitive, nous n’avons pas vu grande chose où du moins, nous n’avons pas compris le titre du spectacle. Mais là n’est pas le sujet. Le plus important n’est pas de comprendre ou d’aimer le titre d’un spectacle mais le contenu. Aussi, le titre d’un spectacle relate-t-il très peu souvent son contenu.
Pour l’occasion, Marcel GBEFFA et Valérie FADONOUGBO, l’un assistant de l’autre selon qu’il s’agit de la danse ou de la chorégraphie, costumes sobres, sans audaces ni prétention et imagination, ont montré ce soir là qu’on pouvait encore rêver de danse contemporaine saine, intelligente, dynamique et lisible par tous. Qu’on pouvait encore ici, avoir droit à un spectacle de danse créé ici et par des gens d’ici, débarrassé de clichés, de grimasses et de riquiquis inutiles.
A travers cette soirée, le public en déplacement au centre culturel français de Cotonou s’est rendu compte par lui-même que, les brutalités males orchestrées, les sauts gratuits dans le vide, les gestuelles incohérentes et autres sons et rythmes que, certains usurpateurs de la profession de danseurs lui ont jusque-là opposé, relèvent du folklore et même d’un manque de formation en la matière.
L’ombre primitive, montée et dansée par Valérie et Marcel a eu de le mérite et l’imagination de faire circuler aussi bien de l’énergie que du silence parfois de façon simultanée et très souvent de manière alternative. Ce qui relève d’un challenge dans le domaine de la danse. Cela n’est pas sans retenir l’attention d’un public trop souvent soumis à la brutalité vulgaire, des gestes recopiés, ça et là et des imitations males fichues sans aucune espèce de cohérence.
La maitrise du corps dont ont fait preuve les deux danseurs-chorégraphes, quelque soit leur position et le mouvement à exécuter ; la plasticité de leurs gestes, mouvements et déplacements ; la maitrise de leur souffle et leur respiration ; la simplicité, la grande souplesse et la cohérence avec lesquelles ils exécutent les gestes les plus complexes au point de les rendre « facile » , et même « très facile » dans l’imaginaire du spectateur sont autant de facteurs qui permettent de dire que ces deux danseurs-chorégraphes sont au-dessus de la mêlée et que leur travail sort des sentiers battus.
Et pourtant, ce ne sont pas les plus connus ni les bavards de la place. Ils ne sont pas du lot des danseurs autos proclamés, sans notion ni formation aucune et qui, crient, gesticulent et s’affichent à la moindre occasion pour donner des leçons de ce qu’ils ne savent que peu ; très peu même….
S’il y a une chose de pas bien orchestrée ce soir du 20 février, c’est bien la régie son et lumière, manipulée à en juger, par les résultats produits sur la scène et sur les danseurs, par des apprenants encore incompétents.
Les mauvaises lancées de lumière et du son ; les fermetures brutales et non appropriées sur les deux registres ; les noirs inopportun et autres coupures sans raison ont tôt fait de montrer les limites des techniciens de la soirée. La lumière gagnerait à mettre en valeur le spectacle ; à donner un sens à chaque geste et mouvement des danseurs. Elle devrait être non pas l’enjoliveur mais tout simplement « LA LUMIERE », c'est-à-dire l’élément principal sans lequel on ne peut voir ; bien voir et voir clairement. Elle est l’élément phare du spectacle qui éloigne les frontières de l’obscurité pour donner la clarté ; la belle vue.
Au-delà de tout, on aura assisté à une très belle soirée bien pensée et bien mûrie par Marcel GBEFFA et Valérie FADONOUGBO.
samedi 26 décembre 2009

Le lundi 21 décembre, le Ministre de la Culture a procédé à l’installation du Conseil d’Administration du FITHEB après celle intervenue de manière illégale le 28 juillet dernier à la salle de conférence du Bureau Béninois des Droits d’Auteur.
C’est en brandissant les décrets 2009-579 du 06 /11/ 09 et 2009-524 du 20 / 10/09, le premier portant modification de l’article 6 des statuts du FITHEB et le second, portant nomination des membres du Conseil d’Administration de la même institution.
On se rappelle encore que le mardi 28 juillet, le ministre de la Culture a, à coup de caméras et de micros, procédé à l’installation de quinze (15) personnes nommément désignées au titre des nouveaux membres du Conseil d’Administration. Or l’article 6 des statuts fixe le nombre des conseillers à 13. L’article 19 a quant à lui défini clairement les voies et moyens de modification de tout ou partie des statuts : « Les présents statuts peuvent être modifiés dans tout ou partie de leurs dispositions pour adapter les structures et le fonctionnement du FITHEB à son objet. La modification peut être demandée soit par le Directeur soit par l’un quelconque des membres du Conseil d’Administration. La modification ne peut être adoptée qu’en une réunion extraordinaire du Conseil d’Administration au cours de laquelle tous les membres sont effectivement présents ou représentés et par une majorité des deux-tiers (2/3) ».
Dans ce cas, l’absence de tout procès verbal aussi bien au secrétariat du FITHEB qu’au ministère da la Culture, justifiant de la tenue d’une session extraordinaire du CA consacrée à la modification de tout ou partie des statuts, a vite fait de tirer l’attention de certains acteurs culturels qui ont crié à l’illégalité de l’acte que venait de poser le ministre. Certains n’ont pas hésité à saisir les plus hautes institutions juridiques du pays aux fins de dire le droit.
Bloqué dans sa démarche, le ministre exhibe trois mois après la vague de contestation qui ne désempli pas, deux décrets qui n’apportent aucune espèce de solution à la crise qui secoue le FITHEB.
A aucun niveau des textes fondamentaux du FITHEB, il n’est prévu que le Président de la République prenne un décret pour modifier un ou tous les articles des statuts. En le faisant, le président de la République s’est substitué au Conseil d’Administration, seul mandaté à l’article 19 pour toute modification. Le décret 2009-579 du 6/11/09 est contraire aux principes de modification des statuts du FITHEB.
De même, le décret 2009-524 du 20 / 10/09 portant nomination des membres du CA-FITHEB précise bien que le Conseil d’Administration FITHEB est composé de quinze (15) membres. Mais dans l’énumération des institutions et personnalités représentées, c’est bien 16 personnalités et institutions que l’on retrouve. A quel nombre se fier dans ce cas ? Les 15 annoncés dans le libellé de l’article ou les 16 qui figurent dans la décompte ?
Autre anomalie : la forme et l’ordre de la prise deux décrets : comment se fait-il que le décret de nomination ait été pris avant celui portant modification de l’article 6 des statuts ? Est-ce à dire que c’est que lors de l’installation des 13 conseillers que les autorités se rendues compte de la nécessité de porter le nombre des conseillers à 15 ?
Pourtant depuis l’apparition de ces deux décrets, c’est à une allure vive, très vive que les choses ont redémarré au FITHEB : réinstallation par le ministre de la culture de l’installation des quinze (15) membres du CA, réélection des membres du bureau de l’institution avec à la clé, le renouvellement totale de tous les postes ; la reprise de la procédure d’appel à candidature pour le poste de Directeur du FITHEB.
Mais alors, pourquoi avoir laissé avancé la situation dans la stricte illégalité jusqu’à la sortie de ces fameux décrets avant de tout reprendre?
Quelle est aujourd’hui la raison qui justifie le passage du nombre des conseillers à 15 et pourquoi ne pas s’en référer au Conseil d’Administration comme l’exige l’article 19 ? Bref ! Malgré tout cela, les deux nouveaux ne sont pas encore la solution à la crise ; ils amplifient plutôt la contestation qui ne fait que fragiliser la cohésion autour du FITHEB.
Seuls le ministre Galiou SOGLO et le Président Yayi BONI seront tenus responsables des déconvenues de cette crise.
mardi 3 novembre 2009
Enfin les voilà parmi les grands. Ecrivain depuis près de 25 ans, la franco-sénégalaise Marie N’DIAYE vient d’être couronnée lauréate du prestigieux prix littéraire français GONCOURT édition 2009 au premier tour avec 5 voix contre 2 à Jean-Philippe TOUSSAINT pour « La vérité sur Marie » et 1 voix à Delphine de VIGAN pour « Les heures souterraines ». La lauréate du Goncourt 2009 est devenue ainsi la première femme depuis 1998 à obtenir cette prestigieuse récompense littéraire.
Créé depuis 1896 par le testament d’Edmond GONCOURT, cette récompense est annuellement attribuée aux auteurs d’expression française.
Auteur prolifique, Marie N’DIAYE a publié son premier roman à 18 ans. Aujourd’hui c’est à 42 ans qu’elle reçoit cette distinction avec son roman intitulé « Trois femmes puissantes ».
L’autre élu du jour, c’est Frédéric BEIGBEDER né en France à Neuilly-sur-Seine le 21 septembre 1965. Il est reconnu comme écrivain et critique littéraire mais aussi comme journaliste et chroniqueur. Auteur de 5 romans, il le lauréat du Renaudot 2009 avec son œuvre « un roman français ».
Créé depuis 1926 par dix journalistes et critiques littéraires, attendant le résultat du jury du Goncourt, le prix Théophraste Renaudot ou plus couramment appelé « Prix Renaudot » est entré dans l’histoire littéraire de la France comme un grand prix. Il existe aujourd’hui le prix Renaudot du livre de poche, un prix Renaudot de l’essai et un prix Renaudot des lycéens décerné.
mercredi 5 août 2009

Ancien journaliste et présentateur du 20 heures sur la chaine 2 (LC2), animateur d’une émission culturelle sur canal 3 et promoteur d’une agence de production audiovisuelle nommée «belimage», Hervé DJOSSOU, personnage ferme mais timide, effacé et d’un calme parfois inquiétant décide enfin de réaliser l’un de ses vieux rêves : « devenir réalisateur ».
Depuis mars 2009 l’homme a entrepris le tournage et la réalisation de son tout premier film, une série télévisée de 24 épisodes de 26 minutes intitulée « comme chez nous ».
Comme son nom l’indique, ce feuilleton vient peindre et dépeindre les mœurs sociales et politiques béninoises.
Pour l’occasion, c’est une équipe artistique faite de comédiens et de comédiennes, pour la plupart pas des plus connus du grand public et dans le milieu culturel béninois qui est retenue. Ces hommes et ces femmes ont par contre une solide volonté et une réelle capacité de proposer autre chose au public béninois pour peu qu’ils soient dirigés et bien dirigés.
Hervé DJOSSOU entrera dans l’histoire ou n’entrera-t-il pas dans l’histoire du bon et vrai cinéma ? Le tout dépendra du produit que ce jeune réalisateur aura à proposer à son public. S’il reste dans les sentiers battus, dans le flou artistique de tout ce qui se fait au du cinéma et qui ne répond à aucune norme cinématographique mais inonde nos rues, nos vidéothèques et nos feux tricolores constipant le plaisir et l’appétit culturel du consommateur béninois, il se sera « tué » lui-même. Il sera tout simplement comme c’est la mode par ici « un réalisateur de plus ».
Hervé DJOSSOU et toute son équipe ont l’obligation de « sortir du troupeau »- pour utiliser l’expression chère à mon ami Hermas GBAGUIDI; sortir du troupeau et montrer le chemin, quitte aux autres de suivre ou ne pas suivre. Faire ou dire autrement les choses sans vouloir plaire ni déplaire. Ce n’est pas de la prétention que de montrer le chemin, le chemin de l’excellence, le chemin de la qualité cinématographique.
Rien de bon et de grand n’est jamais fait sans un minimum de prétention. La prétention est le socle de toute œuvre qui suscite des questionnements et de l’admiration.
Le Bénin mérite enfin de renouer avec son passé cinématographique des années « Le téké, hymne au borgou », « Ironu », « Debout les morts », « le roi exilé » et bien d’autres produits bien ficelés qui ont fait la fierté et l’honneur du Bénin.
« Comme chez nous » se doit donc de combler les attentes d’un public longtemps sevré d’œuvre cinématographique de bonne facture aussi bien de par la qualité des acteurs que de la réalisation dans son ensemble.
Déjà les extraits passés durant les deux ou trois semaines d’annonce sur la télévision canal 3 ont permis de découvrir un film sobre, juste, digeste et sans prétention moralisante aucune ; des acteurs moulés dans un naturel extraordinaire et enfin des décors très adaptés aux différents contextes. Tout ceci a déclenché bien évidemment un engouement et une forte mobilisation des consommateurs de bien culturels de qualité. Les fleurs jetées aux comédiens et à toute la production pour la qualité des extraits diffusés sur les écrans ne doivent pas être prises pour des couronnes encore moins la manifestation d’une quelconque perfection mais plutôt une invite à mieux faire, à persévérer.
Hervé DJOSSOU et les siens doivent mesurer à sa juste valeur tout l’espoir qu’il porte aujourd’hui et ne pas verser au « finish » dans une rigolade forcée ou encore dans les pitreries de bas étages auxquelles nous sommes confrontés depuis si longtemps en matière de création artistique et culturelle.
Déjà les mois de septembre, octobre et novembre sont retenus pour la deuxième phase du tournage de ce film après le rendez-vous manqué du mois de juillet. Bon vent à toute l’équipe.
